Drake Batherson

Un très bel été avec Sidney

CHRONIQUE / Drake Batherson a de la chance.

L’espoir des Sénateurs d’Ottawa n’est pas chanceux sur toute la ligne. Il a raté les séries éliminatoires, le printemps dernier, à Belleville. « J’ai trouvé l’été un peu long », a-t-il reconnu, jeudi, quand je l’ai croisé à Kanata.

« J’ai choisi de voir les choses du bon côté. J’ai décidé de profiter du temps qui m’était alloué pour bien me préparer, physiquement. Je sais à quel point la saison qui s’en vient sera importante, pour moi. »

C’est là que Batherson est chanceux.

Les hockeyeurs professionnels retournent généralement dans les villes d’où ils sont originaires, pour passer les beaux jours. Ils finissent par trouver les autres joueurs qui sont originaires de leur région. Ils se réunissent, quelques fois par semaine, pour s’entraîner en groupe.

Batherson passe ses étés dans la région de Halifax.

On ne retrouve pas des tonnes de joueurs de la LNH, l’été, en Nouvelle-Écosse. Si la quantité n’est pas au rendez-vous, difficile de trouver mieux, en matière de qualité.

Il y a Nathan « Nate » MacKinnon. Il y a Brad Marchand. Et il y a l’autre, aussi. Celui qui porte, jusqu’à nouvel ordre, la couronne du meilleur joueur sur la planète...

« Sidney ? C’est complètement fou. Chaque jour, quand il se pointe à l’aréna, il est engagé à fond. C’est toujours lui qui travaille le plus fort », raconte Batherson, les yeux gros comme des trente sous.

On dirait que tout le monde qui baigne dans la LNH a une histoire à raconter sur Sidney Crosby.

Ça remonte à loin. Les gens qui l’hébergeaient à Rimouski, en 2003, racontaient aux journalistes qu’il se faisait un devoir de les accompagner au supermarché. Il se faisait déjà un devoir de lire toutes les étiquettes. Il voulait connaître la valeur nutritive de tous les aliments qui se retrouvaient dans le panier.

Maxime Talbot raconte cette anecdote, survenue cinq ou six ans plus tard, sur une plage isolée. Des joueurs des Penguins de Pittsburgh célébraient, ensemble, leur première conquête de la coupe Stanley. Le défilé avait eu lieu quelques jours plus tôt et Sid parlait déjà de tout recommencer.

Le trophée Hart, le trophée Art-Ross, le trophée Ted-Lindsay, le trophée Rocket Richard, le trophée Conn-Smythe, les trois bagues de la coupe et les deux médailles d’or olympiques n’ont rien changé.

« On peut organiser un match amical à trois contre trois, au milieu du mois de juin, et il va tout faire pour gagner. Généralement, il s’arrange pour affronter Nate. Ça nous donne une belle confrontation, dès le départ. Ça crée un bel environnement de travail », explique Batherson.

« En plus, ce sont de vrais bons gars. En tant que jeune joueur, si j’ai besoin d’un conseil, je me sens à l’aise de leur parler », dit-il, un peu plus tard.

T’en as profité, alors ? Qu’as-tu cherché à savoir ?

« Eh bien... Disons que je n’ai pas posé des millions de questions. Parfois, je n’avais même pas besoin de le faire. Quand il voyait que je faisais des trucs plus ou moins correctement, il ne se gênait pas. Il venait me corriger. »

On verra sous peu si les conseils d’amis serviront. Parce que Batherson a bien raison. La saison qui approche à grands pas sera déterminante pour la suite de sa carrière.

Jeudi, lors de l’entraînement improvisé, à Kanata, Batherson avait l’air d’un type déchiré. Il portait des gants, une culotte et un casque aux couleurs des Sénateurs d’Ottawa.

Il portait aussi un chandail et des bas des Senators de Belleville.

« C’est le chandail qu’ils m’ont donné avant de partir pour l’été ! Je suis convaincu qu’ils vont me remplacer ça sous peu », dit celui qui est bien décidé à rester.