Le parcours était beaucoup plus praticable que par les années passées, de sorte que le record de temps a été fracassé.

Traversée du lac Saint-Jean à vélo: un temps record pour Doyle

Sans grande surprise, Elliott Doyle est monté sur la plus haute marche d'un podium complètement régional lors de la 4e édition de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, samedi matin. Doyle a complété les 32 km du parcours en une heure 30 minutes et 10 secondes. Jean Westphal et le gagnant de la dernière édition, Érick Auger, ont rejoint Doyle un peu plus de cinq minutes plus tard sur le podium purement régional chez les hommes.
Elliott Doyle et Rébecca Beaumont ont remporté leur compétition respective.
Connu principalement pour ses exploits en vélo de route, Doyle ne savait pas ce que dame Nature lui réserverait samedi. « Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre en me levant. Les conditions météo étaient uniques, mais l'état de la piste était tout de même bon. » Il avait également remporté une course Eliminator lors de la Mahikan Race à Roberval le 4 février.
Elliott Doyle et Jean Westphal ont même fait équipe lors de la majorité du parcours, afin de s'aider contre le vent.
« J'ai fait les trois quarts du parcours avec Jean. Pour s'adapter aux conditions plus difficiles, il fallait jouer avec le vent et l'utiliser de la bonne façon », explique Doyle.
De son côté, le vainqueur de l'an dernier, Érick Auger, admet que les conditions étaient difficiles, mais selon lui le parcours était bien plus praticable que l'an dernier.
« Nous avions encore des conditions extrêmes cette année, mais c'était quand même beaucoup plus facile cette année. On pouvait rouler sur le dur pratiquement tout le parcours. Le record de parcours a justement été vaincu », évalue celui qui a complété le parcours en 3 h 21 minutes l'an dernier.
Bien ainsi
Malgré les conditions météorologiques, Auger ne voudrait pas que la compétition soit déplacée en raison du mauvais temps. « Ça fait partie de la ''game''. À moins que ce soit un trou dans la glace, c'est bien d'avoir des conditions plus extrêmes, ça ajoute au spectacle. Nous sommes prêts à tout », conclut-il.
Le Chicoutimien Gabriel Girard (1 h 43 : 35), le Jonquiérois Luc Boily (1 h 46 : 54) et les Félicinois Jonathan Dubois (1 h 48 : 47), Robin Bouchard (1 h 51) et Mathieu De La Chevrotière ont également percé le top-15.
Malgré les caprices de dame Nature, seuls trois des 106 participants n'ont pas complété l'épreuve.
Rébecca Beaumont au sommet chez les femmes
Les représentantes de la région ont également très bien fait dans leur catégorie. Rébecca Beaumont (1h49 et 41 secondes) a dominé les 32 km devant sa compatriote saguenéenne Anne-Julie Tremblay (1h52 et neuf seconde) qui s'est emparée de la deuxième marche du podium. La Valdorienne et gagnante de la dernière édition, Caroline Boyaud, a complété le triplé de tête.
À l'instar de l'évaluation de Doyle, le parcours s'est divisé en trois parties distinctes selon Beaumont. «Au début c'était très venteux et il fallait rassembler son courage pour compléter cette partie. Ensuite, nous avons eu une partie très calme et un vent de dos, c'était très bien et ça a redonné du courage à ceux qui ont eu de la difficulté après la première partie. La troisième portion du parcours était très glissante, on se sentait comme sur une patinoire», évalue celle qui en était à une première compétition du genre.
Si la compétition en était une première pour Beaumont, celle qui ne pratique pas le fatbike régulièrement n'a pas eu à chercher trop loin pour s'adapter au style de parcours... ni pour trouver son équipement d'ailleurs. «Je ne fais pas de fatbike souvent, j'ai dû emprunter l'équipement de ma coéquipière de l'équipe nationale Catherine (Fleury). Je suis habituée au vélo de route et c'était plutôt facile d'adapter mon style à ce genre de compétition. Le gros défi c'est la météo. Catherine est présentement dans l'Ouest avec l'équipe nationale et c'est ce qui m'a permis de participer aujourd'hui.»
En plus de sa victoire, l'Almatoise se réjouit de l'importance de la compétition pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. «La compétition est très importante pour faire rayonner la région et c'est vraiment une belle occasion pour les gens de l'extérieur de venir visiter le coin. Il y a des athlètes du Brésil, des États-Unis, de la Suisse, de la Belgique. Ça ouvre vraiment la région sur le monde», se réjouit l'athlète.
Chez les autres représentantes de la région, la Baieriveraine Martine Simard (2h10 et 46 secondes) et la Chicoutimienne Jo-Annie Lapointe (2h33 et 31 secondes) ont également complété la compétition.
Une organisation exceptionnelle
Rébecca Beaumont est extrêmement satisfaite de son séjour dans la région et de sa compétition. Joint par téléphone par Le Progrès-Dimanche, la gagnante a profité de l'entretien pour vanter l'organisation de la compétition.
«Je voulais vraiment qu'on le mentionne, avec toutes les compétitions qu'on fait sur le circuit mondial, on voit toute sorte de comités organisateurs et ici c'était très bien organisé. Les conditions météo imprévues étaient très bien gérées, les coureurs étaient bien informés. J'ai rarement vu une si belle organisation. J'invite tout le monde à y participer», vantait Beaumont.
Un événement qui rayonne
L'organisateur de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, David Lecointre, se réjouit de la visibilité qui augmente pour son épreuve.
« Avec des gens de partout dans le monde qui participent à l'événement, ça nous fait connaître. Des participants ont vu l'événement à la télévision et ont décidé de venir participer. D'autres sont venus représenter leur marque et faire des vidéos promotionnelles. L'événement gagne en calibre et en reconnaissance chaque année », évalue M. Lecointre.
En plus du succès de la compétition, le bilan financier de la Traversée est encourageant selon M. Lecointre. « En plus du bilan positif, tous les participants ont rejoint la rive sains et saufs, c'est le plus important », assure l'organisateur, satisfait de l'édition 2017.
Toujours selon l'organisateur, la Traversée du lac Saint-Jean à vélo pourrait voir quelques changements à son organisation au cours des prochaines années, mais l'heure n'est pas encore à l'évaluation. « Nous allons laisser tomber la poussière avant de tirer des conclusions, mais nous sommes ouverts à divers scénarios pour modifier l'événement tant que la sécurité demeure la priorité ».
Au Qatar
Avec leur victoire de samedi, Elliott Doyle et Rébecca Beaumont auront la possibilité de participer à l'édition 2018 du Al Adaid Desert Challenge au Qatar, la plus grande compétition de fatbike au monde.
«C'est vraiment une bonne idée et ce sera plaisant de pouvoir participer à une telle compétition. La neige et le sable se ressemblent beaucoup en fatbike, le plus gros défi sera de s'adapter au chaud au lieu du froid», explique Doyle. L'organisateur David Lecointre est très heureux du partenariat avec la compétition de calibre international. «Ce sont des représentants de 27 pays qui participent. Nous envoyons le roi et la reine de la Traversée du lac Saint-Jean et eux nous envoient les deux meilleurs de leur compétition. Ça permet de nous ouvrir sur le monde et de montrer à 27 nations ce qui se passe ici», affirme-t-il.
Elliott Doyle s'était également assuré une participation à la grande finale de la Mahikan Race, à Alassio en Italie avec sa victoire lors de l'étape de Roberval, il y a trois semaines.