Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
La crédibilité de Frantz Jean n’est plus à faire, après 10 ans, dans la LNH. La plupart des gardiens qui ont passé par Tampa y ont connu du succès.
La crédibilité de Frantz Jean n’est plus à faire, après 10 ans, dans la LNH. La plupart des gardiens qui ont passé par Tampa y ont connu du succès.

Savoir saisir l’opportunité

RUBRIQUE LNH / Frantz Jean célébrera un anniversaire important, en début de semaine prochaine. Dix ans, déjà, que l’entraîneur montréalais prend soin des gardiens du Lightning de Tampa Bay.

Le club de la LNH l’a embauché le 7 septembre 2010.

Une décennie complète à travailler dans une seule organisation, c’est rare. C’est encore plus remarquable quand on sait que Jean était une recrue quand il est arrivé en Floride.

Il avait de l’expérience. Il avait appris son art en bossant pendant une douzaine d’années dans la LHJMQ.

Mais dans une ligue pleine de vedettes, l’expérience n’est pas toujours un gage de succès.

« C’est drôle, parfois, comment les choses tombent en place. Durant l’été, avant de me faire embaucher à Tampa, j’ai fait des entrevues avec une autre organisation. Cette organisation a choisi d’embaucher quelqu’un d’autre. Un an et demi plus tard, dans cette organisation, tout le monde a été mis dehors. »

À Tampa, Jean s’est retrouvé dans une organisation qui n’a pas subi de grands chambardements.

Il a eu deux patrons. Jon Cooper a remplacé Guy Boucher, derrière le banc, en 2012. Il est aujourd’hui l’entraîneur-chef qui compte le plus d’ancienneté derrière son banc.

Dans le bureau du directeur général, c’est la même chose. Lorsque Steve Yzerman a choisi de quitter pour rentrer à Détroit, il a simplement remis les clés à son dauphin, Julien BriseBois.

« Tous les entraîneurs qui commencent se retrouvent dans la même situation. Quand l’opportunité se présente, tu ne veux pas la manquer. »

Il y a quand même une différence entre les entraîneurs qui ont déjà évolué dans la LNH en tant que joueurs et les autres.


« Si un entraîneur qui n’a jamais joué rate sa première opportunité... Ça se pourrait qu’il n’en obtienne jamais une deuxième. »
Frantz Jean

Jean peut le reconnaître, maintenant.

« Si un entraîneur qui n’a jamais joué rate sa première opportunité... Ça se pourrait qu’il n’en obtienne jamais une deuxième. Cette première chance te permet de valider ta crédibilité, comme entraîneur. Si tu te plantes, c’est dur d’être crédible. »

La crédibilité de Frantz Jean n’est plus à faire, après 10 ans, dans la LNH. La plupart des gardiens qui ont passé par Tampa y ont connu du succès.

Dwayne Roloson a fini sa carrière en beauté. Ben Bishop a connu trois saisons consécutives de 35 victoires ou plus. Andreï Vasilevskiy a remporté le trophée Vézina.

D’ailleurs, à 26 ans, ce dernier ne ferait qu’effleurer la surface de son talent.

« C’est le gardien le plus travaillant que j’ai côtoyé durant ma carrière. Et ça fait plus de 25 ans que je travaille dans ce domaine ! Andreï, c’est un gars qui fait tout pour s’améliorer. Ils prend toutes ses décisions, dans la vie, dans le but de développer ses habiletés. C’est un gars très intelligent. Il va toujours s’améliorer parce qu’il vient travailler, chaque jour. Je dis toujours aux jeunes que dans le sport, on récolte ce qu’on sème. Andreï, c’est vraiment un modèle, pour ça. »

Une autre finale d’Association

Frantz Jean est heureux d’avoir abouti à Tampa. Au cours de ses 10 premières saisons, le Lightning lui a permis de participer à la Finale de l’Association Est à quatre reprises.

Il est en train de conclure sa 11e campagne. Son équipe sera de retour dans le carré d’as pour une cinquième fois.

« Quand tu connais du succès dans la LNH, tu dois l’apprécier, vraiment », affirme-t-il. « La marge entre la victoire et la défaite, dans cette ligue, elle est vraiment minime. La différence entre un club qui se fait balayer en première des séries et une équipe qui remporte la coupe, elle n’est pas énorme. »

Il doit parler d’expérience. La saison dernière, quand le Lightning a remporté 62 matches en saison régulière, on se demandait qui pourrait bien les arrêter en séries.

On a vite trouvé notre réponse. Les Blue Jackets de Columbus ont eu besoin de quatre parties pour régler leur cas.

Le hasard a voulu que ces deux équipes se retrouvent, dans la bulle, un an plus tard. Le premier match, légendaire, a basculé en faveur du Lightning durant la cinquième période de prolongation.

Un moment marquant.

Si les Jackets avaient marqué le but victorieux, le Lightning n’aurait peut-être pas entrepris le mois de septembre à Toronto.

« Oui, le scénario aurait pu être différent. Dans les séries de la coupe Stanley, tout est une question de momentum. Il faut que tu gagnes le momentum, en séries. Quand tu gagnes le momentum, il faut que tu le gardes. »

« L’an dernier, quand les séries ont débuté, on a pris le momentum très tôt. On a marqué trois buts, très rapidement. Après, dans un court segment d’une quinzaine de minutes, on a commis quelques erreurs. Ils ont pris le contrôle du match. Ils n’ont jamais laissé filer le momentum. La marge est vraiment mince. Cette victoire en cinquième prolongation nous a donné le momentum. »