Ceci est devenu le punching bag d’un groupe de partisans frustrés.

Tout ce qu’on ne savait pas sur Ceci

CHRONIQUE / Cody Ceci n’a pas toujours bien composé avec la pression qui vient avec son métier. Le rôle de hockeyeur d’élite, représentant sa ville natale, semblait parfois lourd à porter.

Il avait déjà des problèmes, à l’époque où il portait les couleurs des 67’s d’Ottawa.

La direction du club s’était éventuellement résignée à l’échanger à l’Attack d’Owen Sound, pour lui permettre de respirer plus à l’aise.

On parle ici de hockey junior. 

Les parties des 67’s ne sont pas télédiffusées en direct sur les ondes d’un réseau national comme TSN. 

Les gaffes d’un joueur de 17 ans ne sont pas diffusées en boucle dans les bulletins de nouvelles sportives.

Le passage dans les rangs professionnels de Ceci s’est fait encore plus difficilement, dans le contexte où il était obligé de rentrer chez lui.

Et les gens de sa ville ne lui ont jamais fait de cadeaux.

Dans les deux dernières années où l’organisation au grand complet a sombré vers l’abîme, on l’a curieusement ciblé.

Ceci est devenu le punching bag d’un groupe de partisans frustrés. 

Il est devenu celui sur qui on se défoulait constamment, alors qu’à peu près tout le monde - sur les patinoires comme des les bureaux - contribuait au problème.

On ne sait jamais réellement ce qui se passe dans la tête d’un athlète professionnel. 

Ceci n’était certainement pas du genre à s’épancher auprès des journalistes.

Une grosse fenêtre sur son quotidien s’est ouverte, dans les derniers jours. 

Et ce qu’on voit quand on regarde à travers n’est vraiment pas joli.

Le pauvre type n’avait peut-être pas le coeur et la tête à l’ouvrage, au cours de la dernière saison.

On trouve beaucoup d’information dans la requête judiciaire qui a été déposée au Palais de justice d’Ottawa, le 23 juillet dernier.

On vous en parlait dans notre édition de mercredi. 

Une jeune femme, Hana Engel, a subi des brûlures au deuxième ainsi qu’au troisième degrés sur 30 % de son corps, lors d’un souper entre amis au domicile de Ceci.

On donne beaucoup de détails sur l’accident survenu alors que la conjointe de Ceci cherchait à remplir une lampe d’éthanol. 

On parle surtout des trois semaines suivantes, durant lesquelles la victime a été plongée dans le coma. 

On dresse la longue liste des séquelles - physiques et psychologiques - d’une jambe dont la vie est brisée.

Dans le document de poursuite, le conjoint de la victime réclame notamment 200 000 $ parce qu’il a subi un choc nerveux, durant lequel il s’est retrouvé dans un état de détresse émotive.

Les tribunaux se chargeront de déterminer la responsabilité civile de Ceci et de sa conjointe, dans cette histoire.

L’idée n’est pas de les victimiser, ici. 

On peut quand même s’imaginer qu’ils ont aussi traversé de durs moments, d’un point de vue émotif. Il ne doit pas être simple de reprendre le collier, quand on sait qu’une bonne amie traverse d’aussi grandes épreuves. 

Le fardeau peut être lourd à porter.

Alexander Ovechkin se balance bien des sentiments du défenseur droitier adverse, quand il descend avec la rondelle, sur le flanc gauche. Il ne pense qu’à son prochain but.

Et les autres joueurs d’élite de la LNH ne sont pas différents.

Cody Ceci est toujours en ville. Je l’ai croisé, la semaine dernière, à Kanata. 

Il s’entraîne avec les autres hockeyeurs professionnels du coin. 

Il saute sur la glace avec son équipement aux couleurs des Maple Leafs de Toronto sur le dos.

On lui souhaite de rebondir, là-bas.

Ici, il y a matière à réflexion, sur la façon de traiter les joueurs qui en arracheront, dans une autre saison qui s’annonce difficile.