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Sylvain St-Laurent

Tout le monde vieillit

CHRONIQUE / Chris Therrien, l’ancien défenseur devenu commentateur, parlait vendredi matin d’un « transfert des pouvoirs » à Philadelphie. Il dit que le rôle de Claude Giroux se transforme, chez les Flyers. Le Magicien franco-ontarien est en voie de remettre le flambeau à la prochaine génération. Et il accepterait cette réalité avec beaucoup de grâce.

Ça m’a quand même un peu surpris.

Le temps n’a pas le même effet sur tout le monde. Giroux a encore l’air d’un jeune premier. Il ne fait pas ses – presque – 32 ans.

J’ai pris le temps d’en jaser avec des amis qui gravitent dans l’entourage des Flyers. Ça m’a permis de recevoir un différent son de cloche.

Ces gens-là m’ont suggéré de ne pas trop me fier au classement des meilleurs marqueurs. Giroux demeure le général à l’attaque de son club.

Giroux a pris le temps de bavarder avec les journalistes francophones, après l’entraînement matinal d’avant-match. Le sujet est arrivé sur le tapis. En jasant avec lui, on comprend que la vérité se trouve à quelque part entre les deux.

« Quand j’étais plus jeune, il y a quelques années... Si tu m’avais parlé d’une production de 13 points à mes 19 premières parties, j’aurais été déçu », a-t-il admis d’emblée.

« Maintenant, je comprends que si tu joues bien défensivement, si tu fais les bonnes chances sur la glace, tu n’auras peut-être pas autant de points. Mais ton équipe va mieux jouer. »

Giroux parle donc avec sagesse. Ça nous rappelle que le temps passe.

« En même temps, je dis ça... C’est évident que, plus tu fais de points, plus ton équipe a de chances de gagner. »

Giroux s’assagit, donc. Il s’assagit, mais son ADN ne change pas.

La vérité, je vous dis, se situe quelque part au milieu.

« L’idée, dit-il, c’est de trouver le parfait équilibre, entre les deux. »

***

Giroux mûrit, c’est évident. Son nouvel entraîneur, Alain Vigneault, nous en a parlé, un peu plus tard, dans la matinée. Il a fait état d’une conversation déterminante, l’été dernier.

Dans cette franche discussion, le joueur a commencé à parler de l’héritage qu’il aimerait laisser aux amateurs de sports de Philadelphie.

On a cousu le « C » sur ses chandails en 2013. Depuis, les Flyers ont participé aux séries éliminatoires à trois occasions. Ils n’ont jamais franchi la première ronde.

Il ne voudrait pas qu’on se souvienne de lui comme d’un type franchement doué, qui n’a jamais été capable de mener son équipe nulle part.

La réflexion de Giroux n’a pas commencé dans la dernière année. On me dit que les signes de maturité ont commencé à se manifester durant le règne de l’entraîneur précédent.

Au début du camp d’entraînement de 2017, Dave Hakstol avait eu l’idée de transférer son centre numéro un à l’aile droite. Il avait pris cette décision dans le but de le jumeler à son autre vedette francophone, Sean Couturier.

Un joueur en manque de maturité aurait pu très mal réagir. En tout cas, c’est ce qu’on me dit.

Giroux n’en a jamais fait de cas. Devant les médias, il a fait tout ce qu’il fallait.

Les statistiques racontent le reste de l’histoire.

En 2017-18, Giroux a franchi le plateau des 30 buts pour la première – et la seule – fois de sa carrière. Il a connu sa première – sa seule – saison de 100 points. Il a figuré au quatrième rang du scrutin du trophée Hart.

Il a, en somme, connu la meilleure saison de sa carrière.

On peut s’attendre à ce que l’épanouissement de Giroux se poursuive.

Il est devenu père pour la toute première fois, à la fin de l’été. « C’est le fun », dit-il, en nous parlant de son héritier, un garçon prénommé Gavin.

Depuis bientôt trois mois, il découvre ce que tous les autres papas hockeyeurs ont découvert avant lui. « Quand je rentre à la maison après un voyage de trois jours, je découvre un bébé différent. C’est fou comme il grandit vite. »

Le petit Gavin pousse le père à songer à plus long terme. « J’aimerais jouer assez longtemps pour qu’il se souvienne de moi. Il faudrait que je me rende jusqu’à 40 ans », a-t-il lancé.

Un collègue a glissé, de façon innocente, le nom de Jaromir Jagr dans la conversation. Le 68 n’a toujours pas accroché ses patins. Il fêtera ses 48 ans en février.

Giroux a souri.

« Je peux vous garantir que je ne me rendrai pas jusque-là. 

Sylvain St-Laurent

Enfin, l’année de McDavid ?

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Presque toutes les équipes de la Ligue nationale atteindront le plateau des 20 matches joués, d’ici la fin de la semaine.

C’est un plateau, 20 matches. Parce que ça nous donne un assez bel échantillon. Tous les matches qui ont été joués dans les six dernières semaines nous permettent de voir certaines tendances, tant sur le plan collectif qu’individuel.

À pareille date, l’an dernier, je m’étais amusé à identifier les candidats les plus méritants pour cinq prix prestigieux. Ma moyenne au bâton a été respectable. Deux des joueurs que j’avais identifiés en plein cœur de l’automne – Mark Giordano et Elias Pettersson – sont grimpés sur l’estrade du Mandalay Bay Events Center de Las Vegas, en juin, pour accepter leurs trophées.

