Barrett Hayton arrive à Toronto avec le trophée du Championnat mondial de hockey junior. En tant que capitaine, l’espoir des Coyotes de l’Arizona a aidé l’équipe canadienne à devenir une véritable équipe.

Une «vraie» équipe nationale

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / André Tourigny venait de franchir les portes de l’aéroport Cartier-MacDonald, à Ottawa, lorsqu’il a répondu à notre appel. La soirée de lundi débutait. Il n’avait pas dormi depuis une bonne quarantaine d’heures.

On sentait encore, dans sa voix, toute l’euphorie de la victoire en finale du Championnat mondial de hockey junior.

Tourigny a vécu, en République tchèque, sa quatrième expérience à titre d’entraîneur-adjoint avec Équipe Canada.

Il avait remporté deux fois la médaille d’argent. Il n’avait jamais mis la main sur l’or.

« En 2010, nous avions perdu en prolongation contre les Américains. L’année suivante, nous avions été victimes de la grosse remontée des Russes, durant la troisième période. J’avais un peu l’impression que j’avais laissé quelque chose sur la table. »

« Quand j’ai quitté la LNH pour revenir dans les rangs juniors, je me doutais bien que je finirais par retourner au Championnat mondial. »

Sur papier, l’équipe canadienne n’était pas nécessairement plus forte que ses rivales, cette année. Pour Tourigny, des éléments difficiles à mesurer ont fait la différence.

« En fait, c’était ma sixième expérience avec le programme de Hockey Canada. Je n’avais encore jamais travaillé avec un groupe de joueurs comme celui-là. »

« Souvent, quand on forme une équipe nationale, les francophones se retrouvent ensemble. Les joueurs de l’Ouest canadien se réunissent. Les Ontariens forment un autre groupe. Cette année, nous voulions nous assurer que les gars se mélangent. Nous en avons donc parlé à quelques leaders, entre les dernières coupes et le premier souper officiel de l’équipe, à Oakville. Nous n’avons pas eu besoin d’en parler avec tout le monde. Nous avons simplement abordé le sujet avec quelques leaders », explique-t-il.

« Nous étions convaincus qu’il faudrait en reparler au groupe, plus tard. Ça n’a pas été nécessaire. Les gars se mélangeaient. Ils avaient du fun, ensemble. Ça paraissait dans tout ce qu’on faisait. »

On apprend, en jasant avec l’entraîneur, qu’Alexis Lafrenière a été tout aussi utile à l’extérieur de la patinoire. « Il est toujours souriant, ce gars-là. Il parle avec tout le monde. Il a du plaisir. Il taquine les autres. Tout ça, c’est contagieux. »

Le capitaine Barrett Hayton a lui aussi fait sa part. « Il n’est pas arrivé de Phoenix en se trouvait bien hot parce qu’il avait entrepris la saison dans la LNH. Il n’a pas connu énormément de succès au début du tournoi. Il s’est retroussé les manches. Son body language n’a jamais été mauvais. Quand il s’est blessé, durant la ronde des médailles, il a continué à se battre pour avancer. »

Le Championnat mondial junior permet aux partisans de toutes les équipes de la LNH de rêver en regardant les vedettes de demain.

Foi de Tourigny, les fans du Canadien de Montréal ont raison de s’emballer quand il est question du défenseur russe Alexander Romanov.

« C’est un patineur phénoménal, mais il a la force physique pour aller avec son coup de patin. Ses passes sont dures. Ses lancers sont durs. Il prend de bonnes décisions avec la rondelle. »

Les partisans des Sénateurs d’Ottawa ont aussi de bonnes raisons d’aborder l’avenir avec optimisme.

« Jacob Bernard-Docker a été notre défenseur le plus fiable », dit-il.

« Lassi Thomson était le capitaine de la Finlande à 18 ans. C’est un compétiteur qui veut faire la différence. »

« Et Shane Pinto a été dur à affronter. »