Tommy Lapointe a connu sa meilleure saison au tir sportif.

Tommy Lapointe, 4e au pays en tir sportif

Discret de nature, Tommy Lapointe n'est pas du genre à se vanter. Pourtant, le Chicoutimien de 24 ans aurait parfaitement le droit de pavoiser, lui qui fait partie de l'élite canadienne de tir sportif.
Natif de Métabetchouan, Tommy Lapointe vient de connaître sa meilleure saison où il a notamment terminé 2e au Québec et en 4e position au Championnat canadien, toutes disciplines du tir confondues, et en plus d'obtenir sa place au sein de l'équipe nationale. Le jeune homme amorcera donc la nouvelle année avec plus de confiance et d'ambitions. 
« Avec les performances que j'ai faites cette année, j'aurais pu participer à des Coupes du monde. J'aurais eu ma place sur l'équipe (nationale) et j'aurais pu faire ce qui me tente comme compétition. Mais ils ont rajouté un règlement qui fait que l'on doit participer à deux compétitions différentes qui respectent certains critères et réussir deux fois le pointage de passage (pour pouvoir obtenir ce statut). Or, ce type de compétitions, il n'y en a qu'une qui se tient au Canada et la seule qui se tenait aux États-Unis la saison dernière, je n'ai pu y aller parce que je venais d'acheter une maison et il fallait que je déménage », explique celui qui travaille chez Hewitt. 
Pour répondre à ces standards, il participera aux compétitions de haut calibre, mais qui ne font pas partie de la Coupe du monde, auxquelles peuvent participer les équipes canadiennes.
Sa prochaine saison débutera en février, avec deux compétitions aux États-Unis, l'une à Colorado Spring au centre d'entraînement olympique américain et l'autre en Georgie. « J'espère réussir cette saison les scores nécessaires pour voyager durant la saison 2018 et être sur le circuit de la Coupe du monde », confie celui qui a mérité une bourse de 1500 $ de la Fondation Timi.
Heureuse rencontre
La saison de tir qui vient de terminer a été au-delà de ses attentes, notamment grâce à sa rencontre avec un ancien athlète olympique qui l'a en quelque sorte pris sous son aile. En 2014-15, le Chicoutimien avait connu une saison moyenne. « Je pensais que j'étais prêt quand je me suis présenté au Championnat canadien et j'ai eu des résultats catastrophiques, du moins à mon point de vue, raconte-t-il en entrevue. Ça m'a donné un bon coup et j'ai décidé de me reprendre (en 2015-2016). »
Malgré ses ambitions, l'année 2016 avait bien mal commencé. Il a appris que l'entraîneur provincial avait été congédié et qu'il ne serait pas remplacé. « De plus, mon équipement était désuet et je devais penser à le renouveler pour améliorer mes performances. Mais j'ai eu la chance de rencontrer Roger Caron de Baie-Comeau. Il a déjà participé aux Jeux olympiques en tir et a été entraîneur au Canada et au Québec, et il venait de décider de délaisser la compétition », relate le jeune homme.
« Il venait tout juste de changer de carabine et il m'a expliqué que c'est la meilleure qu'il a eue dans sa carrière, qu'elle avait été montée selon ses spécifications. Il m'a dit : ''Je ne tire plus et si tu veux, je te la vends''. » Tommy Lapointe a donc essayé la fameuse carabine et a été conquis.
Comme il n'y avait plus d'entraîneur provincial, le Chicoutimien a commencé à s'entraîner seul et il a réussi à obtenir de bons résultats. « Je lui ai envoyé un courriel pour le remercier pour son équipement incroyable. Il m'a alors offert que, si j'avais besoin d'un entraîneur, qu'il était à sa retraite et qu'il était prêt à m'entraîner gratuitement. Sa seule demande était que j'assume les frais de déplacement. Depuis ce temps, il est mon entraîneur et il m'a permis de vraiment améliorer mes performances. Il est super sympathique ! », raconte celui qui pratique toutes les disciplines liées au tir à la carabine.
Le premier rang comme objectif
L'un des objectifs de Tommy Lapointe cette saison était de vaincre Gale Stewart, le détenteur du premier rang, tant au Québec qu'au Canada.
« Dans plusieurs compétitions provinciales, j'ai réussi à le battre, pas sur les deux matchs, mais sur un des deux. Ça m'ouvre une belle fenêtre pour me dire que je suis sur la bonne voie, que tous les efforts que je mets ne sont pas vains », lance-t-il, enthousiaste. 
En août dernier, au Championnat canadien, à Cookstown (Ontario), le Chicoutimien a poursuivi sur sa bonne lancée. Il a tiré son premier match et a obtenu « un pointage correct, mais un peu en deçà de ce que j'espérais. En soirée, j'ai mis mes apprentissages d'entraînement mental en pratique. J'ai repassé ce que j'avais fait de bien en m'appliquant à corriger ce que j'avais moins bien fait. Le lendemain, ç'a été le match de ma vie. J'ai établi un record personnel en compétition. C'est ce qui m'a permis de me classer 4e et d'accéder à l'équipe canadienne ! »
Fort de cette performance, Tommy Lapointe a poursuivi son association avec son nouveau mentor, Roger Caron.
« On a restructuré mon entraînement depuis. Il a amélioré ma position et il a structuré mon entraînement pour savoir ce qui doit être fait avant, pendant et après ma compétition. »
Un sport encore dispendieux
Mine de rien, le tir sportif est un sport onéreux. À preuve, en plus des coûts liés au transport et à l'hébergement pour les compétitions et les entraînements, Tommy Lapointe doit débourser 2800 $ par année seulement en munitions ! Pas mal pour un sport amateur, non ?