Bobby Ryan a été sélectionné au 2e rang du repêchage de 2005 par les Ducks d'Anaheim, devant des joueurs comme Anze Kopitar, Tuuka Rask et Marc-Édouard Vlasic.

Quand personne ne peut se tromper...

CHRONIQUE / Je ne vais pas vous parler de l’annulation du repêchage de la LNH, au Centre Bell, en tant que tel.

Ce repêchage aura bel et bien lieu, un jour ou l’autre. Il faudra simplement choisir un format qui ne mettra pas en danger tous ces jeunes joueurs qui sont nés en 2001 ainsi qu’en 2002.

Je ne perdrai pas non plus de temps à vous parler de cette proposition, saugrenue, qui circule. Un club de la LNH aurait proposé d’organiser un tournoi, impliquant les équipes de fond de classement, au lieu d’une loterie.

Ça n’arrivera pas.

Ce matin, j’ai envie de revenir sur un petit exercice de l’équipe du site officiel de la LNH. La fin de semaine dernière, les responsables du contenu éditorial se sont amusés à refaire le repêchage amateur de 2005.

Les résultats sont intéressants. Ils nous donnent surtout à réfléchir, dans le contexte actuel.

Sans surprise, 15 ans plus tard, on juge que Sidney Crosby était le meilleur joueur disponible.

Les Penguins de Pittsburgh ont donc pris la bonne décision de le sélectionner au tout premier rang.

Après, tout ce gâte.

Les experts de LNH.com jugent qu’Anze Kopitar aurait mérité d’être choisi au deuxième rang. Suivent ensuite trois gardiens: Tuukka Rask, Carey Price et Jonathan Quick.

Paul Stastny, Kristopher Letang, James Neal et Marc-Édouard Vlasic complètent le top-8.

Dans la «vraie» vie, en 2005, seul Price a été repêché aussi tôt.

En 2005, après Crosby, les équipes de la LNH ont sélectionné Bobby Ryan, Jack Johnson, Benoît Pouliot, Gilbert Brûlé, Jack Skille, Devin Setoguchi et Brian Lee.

Il y a comme un petit décalage.

Les trois premiers choix du repêchage de 2005, Sidney Crosby (centre), Bobby Ryan (gauche) et Jack Johnson (droite)

Ça donne à réfléchir, parce que tous les dépisteurs affichent une belle confiance, ce printemps. «Les clubs qui vont repêcher dans le top-10 vont tous obtenir un bon joueur», disait d’ailleurs le directeur du recrutement d’une formation de l’Association Est, dans notre édition de jeudi.

Les Sénateurs d’Ottawa devraient obtenir deux choix dans le top-10. Si le boulier leur donne un petit coup de pouce, ils pourraient miser sur deux des cinq premiers choix. Si un petit miracle se produit, ils pourraient obtenir deux des trois premières sélections.

Leurs dépisteurs n’ont pas le droit de se tromper. Les deux joueurs qu’ils vont réclamer auront un rôle crucial à jouer dans le processus de reconstruction de l’équipe. 

Les Sénateurs ont entre autres besoin d’un joueur dynamique autour duquel ils pourront bâtir toute leur attaque. Ils ont besoin d’un «vrai» centre numéro un.

On ne voudrait pas verser dans le mélodramatique. Personne n’a besoin de mélodrame, ces temps-ci.

Si on voulait verser dans le mélodramatique, on dirait que l’avenir de la LNH à Ottawa est en jeu.

La bonne nouvelle, c’est que personne ne peut se tromper. «Les clubs qui vont repêcher dans le top-10 vont tous obtenir un bon joueur.»

De mémoire, en 2005, les équipes ont abordé la première ronde avec beaucoup de confiance. En 2005 non plus, personne ne pouvait se tromper.

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Il y a du bon, un peu, dans tout ce qu’on vit, présentement.

Dans notre édition de jeudi, un dépisteur nous disait que l’annulation des matches de séries éliminatoires ne gâche pas tout. L’équipement vidéo, sophistiqué, sur lequel on mise aujourd’hui pourra compenser. Il permettra de revoir des matches disputés plus tôt, cette saison, en accordant une attention particulière à certains joueurs ciblés.

Mon expérience des dernières semaines me permet de croire que les dépisteurs ont un autre outil à leur disposition.

L’isolement a eu un drôle d’effet sur les entraîneurs de hockey. 

Comme tout le monde, ils trouvent le temps long. Comme tout le monde, ils n’ont pas grand-chose à faire de leurs après-midis. Comme tout le monde, ils s’ennuient.

Comme tout le monde, ils sont heureux quand le téléphone sonne.

Certains avaient du mal à trouver cinq minutes pour jaser, il n’y a pas si longtemps, ont maintenant très envie de discuter.

Les dépisteurs allumés devraient en profiter pour contacter des entraîneurs dans les rangs juniors, collégiaux ou mineurs. 

Plus on pose de questions, plus on a de réponses.

Plus on en sait sur un joueur, moins on risque de se tromper.