Matthew Hilton, Stéphane Ouellet et Jimmy Hilton étaient tous les trois dans le coin des boxeurs du club Pro-Am du P.A.R.C., question de prodiguer des conseils, samedi.

Tirer avantage d'un passé trouble

Les frères Hilton ne peuvent y échapper. À leur nom est accolée l'image de boxeurs au talent incroyable, mais aussi celle d'individus ayant fait la manchette des pages judiciaires. Jimmy tente de tirer avantage de ce passé trouble, en aidant des jeunes dans son gymnase de London, en Ontario.
«Je sors des jeunes de la rue, change leur vision de la vie. Je leur montre qu'il est possible de s'en sortir.»
Le fait d'avoir lui-même eu une vie pour le moins mouvementée - il a été accusé une trentaine de fois de divers délits - lui permet à son avis de mieux comprendre les problèmes auxquels font face les jeunes qu'il côtoie, a-t-il expliqué hier, de passage à Alma.
Jimmy était en compagnie de son frère Matthew, ancien champion du monde des mi-moyens. Ils sont venus encourager les boxeurs dans le cadre du gala de boxe La guerre du ring 3, présenté à l'Hôtel universel et organisé par André Rocky Poulin.
«Je fournis un environnement sain à mes boxeurs, explique le propriétaire du Club de boxe équipe Hilton. C'est facile de dire 'jab, jab, right hand'. Moi, je ne suis pas juste un coach, je suis un père, un travailleur social...»
Jimmy est le plus jeune des frères Hilton. Contrairement à Matthew et Dave Jr, qui ont été champions du monde, de même qu'Alex, Jimmy n'a pas percé le monde de la boxe professionnelle.
Difficile
La vie des Hilton est une succession de victoires sur le ring et de moments fort difficiles à l'extérieur. Dave Jr a été reconnu coupable d'avoir agressé deux mineures. En 2004, dans le livre Le coeur au beurre noir, on apprenait que les deux victimes étaient les filles du boxeur.
«Les frères Hilton ont un bon nom et un mauvais nom, convient Jimmy. Je sais qu'on pense souvent au Dunkin Donuts (NDLR: Dave et Matthew ont fait un braquage dans un restaurant de cette chaîne en 1991 et volé 43 dollars dans la caisse), mais il ne faut pas juger un livre à sa couverture.»
André Rocky Poulin, qui a convaincu Jimmy de faire la route qui sépare London et Alma, explique que les entraîneurs sont rarement «des médecins ou des avocats».
«J'en ai qui se battent ce soir (hier) qui ont vu leur vie être changée par la boxe. Ça, comme coach, c'est notre paye. Je ne l'ai pas eu facile moi non plus. Ce sont rarement des gens qui l'ont eu facile qui deviennent entraîneurs. Mais si on peut leur apporter notre aide, ça fait tellement du bien.»
Précurseurs
Poulin ne tarit pas d'éloges envers les Hilton, qu'il qualifie de famille qui a «tiré la locomotive pour Lucas et les autres champions du monde québécois».
«Si nous n'avions pas eu (Stéphane) Ouellet et les Hilton, nous n'aurions pas eu tous ces champions du monde. Pour un athlète, voir Matthew avec une ceinture de champion du monde, c'est impressionnant. C'est un peu comme lorsque Lucian Bute est venu à la Cage aux sports, il y a deux ans. Ç'a tellement été bénéfique pour nos boxeurs. Marc-André Simard (qui se battait hier) s'est mis à essayer de l'imiter. On a aussi un boxeur qui a vu tous les combats de Matthew et dont la chambre est placardée de photos de lui», a dit Poulin, sous l'oeil attentif de l'ancien champion du monde qui affirme être en quelque sorte habitué, ce qui n'empêche pas que ce soit "gratifiant".
Depuis quelques années, le Québec a fourni plusieurs champions du monde, comme Éric Lucas, Leonard Dorin, Joachim Alcine, Adrian Diaconu, Adonis Stevenson, Lucian Bute et Jean Pascal. «La boxe avait connu un petit déclin, mais on voit maintenant que ça revient en force», estime Jimmy, dont la vie, comme celle de l'ensemble de la fratrie, se conjugue avec ce sport.