L'attaquant des Sénateurs, Logan Brown, doit prouver aux dirigeants de l'équipe qu'il peut évoluer dans la LNH.

Logan Brown doit gagner sa place

CHRONIQUE / C’est marrant, l’actualité. C’est une grande boucle dont on ne sort jamais. Les sujets qui font les manchettes finissent toujours par se répéter.

J’ai écouté le (très malhabile) agent de Logan Brown, la semaine dernière, sur les ondes de TSN 1200. Je l’ai bien entendu se plaindre du traitement injuste que subit son (très jeune) client.

Les Sénateurs, dit-il, ne font pas grand-chose pour l’aider à devenir un joueur de premier plan.

Je me disais que j’avais déjà entendu ça quelque part.

J’ai fouillé dans nos archives. Je n’ai pas eu trop de mal à trouver.

En septembre 1996, un jeune et fringant défenseur plein d’avenir était incapable de vivre avec une décision prise par la direction des Sénateurs. Le jeune homme en question, un bœuf de l’ouest nommé Chris Phillips, ne voulait rien savoir de retourner dans les rangs juniors. Il avait 18 ans et croyait qu’il n’avait plus rien à prouver dans une ligue d’ados.

« Je sais que je peux jouer dans la LNH et je veux y jouer dès cette année. Pour moi, une autre année dans les rangs mineurs est une perte de temps. Un pas en arrière bien plus qu’une source de développement », avait-il alors déclaré.

Ses agents, qui croyaient agir dans le meilleur intérêt de leur client, avaient même demandé une transaction.

Si seulement il avait tendu sa main, à ce moment-là. On aurait pu lire son avenir et lui dire qu’il finirait par passer l’essentiel de sa vie d’adulte à Ottawa. On aurait même pu lui parler du 18 février 2020 et de son chandail qu’on hisserait au plafond du Centre Canadian Tire.

On aurait même pu lui dire qu’il négocierait lui-même, sans l’aide d’un agent, son dernier contrat avec les Sénateurs.

Il en aurait fait, une tête.

Le but de cette chronique n’est pas de donner dans « l’agent bashing ». Au contraire. On les aime, les agents de joueurs. Ils jouent un rôle essentiel.

Mais les agents ne sont pas infaillibles. Et Andy Scott, le conseiller de Logan Brown fait fausse route à l’heure actuelle.

« Quand je me promène à Ottawa, ces jours-ci, je vois les panneaux publicitaires. Je lis le slogan de l’équipe : The Kids are Alright. Je me pose alors une question toute simple. Pourquoi ne pas donner une opportunité aux kids ? »

La réponse à la question de M. Scott est tout aussi simple. 

Qu’a fait votre client pour mériter son opportunité ?

M. Scott prétend qu’il n’a jamais vu une organisation aussi réfractaire, face à un joueur qu’elle a repêché très tôt.

Il voit les choses à l’envers.

Les Sénateurs ont déjà fait ce qu’ils avaient à faire, en juin 2016, quand ils ont conclu une transaction leur permettant de devancer leur sélection, en première ronde. Ce jour-là, ils ont envoyé un message clair. Selon eux, Brown avait le potentiel de devenir un centre numéro un dans la Ligue nationale.

À partir de ce moment-là, la pression s’est déplacée sur les larges épaules du jeune homme. C’est à lui de prouver qu’il est digne de cette confiance.

M. Scott s’amuse à numéroter les trios des Sénateurs. À son arrivée au camp, en 2018, Brown a constaté — avec surprise — qu’il se retrouvait au sein de la huitième unité.

L’agent devrait peut-être suggérer à son client de ne pas trop perdre son temps à analyser la charte de profondeur. C’est sur la patinoire qu’on gravit les échelons.

Les bons centres numéro un de la LNH ont un point en commun. Ils rendent leurs partenaires de trio meilleurs.

Brown n’a même pas une saison complète derrière la cravate. Il a joué seulement 56 matches, l’an dernier, parce qu’il a été blessé. En fin de saison, quand son club cherchait à se qualifier pour les séries, il a été limité à deux points en six parties.

Cette saison, il dirige le trio numéro un, à Belleville. Ses ailiers sont Jack Rodewald et Nick Paul, deux joueurs de fort calibre. Lors du match inaugural, samedi, il a été blanchi. Il a tout à prouver.