Alain Sear et Martin Lacasse

Les choses ont changé

CHRONIQUE / Les Olympiques de Gatineau sont, en quelque sorte, les Canadiens de Montréal de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

On l’entendait souvent, celle-là, il y a quelques années.

Honnêtement, je trouvais que les partisans du club étaient un tout petit peu présomptueux.

Mais je comprenais que cette fierté avait des racines fortes et profondes.

J’étais bien conscient que le centre Guertin était une forteresse. Je voyais bien toutes ces bannières de championnat accrochées au plafond. J’avais rencontré plusieurs anciens joueurs qui conservaient un fort sentiment d’appartenance, alors qu’ils étaient devenus des grandes vedettes dans la LNH.

On entend moins souvent ces comparaisons, dernièrement.

En fait, on n’en parle plus du tout.

Les dirigeants des Olympiques n’aiment pas toujours ce qu’ils lisent ou ce qu’ils entendent, ces temps-ci, dans les médias.

Or, dans des périodes de crise, les médias jouent souvent le rôle de miroirs. Ils ont le don de vous renvoyer, en pleine face, le reflet de vos pires erreurs.

Et, depuis le début de la semaine, les journalistes et animateurs ne sont plus les seuls à le dire. Gilles Courteau, commissaire de la ligue, a reconnu publiquement que l’équipe traverse une période trouble.

Les Olympiques, une des organisations les plus anciennes de la LHJMQ, ont besoin « d’attention particulière » en cet automne difficile.

Dans le texte de notre collègue Jean-François Plante, que nous avons publié lundi, je retiens deux citations, en particulier.

« Je ne connais pas les raisons qui ont entraîné tous les départs, mais s’ils peuvent établir une stabilité chez les employés, ça va mieux aller. »

Et...

« C’est une grosse affaire, la LHJMQ. Des fois, des gens qui s’y joignent et se rendent compte que c’est plus vieux qu’ils pensaient. »

Ces deux extraits soulèvent bien des questions au sujet des gens qui mènent le navire, en ce moment, au Vieux Bob.

PHOTO MARTIN ROY Le Droit 
  
 Martin Lacasse  Olympiques de Gatineau

Au bout du fil, lundi matin, le président des Olympiques, Martin Lacasse, a répondu à mes questions.

Je lui ai demandé, tout de go, de me parler des « nombreux départs » dans les bureaux. Il n’a pas vraiment voulu me parler des raisons qui ont poussé des employés compétents à quitter le navire.

Il m’a parlé, en revanche, de la nouvelle directrice des ventes, des opérations et du marketing. Geneviève Lalonde est une personne « structurée » qui a la situation sous contrôle. Elle travaille d’arrache-pied, jure-t-il. On verra bientôt les résultats.

Il a même affirmé que la promotion du lancer chanceux effectuera un retour, avant longtemps. Cette fois, tout sera fait dans les règles de l’art. Tout sera parfaitement légal.

Il a été plus bavard quand je lui ai demandé si la LHJMQ était une « grosse affaire ».

« Absolument pas, a-t-il répondu. Les magasins RONA, ça représentait plus de 250 000 pieds carrés de commerce et environ 500 employés. Ça, c’était gros. »

Diriger un club sportif comporte quand même certains défis, a-t-il fini par avouer.

« Dans les RONA, quand on faisait une erreur, ça ne paraissait pas. Il n’y avait pas de médias. Il n’y avait pas de partisans. Il n’y avait rien, comme ça, autour de moi. La différence, avec un club junior... La moindre petite erreur et tout explose, comme si le club était par terre. »

Clairement, le président des Olympiques vit une période d’adaptation.

J’ai toujours cru que, pour bien s’occuper de l’administration d’un club sportif, il est préférable de s’intéresser au sport.

Les clubs majeurs sont aussi des institutions publiques. Pour bien les diriger, mieux vaut s’habituer à composer avec les médias. Et les partisans.

En ce sens, on comprend pourquoi les spécialistes des communications et du marketing de la LHJMQ ressentent le besoin d’intervenir, plus souvent que d’habitude, dans les affaires des Olympiques.

La franchise, qui fêtera ses 50 ans en 2023, et qui se comparait il n’y a pas si longtemps au Canadien de Montréal.

« La gang à l’interne... Tout le monde veut que ça fonctionne », m’assure M. Lacasse.

Personne n’en doute. Mais il faudra plus.

On m’a déjà dit que les clubs de hockey, ça ne gagne pas avec des bonnes intentions et des prières.