Le pompier Yoan Desgagné a rencontré Milan (en bleu) à sa caserne, en fin de semaine dernière, afin de tisser un premier lien avec Milan (en bleu) qui sera ambassadeur de la dystrophie.

Tout un défi pour Yoan Desgagné

Souhaitant rendre hommage à son regretté oncle Jean-Guy Gagnon atteint de dystrophie musculaire, Yoan Desgagné s’attaquera à un défi de taille, le 1er juin, alors qu’il participera au Défi Gratte-Ciel à Montréal. À cette occasion, il tentera de gravir le plus grand nombre de fois possible les escaliers des 23 étages de la Tour Deloitte, et ce, durant cinq heures 30 minutes. Au cours de ces ascensions, il transportera jusqu’au sommet, à au moins une reprise sur son dos, le jeune ambassadeur de la dystrophie, Milan, trois ans.

En entrevue téléphonique, le pompier natif de Jonquière qui travaille maintenant à la Ville de Montréal, est ultra motivé à réussir son défi colossal et à atteindre son objectif d’amasser 2000 $ pour la dystrophie et la recherche. En tant que pompier, il a déjà participé à des activités caritatives avec ses coéquipiers, notamment pour la Fondation des Grands brûlés, mais c’est la première qu’il s’implique individuellement dans un défi du genre.

« Le défi m’intéressait depuis quelques années déjà, mais ça ne fonctionnait pas en raison de mon horaire de travail et familial. Cette année, ça tombait bien et c’est pourquoi j’ai décidé d’embarquer », raconte le Jonquiérois qui reste attaché à sa région natale. Ses parents, Fabien Desgagné et Jocelyne Gagnon, ses grands-parents, ses proches et ses chums d’enfance sont encore tous dans la région, ce qui fait que le Bleuet n’est jamais bien loin.

Pour lui, le Défi Gratte-Ciel « Extrême endurance » sera l’occasion d’honorer la mémoire de son oncle qui a toujours été un exemple de force morale. « Quand j’étais au primaire, j’allais le midi et le soir après l’école chez un frère de ma mère, Jean-Guy, qui était atteint d’une forme de dystrophie avec dégénérescence musculaire. Je l’ai beaucoup côtoyé et il m’a beaucoup marqué par sa force de caractère, son optimisme et sa résilience. Il a fait beaucoup de bénévolat et d’activités de financement au profit de la dystrophie musculaire. Il est décédé en 2017 et c’est aussi pour lui rendre hommage que je me suis lancé dans ce défi », explique celui qui a quitté la région à 17 ans pour poursuivre ses études de pompier. Après avoir travaillé comme pompier à temps partiel à Saguenay, il a décroché un emploi à Ville de Montréal en avril 2010 et y est présentement lieutenant intérimaire.

Des milliers de marches

Le Défi Gratte-ciel se décline en différentes catégories. Avec le volet « Extrême endurance », Yoan a choisi de gravir les 23 étages le plus souvent possible pendant cinq heures et demie (de 5 h 30 à 11 h le matin). Entre-temps, Dystrophie musculaire Canada (DMC) l’a contacté pour l’informer qu’il y avait un jeune de trois ans atteint de la dystrophie de Duchenne qui habitait près de chez lui et qui était inscrit comme ambassadeur. Le Jonquiérois a donc accepté d’être jumelé avec Milan pour le défi en équipe. À au moins une reprise, il gravira les 23 étages avec Milan installé dans une chaise sac à dos. « On va monter jusqu’en haut au moins une fois et s’il aime ça, je suis ouvert à le faire une deuxième fois », précise le sapeur de 31 ans qui vise à amasser 2000 $ pour la cause.

De ce côté, ça va bien puisqu’il a déjà récolté la jolie somme de 1855 $. Mais plus il amassera d’argent, mieux ce sera. « L’objectif suggéré par DMC quand on embarque dans cette catégorie du défi était de 750 $. Moi, j’ai décidé de dépasser cet objectif minimal et d’essayer de faire une petite différence, aussi minime soit-elle, pour remettre le plus d’argent possible pour la recherche et essayer d’améliorer la qualité de vie de toutes les personnes qui sont touchées par toute forme de dystrophie. »

Entraînement

Évidemment, on ne monte pas 594 marches durant cinq heures et demie sans entraînement. « Le meilleur entraînement pour monter des marches, c’est d’en monter », lance-t-il en riant. Dans ses temps libres, il s’est entraîné régulièrement à gravir les marches intérieures et extérieures de l’Oratoire Saint-Joseph en plus de faire un entraînement cardiovasculaire et des exercices pour renforcer les muscles du bas de son corps. « J’ai réussi à augmenter le nombre d’heures d’entraînement par semaine (4 à 6 fois) et je suis rendu à deux sans prendre de pause. Depuis les Fêtes, j’ai perdu environ une quinzaine de livres juste en augmentant l’entraînement. »

Le Jonquiérois, déjà papa d’une petite fille et en attente d’un deuxième enfant pour l’automne, réussit à bien concilier travail, famille et entraînement. « La motivation vient assez facilement, même quand je suis fatigué et qu’il est tard le soir. Je n’ai qu’à penser aux enfants atteints d’une forme de dystrophie. Le petit coup de pied que ça prend parfois pour sortir dehors et aller courir vient alors plus facilement », a-t-il conclu.

Pour faire un don, allez sur le site du Défi Gratte-Ciel en suivant ce lien

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UNE FAÇON POUR MILAN DE DONNER AU SUIVANT

(Johanne Saint-Pierre) – Milan est un enfant qui aime la vie et aime rire. Donc, rien ne laissait présager que sa vie allait basculer avant juin 2018. Mais voilà qu’en juin dernier, il reçoit un diagnostic de dystrophie musculaire.

« Le choc a été brutal pour tout l’entourage. Un an plus tard, nous sommes plus forts et unis que jamais, prêts à se battre », relate sa mère, Alexandrine, sur le site du Défi Gratte-Ciel.

« Je n’ai aucune idée de ce que la vie nous réserve. De la vitesse et du degré que la maladie prendra dans un futur proche, mais une chose est certaine, nous ne baisserons pas les bras. Je sais qu’il y aura des hauts et des bas. De l’espoir et des déceptions. Des victoires et des peines. Et c’est dans cet esprit-là que nous avons décidé de s’inscrire au défi Gratte-ciel. Pour amasser des fonds pour la recherche sur les différentes formes de dystrophies. Pour soutenir toutes les familles qui traversent les mêmes épreuves que nous. Pour donner au suivant. »

Maintenant âgé de trois ans, Milan prendra donc part au Défi Gratte-Ciel aux côtés de Yoan Desgagné, en tant qu’ambassadeur de la dystrophie. Milan a rencontré Yoan, son coéquipier, pour la première fois en fin de semaine, lors d’une visite à la caserne. Le contact a été positif. « C’est sûr qu’à trois ans, il était impressionné par le gros camion de pompier, convient Yoan Desgagné. Il est venu avec sa mère et son frère, afin que lorsqu’il me reverra, il ait une image positive de moi et qu’il puisse vivre une expérience agréable. »

Le défi en chiffres

594 marches

330 minutes

23 étages

1 ascension avec Milan

1 cause