La contre-performance collective des Sénateurs, mercredi soir à Vancouver, est possiblement arrivée au pire moment pour Anders Nilsson.

Un gardien suédois... ou un autre

CHRONIQUE / Dommage. La contre-performance collective des Sénateurs, mercredi soir à Vancouver, est possiblement arrivée au pire moment pour Anders Nilsson.

Le gardien suédois venait de coller deux grosses performances pour permettre à son équipe de vaincre deux équipes qui participeront aux séries. S’il avait réussi à gagner un troisième match, contre ses anciens coéquipiers de surcroît, il aurait donné matière à réflexion à ses patrons.

Cette troisième victoire lui aurait conféré un certain pouvoir, dans sa quête pour l’obtention d’un nouveau contrat en prévision de la saison prochaine.

Ça ne s’est pas passé ainsi.

On ne sera pas trop dur envers Nilsson, ici. On l’a écrit d’entrée de jeu. C’était une contre-performance collective. Après deux périodes, il avait déjà fait face à 33 tirs.

Marc Crawford a merveilleusement bien résumé l’affaire, vers la toute fin de son point de presse d’après-match.

« Il n’est pas responsable de ce qui nous est arrivé, ce soir. L’équipe au grand complet était à côté de ses pompes... »

« Cela dit, je suis convaincu qu’Anders ne se sent pas mieux que les autres. Il aimerait sans doute revoir quelques lancers qui ont échappé à sa vigilance. »

C’est dommage.

Nilsson a vite trouvé une façon de gagner notre respect et, dans une moindre mesure, notre admiration.

Il est arrivé à Ottawa dans un contexte un peu déprimant, au début du mois de janvier.

Il était, en quelque sorte, le plan D d’une organisation qui avait grand besoin d’un gardien numéro deux.

Mike Condon avait subi une blessure qui met sa carrière en péril.

Mike McKenna n’avait pas le calibre pour jouer dans la LNH.

Marcus Högberg et Filip Gustavsson n’étaient pas prêts.

Nilsson s’est joint à une organisation qui croupissait dans les bas-fonds du classement. Une organisation qui traversait une période trouble, qui risquait de perdre trois de ses meilleurs attaquants. Il était lui-même à la croisée des chemins. Il avait déjà porté les couleurs des cinq équipes différentes, dans la LNH.

Il aurait été facile, pour lui, de baisser les bras. Il aurait pu se présenter au boulot sans passion, ni intérêt, pendant 12 ou 13 semaines. Faire le strict minimum, laisser son contrat s’écouler, encaisser ses derniers chèques de paie et redéménager sa famille en Europe au printemps.

Pour toujours.

Nilsson a fait tout le contraire. L’entraîneur des gardiens des Sénateurs, Pierre Groulx, était convaincu qu’il pouvait l’aider. Il a choisi de le croire. On me dit qu’il est souvent le premier joueur à se pointer au Centre Canadian Tire, le matin, en prévision de l’entraînement. Et les résultats sont souvent au rendez-vous. Il a trouvé un moyen de conserver une fiche de ,500 avec une formation qui a gagné seulement 25 de ses 73 premiers matches de la saison.

En plus, il a une bonne tête sur les épaules. Il a des idées progressistes et il n’a pas peur de les partager.

Tout cela ne sera peut-être pas suffisant, remarquez. On ne sait pas encore quels seront les besoins des Sénateurs, devant les filets, l’été prochain. Le poste de gardien numéro deux devrait être vacant. Celui de gardien numéro un aussi. À son âge, avec les revers qui s’accumulent à sa fiche, Craig Anderson pourrait choisir d’accrocher ses patins.

Sans connaître les besoins de l’organisation, il est difficile de savoir si Nilsson peut y répondre.

Surtout que la compétition s’affiche. Marcus Högberg a gagné un autre gros match, mercredi, à Belleville. Ça lui fait une fiche de 10-2-3 à ses 15 derniers matches.

S’il n’était pas prêt pour la LNH cette année, ça pourrait être différent l’an prochain...