Antoine Vermette n’a pas oublié le tour que ses anciens patrons des Sénateurs d’Ottawa lui ont joué, en 2006.

«Désolé, Antoine, tu dois rester ici»

CHRONIQUE – À TRAVERS LA LNH / Toujours intéressant d’entendre les anciens joueurs de la LNH raconter leurs meilleures anecdotes. En écoutant ces vieilles histoires, on peut comprendre tout le chaos qui peut s’installer, dans la vie personnelle et familiale d’un athlète, dans les jours qui suivent une transaction.

Le nouveau retraité Antoine Vermette se distingue, à ce chapitre.

Il a une savoureuse histoire à raconter à propos du jour où il N’A PAS été impliqué dans une transaction.

C’était le 10 mars 2006. À la date limite des transactions, les Sénateurs d’Ottawa occupaient le premier rang dans l’Association Est.

Le directeur général de l’époque, John Muckler, multipliait les efforts dans le but d’aller chercher un peu de muscle. Âgé de 23 ans, à sa première saison complète dans la « grande » ligue, l’ailier de Saint-Agapit faisait partie des joueurs qui pouvaient être sacrifiés.

Antoine Vermette en 2006

L’idée ne lui plaisait pas trop, mettons.

« Les semaines qui avaient précédé cette journée avaient été un peu stressantes. J’étais préoccupé, confie-t-il, aujourd’hui. On me répétait que ça faisait partie de la job. Tout le monde devait composer avec ça, dans le monde du hockey. Moi, dans tout ça, je ne voulais pas quitter Ottawa. J’aimais ça, là-bas... »

Twitter n’existait pas, le 10 mars 2006. Le iPhone n’avait pas été commercialisé, non plus. Le jeune Vermette passait beaucoup de temps à tourner autour de l’ordinateur de l’équipe qui était branché sur Internet, en début de journée, pour se tenir au courant des derniers développements. « J’espérais ne pas voir mon nom apparaître sur l’écran. J’avais peur qu’on vienne me trouver pour m’annoncer que le coach voulait me parler... »

Vermette a été contraint de lâcher l’ordinateur, au moment où la nervosité était au plus haut niveau. Sur la route depuis une semaine, les Sénateurs avaient prévu un léger entraînement, en fin de journée, au Philips Arena d’Atlanta.

Vermette n’avait pas la tête au travail. Entre deux exercices, il lui arrivait de jeter des regards nerveux vers la section des gradins où étaient agglutinés les journalistes. Il cherchait un signe, un indice, n’importe quoi...

Aux environs de 15 heures, l’entraîneur-chef Bryan Murray a quitté la patinoire avec empressement. On lui a tendu un téléphone portable. Il est disparu dans le corridor pendant de longues minutes.

« Quand il est finalement revenu, tout le monde se demandait ce qui se passait. Bryan cherchait quelqu’un. À ce moment-là, je ne voulais surtout pas que ce soit moi. Je l’aimais, Bryan. C’était toujours agréable de lui parler. Dans ce moment-là, bien précis, je voulais juste éviter une conversation. »

Pas de chance. Murray cherchait Vermette.

« Il s’est dirigé directement vers moi. Dans ma tête, ça se passait vite. J’essayais d’analyser son body language. Il n’avait pas l’air très à l’aise. »

Murray était reconnu pour son sens de l’humour bien aiguisé.

Le 10 mars 2006, il a commencé par offrir ses excuses.

« Je suis désolé de t’annoncer, Antoine, que tu dois rester ici... »

Les coéquipiers de Vermette ont trouvé leur entraîneur bien drôle, ce jour-là.

Avant de pousser un soupir de soulagement et de rire à son tour, le principal intéressé a eu un dernier petit moment d’hésitation.

« Bryan m’a dit que je devais rester ici. Je me suis demandé, rapidement, si on m’avait échangé aux Thrashers. »

Reirden, polyglotte

On ne parle plus jamais, ou presque, des Thrashers. La moribonde formation qui a passé 11 (mauvaises) saisons dans la section Sud-Est a fait une apparition dans les pages du Washington Post, ce week-end. L’entraîneur-chef des Capitals, Todd Reirden, a passé une courte saison à Atlanta, au début des années 2000. Il en a profité pour apprendre les rudiments de la langue russe, au contact d’un jeune Ilya Kovalchuk. De nos jours, Reirden utilise cette compétence pour mieux communiquer avec son capitaine. « Il essaie parfois de faire des blagues avec nos jurons. C’est drôle », réagit Alex Ovechkin.

Hossa est heureux

On a tendance à l’oublier, mais Marian Hossa a porté l’uniforme des Thrashers. Pendant deux saisons. On se souvient surtout de lui dans l’uniforme des Blackhawks de Chicago. Hossa est de retour dans sa ville natale, Trencin, en Slovaquie. Dans une longue entrevue accordée à L’Athlétique, on apprend ces jours-ci qu’il s’ennuie davantage de la ville des vents que de son ancien métier de hockeyeur. Hossa se dit heureux à la retraite. On apprend surtout qu’il a pris un gros risque pour jouer une dernière saison, en 2016-17. On lui avait prescrit de la ciclosporine, un médicament puissant aux effets secondaires nombreux, pour freiner les effets de sa maladie de peau. On ne devrait pas revoir Hossa en Amérique du Nord bientôt, mais il se fera un plaisir de revenir si jamais on lui ouvre les portes du Temple de la renommée.

Le mot de la fin : farfelu

Depuis le départ des Thrashers, les Hurricanes de la Caroline continuent de lutter pour que le hockey des ligues majeures gagne des adeptes dans le Sud-Est des États-Unis. Avec leurs célébrations d’après-match, leurs joueurs ont visiblement trouvé un moyen de plaire aux fans. Don Cherry nous a fait comprendre qu’il n’aime pas. Ça soulève une question. Un homme qui affectionne les accoutrements farfelus peut-il vraiment s’inscrire en faux contre les célébrations farfelues ?