L’entraîneur-chef de l’équipe nationale junior de tennis de table, Maxime Surprenant, a offert un camp de perfectionnement à une douzaine de jeunes de la région.

Tennis de table: recruter de nouveaux talents

L’entraîneur-chef de l’équipe nationale junior de tennis de table, Maxime Surprenant, travaille ardemment au développement du sport. Il était de passage cette semaine au Saguenay pour un camp de perfectionnement qui a réuni une douzaine de jeunes.

C’est le responsable du Club de tennis de table des Titans du Séminaire de Chicoutimi, Sylvain Dubois, qui a lancé une perche à Maxime Surprenant, qui a accepté, malgré un horaire très chargé et agrémenté de beaucoup de voyagement. Il a invité les membres de tous les clubs de la région et six de ses protégés ont participé, trois autres de Chibougamau ainsi que trois jeunes qui n’avaient jamais joué, mais qui désiraient découvrir le sport. L’objectif est de recruter de nouveaux adeptes, mais également de faire progresser ceux déjà accrochés.

« Au ping-pong, tu ne peux pas jouer seul. Même si c’est un sport individuel, ça prend des joueurs à affronter », rappelle Maxime Surprenant lors d’une rencontre dans le gymnase du Séminaire avec le bruit de balles en toile de fond.

« Éventuellement, c’est bon pour moi. Ça va nourrir mon équipe », avance-t-il avec le sourire.

« Il y en a qui aimaient ça et qui ne savaient pas trop pourquoi ; ils le faisaient ou le faisaient en attendant. Là, je leur donne un avant-goût [pour voir] jusqu’où ils peuvent aller », raconte Maxime Surprenant, espérant que l’initiative va faire des petits.

« Si ça devient un sport majeur, un moment donné à Chicoutimi, ça va s’étendre. Montréal a deux-trois clubs vraiment forts et Trois-Rivières en a un qui existe depuis des années et des années. Là, tout d’un coup, la gang de Chicoutimi va descendre et tout gagner. Ce serait intéressant aussi. Au lieu de tout le temps aller là-bas, ce sont eux qui vont venir ici et ça va les faire voyager », se permet-il de rêver, soulignant le travail des bénévoles dans le développement de la discipline.

Maxime Surprenant a donné des conseils à des joueurs de tennis de table de la région, dont Olivier Dubois, quatrième au Québec chez les 12 ans et moins.

La relève semble bien se porter au Canada. Lors des plus récents Championnats panaméricains en juin au Mexique, la délégation masculine a décroché la médaille de bronze. « C’est la première fois qu’on était sur le podium avec les gars. C’est un pas en avant, mais on est également en compétition avec les Européens et les Asiatiques », signale Maxime Surpenant, qui a également participé à un camp en Corée du Sud récemment.

« Dans les juniors, on est pas pires. Où il y a une grosse différence, c’est du côté senior. Aux Championnats du monde, on est autour de la 25e place. Presque tous les pays jouent au tennis de table. Au patinage de vitesse par exemple, on est super bons, mais il y a peut-être cinq ou six pays plus présents. Au ping-pong, [il y a] les 15 ou 20 pays qui investissent beaucoup avec des centres d’entraînement. Oui, c’est méconnu ici, mais en Europe et en Asie, c’est un sport quasiment noble, on pourrait dire. Les vedettes sont des vedettes », raconte l’entraîneur de l’équipe nationale junior.

« Depuis cinq ou dix ans, grâce à Internet et YouTube, tout le monde peut devenir bon parce qu’on a tous accès aux mêmes infos », affirme-t-il, estimant qu’il faut tout de même de bonnes qualités athlétiques.

« On est chanceux ici. La base de joueurs n’est pas immense. Si tu es bon, tu peux aller au top assez vite et ça te donne l’opportunité de voyager », de mettre en valeur Maxime Surprenant, estimant toutefois que la grandeur du territoire est un frein au développement.

« Je vais en Europe et on peut faire trois tournois dans trois pays différents, compare-t-il. C’est une autre réalité, mais il faut qu’on s’arrange avec ça. On peut faire des échanges. »

Parcours

Avant de faire la transition comme entraîneur, Maxime Surprenant s’est illustré comme athlète. Il a notamment remporté les Championnats canadiens en double, obtenant une troisième place en simple comme meilleur résultat. Il a également participé à plusieurs tournois internationaux. « J’ai dû décider entre l’école et le sport. J’ai décidé d’y aller avec l’école, mais sur le côté, j’ai commencé à m’entraîner un peu le soir. Quand j’ai eu une ouverture, j’ai foncé et ça fait huit ans que je fais ça à temps plein », mentionne l’architecte de formation.

« Je trouvais ça un peu moins excitant que le tennis de table », admet l’entraîneur, qui a pris la barre de l’équipe il y a trois ans, après quelques années comme assistant.

+ UN CLUB EN PROGRESSION

Le tennis de table progresse entre les murs du Séminaire de Chicoutimi. Le responsable, Sylvain Dubois, a commencé avec deux vieilles tables et grâce à l’aide de la Fédération provinciale de tennis de table dans l’achat d’équipement. 

Le club en possède maintenant une dizaine au goût du jour et le nombre de membres ne cesse de grossir. 

« Quand j’ai commencé, je me suis vite rendu compte qu’un plexiglas, ça ne fait pas quand tu veux faire de la compétition », convient Sylvain Dubois, soulignant la collaboration des membres adultes du Club de tennis de table de Saguenay, qui viennent aider régulièrement. 

« On est comme main dans la main, fait-il valoir. Je les utilise pour avoir de bons joueurs afin d’affronter mes joueurs. Mes meilleurs sont pratiquement aussi bons que les adultes. »

Son fils jouait dans le sous-sol chez son beau-père quand Sylvain Dubois s’est rendu compte qu’il n’existait pas de club dédié aux jeunes. « Un moment donné, j’ai vu que dans une compétition, il s’était démarqué. Je me suis dit que je devais continuer de l’entraîner. Je suis arrivé au Séminaire, j’ai vu que Benjamin, notre meilleur joueur à l’école, faisait de la compétition dans le club de soir. J’ai donc décidé de partir un club à l’école », raconte Sylvain Dubois, qui commence à posséder un bon réseau de contacts dans le domaine. 

« Au début, c’était plus du gardiennage. L’an dernier, c’était du gardiennage et de la compétition. Cette année, je vais leur dire que s’ils viennent, il faut que ça commence à jouer fort », annonce le professeur de français, qui est un ancien entraîneur de volleyball. Dans un avenir rapproché, il désire organiser une journée portes ouvertes pour les jeunes du primaire, des cliniques publiques et faire venir des joueurs de l’extérieur. 

Les efforts commencent à payer alors que trois joueurs ont fait partie du circuit provincial, en plus d’une dizaine qui ont participé à des compétitions provinciales. Olivier Dubois a d’ailleurs attiré l’attention, terminant quatrième chez les moins de 12 ans pour se retrouver sur l’équipe du Québec espoir.