À 21 ans et pour sa deuxième saison dans l’élite, Pogacar, déjà impressionnant samedi dans Peyresourde, s’inscrit encore plus dans le renouvellement de la hiérarchie amorcé l’an dernier par Bernal.
À 21 ans et pour sa deuxième saison dans l’élite, Pogacar, déjà impressionnant samedi dans Peyresourde, s’inscrit encore plus dans le renouvellement de la hiérarchie amorcé l’an dernier par Bernal.

Tour de France : avec Pogacar et Roglic, les Pyrénées aux couleurs slovènes

Agence France-Presse
LARUNS — Les Pyrénées se sont parées dimanche des couleurs slovènes dans le Tour de France : Tadej Pogacar a gagné la 9e étape, à Laruns, et Primoz Roglic a pris les commandes de la course avant la journée de repos.

Deuxième de l’étape dans la vallée d’Ossau, Roglic a confirmé son étiquette de favori. Sans toutefois prendre de temps, hormis les bonifications, au vainqueur sortant, le Colombien Egan Bernal, désormais deuxième au classement général à 21 secondes du Slovène.

Dans une étape marquée par la longue échappée du jeune suisse Marc Hirschi (22 ans), repris à seulement 1700 mètres de la ligne, Pogacar a déclenché l’essoreuse à 2,5 kilomètres du sommet de Marie-Blanque. Fatale au porteur du maillot jaune, le Britannique Adam Yates, qui a perdu 54 secondes, tout comme le Colombien Miguel Angel Lopez.

Pogacar n’a été suivi que par trois coureurs, Roglic et Bernal, lequel est apparu sensiblement plus à l’aise que la veille, ainsi que l’Espagnol Mikel Landa. L’Australien Richie Porte, dans un deuxième temps, puis le Français Romain Bardet sont revenus avant de lâcher prise sur une nouvelle accélération à l’approche du sommet.

Hirschi mal récompensé

À l’arrivée, Porte et Bardet ont cédé 11 secondes au sein d’un groupe comprenant aussi Guillaume Martin, toujours troisième au classement, et les Colombiens Nairo Quintana et Rigoberto Uran, tous à portée du classement, à une trentaine de secondes seulement de Roglic.

«J’aurais bien aimé gagner aujourd’hui», a sobrement commenté le Slovène, qui s’était imposé à Laruns lors de la précédente visite du Tour en 2018. «Mais je suis déjà très content avec ce maillot jaune», a ajouté Roglic, qui n’avait encore jamais endossé la tenue depuis ses débuts dans le Tour en 2017.

Le duo slovène, qui plane sur le Tour avec les «condors» colombiens, ont anéanti les espérances de Hirschi, auteur d’une longue échappée solitaire annonciatrice de lendemains qui chantent.

Hirschi est parti à l’avant dès le col de la Hourcère abordé après un début de course menée grand train (48,2 km dans la première heure). Seul en tête à 91 kilomètres de l’arrivée, il a longtemps résisté malgré une avance qui avait fondu à 15 secondes, au sommet de Marie-Blanque, à 18 kilomètres de l’arrivée.

Une semaine après s’être incliné devant Julian Alaphilippe à l’arrivée de la 2e étape à Nice, le jeune Suisse (21 ans), champion du monde espoir en 2018, a été limité à une nouvelle place d’honneur. Mais sa performance lui donne une place de choix au sein de la nouvelle vague du peloton. L’an passé, sa troisième place dans la Clasica San Sebastian avait été éclipsée par le succès du prodige belge Remco Evenepoel, à l’âge de 19 ans.

En guise d’avertissement

À 21 ans et pour sa deuxième saison dans l’élite, Pogacar, déjà impressionnant samedi dans Peyresourde, s’inscrit encore plus dans le renouvellement de la hiérarchie amorcé l’an dernier par Bernal. Pour sa découverte du Tour, il fait figure de candidat au podium, voire au maillot jaune à Paris, bien qu’il ait perdu du temps vendredi dans les bordures sur la route de Lavaur (Tarn) et soit désormais pointé à 44 secondes de Roglic, le numéro un de la puissante équipe Jumbo.

«Je suis venu pour le classement général», a confirmé le Slovène de l’équipe UAE Emirates, troisième de la dernière Vuelta. Avant de lancer en guise d’avertissement pour ses adversaires : «J’ai perdu du temps, mais cela ne veut pas dire grand-chose. Il y aura des écarts plus importants dans les deux semaines à venir.»

Après l’arrivée, les coureurs du Tour ont rejoint les bus de leurs équipes respectives pour le long transfert, à peu près 430 kilomètres, conduisant des Pyrénées-Atlantiques au département de la Charente-Maritime. Au programme de la première journée de repos de ce Tour, tests PCR (rhino-pharyngé) pour déceler d’éventuels cas positifs au Covid-19 et récupération avant la deuxième semaine de course.