Lors de sa conférence de presse de fin de saison, le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion, a reconnu que son manque d’expérience dans un poste de haute direction est à la source de sa déclaration maladroite en février dernier qui a vexé plusieurs partisans.

L’expérience: un gros atout

CHRONIQUE / Notons, dès le départ, un petit détail d’une grande importance. Au beau milieu de sa conférence de presse de fin de saison, mercredi après-midi, Pierre Dorion a offert ses excuses.

Il a compris qu’il a vexé plusieurs partisans avec une déclaration maladroite, cet hiver. Il a pris le temps d’y réfléchir et il s’est excusé.

Le 25 février dernier, quelques minutes après avoir échangé Mark Stone contre l’espoir Erik Brännström, il a déclaré en direct à la radio, qu’il n’avait jamais été aussi fier de son travail accompli en tant que directeur général.

« C’est le dépisteur en moi qui parlait. J’étais très fier d’avoir mis la main sur un espoir aussi prometteur. Je dois comprendre que ma perspective doit être différente, maintenant. Mon rôle a changé. Je suis le directeur général », déclare-t-il, six semaines plus tard.

Il faut une bonne dose d’humilité pour reconnaître ses erreurs publiquement. Les hommes de hockey n’en sont pas tous capables.

Il faut encore plus d’humilité pour faire ce que Dorion a fait, mercredi. Il a essentiellement reconnu que son manque d’expérience dans un poste de haute direction est à la source de ce faux-pas.

Il faut être capable de reconnaître ses fautes et ses défauts pour être capable de les corriger. Ça semble simple, mais pourtant, des quantités d’hommes de hockey en sont incapables.

Le patron de Dorion, le propriétaire des Sénateurs Eugene Melnyk, a lui-même raté plusieurs belles occasions de reconnaître ses torts, dans les 18 derniers mois. Ce faisant, il a raté la chance de rebâtir les ponts avec les partisans.

En plus de faire son mea culpa, mercredi, Dorion s’est montré très ouvert à l’idée de travailler avec un président des opérations hockey. Même si l’ajout d’un homme d’expérience risque de réduire considérablement son autonomie.

Je crois qu’il est sincère.

Il connaît assez la Ligue nationale pour comprendre que l’expérience, c’est précieux.

En écoutant attentivement la conférence de presse du directeur général, en cherchant à lire entre les lignes, on comprend que les carottes sont pas mal cuites pour Marc Crawford.

Ce serait une sage décision.

On a visiblement beaucoup de respect pour cet homme qui a remporté la coupe Stanley et le trophée Jack-Adams au milieu des années 1990. Parce qu’il a pris la relève de Guy Boucher avec beaucoup de professionnalisme, on va sans doute le recevoir en entrevue.

Déclaration fort révélatrice de Dorion : « Marc a fait du bon travail. Il a posé quelques gestes que nous avons appréciés. Il y a certaines choses, toutefois... Il aurait pu faire ces choses mieux. »

Si les Sénateurs souhaitent réellement prendre un virage majeur vers la défensive, réduire le nombre de lancers et de buts alloués, le mieux serait de miser sur du sang neuf. Des cerveaux neufs, en fait.

On a un peu grincé des dents lorsque Dorion a déclaré que le candidat recherché devra être capable de « parler le langage des millénariaux ».

Pourvu que ça ne pave pas la voie à la venue d’un nouvel entraîneur de la relève, un entraîneur bon marché.

Les jeunes joueurs des Sénateurs ont besoin d’une structure. Ils ont besoin de croire au discours d’un homme crédible, qui va trouver une façon de maximiser le potentiel de chacun.

Les Panthers de la Floride l’ont bien compris. Ils ont confié le poste d’entraîneur-chef à un homme qui a fait ses preuves, Joel Quenneville.

Or, pour attirer un homme de la trempe de Quenneville, il faut être prêt à payer.

Les bons entraîneurs ne craignent pas de s’entourer d’adjoints de qualité. À Ottawa, un entraîneur expérimenté n’aurait pas à chercher bien loin pour trouver des lieutenants de la nouvelle génération.

À 38 ans, Chris Kelly parle couramment la langue des millénariaux. Il partageait les mêmes vestiaires qu’eux, pas plus tard que l’an dernier.

Pierre Groulx est légèrement plus âgé. À 43 ans, il fait toujours partie de la nouvelle génération d’entraîneurs.

Lorsque le nouvel entraîneur-chef complétera son équipe, on devrait lui rappeler que, sans lui, les Sénateurs auraient peut-être eu du mal à mettre sous contrat le jeune gardien universitaire Joey Daccord.