Alain Sear échange une poignée de main avec Daniel Gingras après l’assemblée extraordinaire des actionnaires mardi après-midi. Celui qui était directeur des opérations hockey des Olympiques de Gatineau s’est dit soulagé que quelqu’un d’autre soit maintenant en charge.

Alain Sear voulait nous parler

CHRONIQUE / Alain Sear est sur le point de partir en voyage. Il n’est pas certain de sa destination finale, mais il vise la Floride. Il ne sait pas non plus combien de temps dureront ses vacances.

« Je vais m’acheter 12 douzaines de balles de golf. Je reviendrai quand ma réserve sera épuisée », me lance-t-il, mi-sérieux, mi-blagueur.

Sear est un excellent golfeur. Il peut jouer très longtemps avant d’envoyer 144 balles dans le bois.

Pour ceux qui se font du souci à son sujet, il se porte quand même bien.

Il nous a même pris par surprise, tôt, jeudi matin. Il nous a contacté pour nous offrir l’opportunité de l’interviewer.

« Je veux partager les raisons de mon départ », a-t-il écrit.

On ne s’attendait pas à ça.

On nous avait dit qu’il convoquerait les représentants de tous les médias, plus tard, après les Fêtes.

S’il ressentait le besoin de parler, rapidement, on ne s’attendait certainement pas à ce qu’il choisisse de parler au Droit.

Nous n’avons certainement pas été tendres envers l’organisation des Olympiques, dans les derniers mois.

En s’assoyant pour l’entrevue, en milieu de journée, il impose une condition, dès le départ.

« Je ne veux pas qu’on se mette à parler de mes émotions. »

J’ai insisté, quand même, mais juste un peu.

Je lui ai demandé s’il était amer ou fâché. S’il se sentait un peu trahi par des gens qui étaient ses partenaires, au sein du conseil d’administration.

« Moi, je ne mettrai jamais mes chums, mes vrais chums, dans une situation de même », a-t-il répondu.

La colère, il l’a ressentie en lisant, dans le journal, cette histoire selon laquelle certains actionnaires souhaitaient son départ.

« Quand cette histoire est devenue publique, pour moi, c’était terminé. »

L’histoire selon laquelle un putsch se préparait a été publiée, dans nos pages, le vendredi 13 décembre. Sear me dit qu’il a pris la décision de quitter l’organisation durant le week-end.

Il s’est quand même rendu à la rencontre extraordinaire des actionnaires, mardi, parce que « j’avais besoin de me faire confirmer des choses ».

« Je te dirais que j’ai passé à travers une gamme d’émotions. Maintenant, je suis soulagé. Maintenant, quelqu’un d’autre sera en charge du club. Quelqu’un d’autre devra prendre les décisions difficiles. Les gens des Olympiques peuvent toujours m’appeler, s’ils ont besoin de me consulter. Il reste d’excellentes personnes autour de la table. Autant dans le camp des loyalistes que chez les autres. Il y a du bon monde partout, autour de la table. »

Alain Sear n’est pas prêt à dresser un bilan complet de ses 15 années chez les Olympiques.

Il reconnaît qu’il ne laisse pas l’organisation dans une position très enviable. Ses successeurs auront d’énormes défis à relever.

Quand on lui parle de la baisse des problèmes aux guichets, il remonte loin. À son avis, les partisans ont commencé à se détacher il y a une dizaine d’années, quand le projet de rénovation qu’il pilotait avec l’entrepreneur Raymond Brunet a échoué. « Après, ç’a été vraiment n’importe quoi. Je pense que l’équipe a déménagé à peu près huit fois à l’intérieur de la ville. »

« Ça fait trop longtemps que le climat est négatif. On peut accepter une certaine responsabilité pour cela, mais je ne pense pas que le groupe de propriétaires est responsable de tout ça. »

« On va se l’admettre, personne n’est parfait. On fait des bons coups. On en fait des moins bons. J’ai essayé de communiquer tout ça du mieux que je pouvais. À la fin de la journée, c’est simple. Faut que tu gagnes. »

Et les Olympiques ne gagnent pas.

Ils ont perdu leurs 12 derniers matches avant la pause des Fêtes. Ils accusent déjà un retard de 10 points sur l’équipe qui détient le dernier billet d’entrée pour les séries éliminatoires.

« Le 15 septembre, nous étions tous excités. Les partisans étaient excités. Les propriétaires étaient excités. Les joueurs, leurs parents, leurs agents étaient excités. Au 15 décembre, personne n’était excité. Nous sommes dans un business où il faut obtenir des résultats. »

« Obtenir de bons résultats, sur la patinoire, c’était ma responsabilité », complète-t-il.

Sear ne sait pas trop à quoi ressemblera son prochain défi professionnel.

Il aura le temps d’y penser, en tapant dans ses 12 douzaines de balles...