Sylvain St-Laurent
Les Sénateurs ont repêché Jean-Gabriel Pageau en 2011. Depuis, le Gatinois s’est illustré de nombreuses fois. Mais ses agents n’ont toujours pas commencé à parler à Pierre Dorion quant à la prolongation de son contrat.
Les Sénateurs ont repêché Jean-Gabriel Pageau en 2011. Depuis, le Gatinois s’est illustré de nombreuses fois. Mais ses agents n’ont toujours pas commencé à parler à Pierre Dorion quant à la prolongation de son contrat.

Pageau doit avoir le choix

CHRONIQUE / Jean-Gabriel Pageau a inscrit deux autres points, jeudi soir, dans la victoire des Sénateurs contre les Predators de Nashville.

Ce type de performance ne devrait plus vraiment nous étonner. Il est en train de connaître la meilleure saison de sa carrière.

Selon ce que j’ai pu comprendre, cette semaine, Pierre Dorion n’a pas encore discuté avec son agent, en ce qui a trait à la prolongation de son contrat.

Ça, c’est un peu plus étonnant.

Très étonnant, même.

Je veux bien croire que le dossier des futurs joueurs autonomes n’était pas le dossier prioritaire du directeur général, cet automne.

Sauf que les Fêtes sont à nos portes. Le temps commence à presser.

Généralement, les vétérans qui entreprennent la nouvelle année sans garanties contractuelles finissent par changer d’adresse avant la date limite des transactions.

Je ne connais rien des intentions de Pageau. Je ne sais pas s’il souhaite poursuivre sa carrière à Ottawa ou s’il préférerait tenter sa chance ailleurs.

Les joueurs ne partagent généralement pas ces détails avec les journalistes.

Si je me place dans ses souliers, je me dis que j’aimerais qu’on m’offre le choix. J’aimerais que les Sénateurs déposent une offre honnête, rapidement, pour me donner le temps d’y réfléchir. Ou de négocier.

Pageau a été repêché par les Sénateurs en 2011. Si on fait le bilan des neuf années qui ont suivi, le nombre de bons matches joués excède largement le nombre de mauvaises performances. Pageau a été un soldat loyal, vaillant. Il aurait pu baisser les bras, l’an dernier, quand tous ses amis sont partis dans la vente de liquidation. Il a plutôt choisi de se retrousser les manches.

On prédisait aux Sénateurs le dernier rang du classement général, en début de saison. Si Pageau – et Anthony Duclair – n’étaient pas là, ce serait probablement en train de se matérialiser.

Pour tout ce qu’il a donné aux Sénateurs, jusqu’à présent, Pageau mérite d’être traité avec le plus grand des respects.

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Le passage de Matt Duchene à Kanata, jeudi, nous a donné l’opportunité de réfléchir à la vente de feu qui a été dirigée par Dorion, la saison dernière.

Le DG des Sénateurs s’en est plutôt bien tiré, je dirais.

En retour d’Erik Karlsson, il a obtenu deux attaquants – Rudolfs Balcers et Josh Norris – qui jouent du très bon hockey à Belleville. Il a également soutiré le choix de première ronde des Sharks de San Jose, en 2020. Ce choix pourrait lui donner une chance de plus de gagner la loterie, puisqu’ils ont passé la première moitié du calendrier en dehors du portrait des séries.

Dorion a peut-être obtenu davantage, encore, quand il a cédé Ryan Dzingel et Duchene aux Blue Jackets de Columbus. Il a obtenu un premier choix qui est devenu Lassi Thomson. Il détient toujours deux choix de deuxième ronde. Il a mis la patte sur deux autres espoirs intéressants. Vitaly Abramov connaît lui aussi une grosse saison dans les mineures. Et Duclair, le petit cadeau supplémentaire, qui pourrait bien connaître une saison de 30 buts.

Vitaly Abramov et Lassi Thomson

Une liquidation, bien faite, peut vous permettre de relancer un club assez rapidement.

Encore faut-il choisir les bons joueurs à échanger.

À Las Vegas, Mark Stone continue de jouer comme Mark Stone. Dorion ne doit pas trop regretter d’avoir sacrifié les autres. Mais si Stone était resté, son équipe serait encore plus près de la respectabilité.

Max Pacioretty et Mark Stone

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J’ai pris cinq minutes pour bavarder avec Anders Nilsson, lors de mon dernier passage au Centre Canadian Tire. Ça s’est passé jeudi matin. J’ignore s’il avait déjà subi sa commotion cérébrale. Il avait les idées à la bonne place.

« Je n’ai jamais travaillé dans un bureau, mais j’imagine que dans un bureau, les travailleurs ont besoin de leaders sur lesquels ils peuvent compter. Boro et Pager sont nos leaders. Nous formons un groupe uni grâce à eux », m’a-t-il dit.

Le gardien, vous aurez compris, souhaite le retour du numéro 44 la saison prochaine.

Si Pageau part, Nilsson deviendra, par défaut, un des vétérans vers qui les jeunes devront se tourner. « Et je ne suis même pas ici depuis un an », rappelle-t-il.

Il faudrait que les choses bougent. Et rapidement.