Le directeur général des Sénateurs Pierre Dorion a payé le gros prix pour acquérir les services de Matt Duchene.

Acheteur et vendeur en même temps?

CHRONIQUE / On ne peut pas reprocher à Pierre Dorion d’avoir misé sur Matt Duchene.

Enfin, on peut lui reprocher certaines choses.

Il a probablement surévalué son équipe, à l’automne 2017. Ce fut sa première – et, possiblement, sa plus grosse – erreur à titre de directeur général.

Et Dorion a sans doute payé un peu trop cher pour acquérir un joueur que l’Avalanche du Colorado cherchait à échanger depuis très longtemps. C’est une deuxième erreur, qu’on peut facilement attribuer à l’enthousiasme débordant d’un jeune dirigeant ambitieux.

Si le passage de Duchene avec les Sénateurs fut bref, on pourra au moins reconnaître que le joueur a fait ce qu’on lui a demandé. Il s’est investi jusqu’à la toute dernière minute.

Dorion n’a pas trouvé les bons arguments pour le convaincre que l’avenir est rose à Ottawa. Faudra un jour qu’il nous explique pourquoi.

En attendant, on ne va pas le crucifier d’avoir voulu donner à son équipe un centre de première qualité.

On ne va pas le crucifier, pour autant que toute cette histoire lui serve. Il est un peu plus vieux et un peu plus expérimenté, maintenant. Il doit désormais prouver qu’il est plus sage. Sa façon d’attaquer les prochains jours nous en dira long sur sa capacité à bien mener la barque des Sénateurs dans les prochaines années.

C’est simple. L’avenir des Sénateurs se joue maintenant. Dorion n’a tout simplement plus le droit de se tromper.

Le petit comité qui supervise les opérations hockey, au Centre Canadian Tire, a eu le temps d’étudier plusieurs différents scénarios, dans les dernières semaines.

Les gens des médias, les influenceurs et les gérants d’estrade ne manquent certainement pas de suggestions. On ne retrouve pas chaque année des attaquants du calibre de Duchene dans le pool des joueurs de location chaque année.

Dans tout ce qui a été dit, écrit ou tweeté dans les dernières semaines, on retient cette proposition, originale, qui nous provient d’un collaborateur pigiste méconnu de TSN.

Dans un billet publié sur le site du réseau sportif anglophone, on suggère à Dorion de jouer à la fois sur le terrain des acheteurs et sur celui des vendeurs, ce week-end.

On suggère bien entendu à Dorion de cibler des espoirs de premier plan. On lui conseille de faire le plein de choix au repêchage. Bâtir pour l’avenir. Appliquer une partie de la recette qui est bien éprouvée.

On lui propose simplement de ne pas se limiter à cela. Dans la LNH, une dizaine d’équipes ont moins de deux millions $ US d’espace pour respirer, sous le plafond salarial.

Les dirigeants de ces clubs seraient sans doute heureux de gagner un peu de marge de manoeuvre en se défaisant de quelques contrats qui sont un peu trop lourds à leur goût.

Ce n’est pas une idée complètement nouvelle. Les Coyotes de l’Arizona ont emprunté une stratégie similaire, quand ils ont absorbé les contrats des retraités Pavel Datsyuk et Marian Hossa.

On parle cette fois de faire l’acquisition de joueurs qui sont toujours actifs. Qui sont capables de se défendre sur une patinoire. Mais qui gagnent un peu trop d’argent au goût de leurs patrons actuels.

Si Dorion se montre accommodant en soulageant un de ses homologues du fardeau d’un mauvais contrat, il pourrait être récompensé. Il pourrait peut-être obtenir un choix de repêchage plus élevé. Un espoir de meilleure qualité.

Tout se négocie, dans la vie.

Le problème, avec les théories des gérants d’estrade, c’est qu’elles fonctionnent parfois mieux sur papier que dans la vraie vie.

Celle-là vaut quand même la peine d’être testée.