Plusieurs souvenirs refont surface à l’aube d’une reprise de la finale de la saison 1970. Les joueurs, comme Jordan Binnington, ont intérêt à rester dans le présent.

Pas de regrets... de l’espoir!

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Francis « Frank » St-Marseille n’a pas de regrets. L’ancien hockeyeur aux racines franco-ontariennes a participé à la finale de la coupe Stanley en 1968, 1969 et 1970.

Il avait réussi à se faire une place chez les Blues de Saint-Louis, au terme de l’expansion qui avait permis à la LNH de passer de six à 12 formations.

Il s’est donc retrouvé dans le camp perdant chaque fois.

« Nous avons affronté le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston. Ces deux équipes étaient beaucoup plus fortes que la nôtre », se souvient l’homme qui est aujourd’hui âgé de 79 ans.

« On avait de bons gardiens. On avait Jacques Plante et Glenn Hall. Ils étaient tous les deux excellents. Pour gagner, ce n’était pas suffisant. Pour gagner, il nous aurait fallu de la chance. Il aurait fallu être chanceux. »

Francis «Frank» St-Marseille, dans l'uniforme des Blues de St-Louis en 1969-70

St-Marseille n’a pas de regrets quand il pense à la dernière des trois finales, celle durant laquelle ses Blues ont été balayés par les Bruins.

Il a revu la fameuse photo de Bobby Orr, qu’on diffuse sur toutes les plates-formes, depuis le jour où on sait que ces deux clubs se retrouveront, pour un « match revanche », 49 ans plus tard.

Ce cliché célèbre montre le légendaire défenseur en plein vol, célébrant le but qui a permis aux Bruins de remporter le match numéro quatre, en prolongation.

Bobby Orr célèbre le but qui a permis aux Bruins de vaincre les Blues de Saint-Louis, en finale de la coupe Stanley, en 1970.

« Orr... C’était tout un joueur ! Je crois qu’il serait un des rares joueurs de mon époque qui pourrait dominer, s’il jouait dans la LNH d’aujourd’hui. »

On comprend, en posant quelques questions, que M. St-Marseille a beaucoup de respect – et une pointe d’admiration – pour les hockeyeurs des années 2000.

« Moi, je mesure cinq pieds et 11 pouces. Je me situais donc dans la moyenne, à mon époque. Aujourd’hui, les hommes mesurent six pieds et deux pouces... Et ils sont rapides ! Les joueurs d’aujourd’hui sont bien meilleurs. »

M. St-Marseille estime que ses coéquipiers n’étaient pas en mesure de rivaliser avec Orr et ses coéquipiers Phil Esposito, Fred Stanfield, Derek Sanderson et Gerry Cheevers.

« Ils avaient un bon entraîneur, aussi. Il ne faut pas sous-estimer l’impact de Don Cherry. Avec lui, les gars n’avaient pas le choix de travailler. Ceux qui ne travaillaient pas réchauffaient le banc. »

M. St-Marseille sera devant son téléviseur, lundi soir, lorsque la finale prendra son envol. Il semble croire davantage aux chances des Blues, cette fois-ci.

Même si les preneurs aux livres favorisent encore une fois Boston.

« Les Blues ont du talent pour scorer. Ils sont aussi assez gros pour jouer contre Boston. Les Bruins sont robustes. Les Blues aussi, sont gros et assez robustes. »

M. St-Marseille se croise surtout les doigts. Il n’a plus trop souvent l’occasion de visiter Saint-Louis, la ville où il a passé la première moitié de sa carrière dans la LNH.

Il y est retourné il y a quelques années, pour participer à une fête d’anciens. Il a eu l’occasion d’y rencontrer des gens qui l’ont vu jouer, en personne.

Ces gens rêvent depuis un demi-siècle d’assister à un défilé de la coupe Stanley.

Les Blues n’ont pas eu la chance de retourner en finale depuis 1970.

« Ils vont être contents quand ça va finalement se produire », assure l’ancien joueur.

« Très contents. »

Vivre dans le présent

Bobby Orr a lui aussi entendu parler de la fameuse photo, depuis quelques jours.

« Je me suis réveillé, un beau matin. Un journaliste d’une chaîne de télévision faisait le pied de grue, devant chez moi. J’essaie toujours de comprendre comment il a bien pu se rendre jusqu’à moi », a commenté l’illustre défenseur, dans une conversation avec L’Athlétique.

Orr trouve tout cela bien amusant. Il a quand même bien hâte que le match numéro un se mette en branle, pour qu’on cesse de parler du passé.

« Nous avons de beaux souvenirs et c’est agréable de les raconter. Il faudrait quand même penser aux joueurs d’aujourd’hui. C’est leur moment. Il faut s’intéresser à eux », dit-il.

Parlant des Bruins d’aujourd’hui...

Les amateurs de sports de Boston sont parfois impitoyables. Certains critiquent le vétéran Zdeno Chara, depuis le début des séries. Le vieux « Z » serait devenu un boulet pour son équipe, disent-ils.

« Vous pouvez arrêter cela tout de suite », a lancé Orr, dans une entrevue au Boston Globe.

Chara demeure, selon lui, un important atout pour Boston.

On connaît bien Binnington

« Bob Essensa, notre entraîneur des gardiens, a déjà travaillé avec Jordan Binnington. Ça pourrait nous aider. On pourrait identifier ses faiblesses », a dit l’entraîneur des Bruins, Bruce Cassidy.

Comme si Binnington avait besoin de motivation supplémentaire, avant le début de la finale...