On a donc décidé de refaire l’exercice, cette année. L’objectif n’est pas nécessairement de faire un meilleur score. On veut juste s’amuser. Faire circuler des idées. Lancer des conversations.


Trophée Hart : Connor McDavid

Chaque année, les journalistes de la presse écrite remplissent leurs bulletins de vote. Chaque année, quand les résultats sont connus, ils reçoivent une volée de bois vert en provenance d’Edmonton.

Les partisans des Oilers comprennent mal pourquoi McDavid n’a pas encore gravé son nom sur le trophée Hart.

Les journalistes leur répondent alors que le Hart est remis au joueur le plus utile à son équipe. Pour qu’un joueur le mérite, encore faut-il qu’il permette à son équipe d’obtenir certains résultats.

Si les Oilers restent bien installés au premier rang de la section Pacifique, le numéro 97 pourrait enfin gagner le trophée – individuel – le plus prestigieux. À moins qu’on le remette à son coéquipier Leon Draisaitl, qui le devance présentement au classement des marqueurs.

Deuxième choix : David Pastrnak, parce qu’il marque presque un but par match avec l’équipe la plus redoutable de toute la ligue.


Trophée Calder : Cale Makar

Il n’est pas facile de produire, à sa première saison dans la LNH. C’est encore plus compliqué pour un défenseur.

Ce que Makar fait, en ce moment, est tout simplement phénoménal. À 21 ans, le droitier albertain a récolté 17 points à ses 17 premières rencontres. Il dirige l’attaque massive de l’Avalanche du Colorado. Il alimente très bien les nombreux attaquants d’élite de l’équipe, durant les attaques massives.

Petite vérification. Au cours des 50 dernières années, deux défenseurs ont réussi à franchir le plateau des 70 points à leur première saison dans la ligue. Larry Murphy et Brian Leetch sont tous les deux au Temple de la renommée, aujourd’hui.

Deuxième choix : Thatcher Demko, parce qu’il présente un taux d’efficacité de 93,3 % devant le filet des Canucks.


Trophée Selke : Mark Stone

Il était notre chouchou à pareille date, l’an dernier, également. On se demandait alors si le fait d’évoluer dans un petit marché canadien nuisait à ses chances.

Le déménagement à Las Vegas l’a certainement aidé. Là-bas, il s’est fait connaître auprès des journalistes qui couvrent les clubs de l’Association Ouest.

Stone a finalement terminé au deuxième rang, du classement final. Il a reçu 42 votes de première position. Celui qui a finalement remporté le Selke, Ryan O’Reilly, a reçu 48 votes de première place.

L’ailier droit n’a certainement pas changé sa façon de travailler, cette saison. On remarque qu’il est l’attaquant le plus utilisé par l’entraîneur-chef Gerard Gallant, lorsqu’il se retrouve à court d’un homme. Et les Knights présentent un taux de réussite de 87,7 % en infériorité numérique.

Deuxième choix : Jean-Gabriel Pageau, parce qu’il continue de jouer son rôle de peste à merveille et qu’il a déjà marqué deux buts en infériorité numérique.


Trophée Norris : John Carlson

Il n’y a probablement pas de choix plus évident que celui-là, en ce moment. Le Norris ne doit pas être automatiquement remis au meilleur défenseur à caractère offensif. On ne peut cependant pas ignorer la domination de Carlson à ce chapitre, jusqu’ici.

Le quart-arrière des Capitals de Washington continue de s’améliorer, alors qu’il s’apprête à franchir le cap de la trentaine.

Il a récolté cinq points en deux parties, le week-end dernier. Il ne doit pas être si mauvais à l’autre bout de la patinoire, non plus. Il passe plus de 25 minutes par match sur la glace, au sein d’une formation qui se maintient dans la moyenne de la ligue, en ce qui a trait aux buts alloués.

Deuxième choix : Kristopher Letang, parce qu’il demeure diablement efficace quand il est en santé.


Trophée Vézina : Tuukka Rask

Plus tôt, cette saison, l’entraîneur-chef Bruce Cassidy parlait du départ canon des Bruins.

Selon lui, Rask y est pour quelque chose. Le gardien finlandais est rentré à Boston un peu plus tôt qu’à son habitude, à la fin de l’été, pour permettre à ses enfants de commencer l’école. Il en a lui-même profité pour se remettre à l’entraînement avec ses coéquipiers.

Les chiffres racontent le reste de l’histoire. Même s’il vient de subir ses deux premiers revers en temps réglementaire, sa moyenne de buts alloués demeure excellente, à 1,99.

Il n’a pas l’air trop épuisé d’avoir pris part à 24 matches de séries éliminatoires, l’an dernier.

Deuxième choix : Jordan Binnington, parce qu’il n’a pas l’air de porter le poids des séries sur ses épaules, non plus.

Sylvain St-Laurent

Monsieur Octobre

CHRONIQUE / Noel Hoefenmayer était vraiment fâché.

La séance d’entraînement des 67’s d’Ottawa avait officiellement pris fin, quelques minutes auparavant. Il traînait sur la patinoire de la Place TD pour travailler sur son lancer frappé.

Rouge et Noir

Directeur général sous pression

CHRONIQUE / Rick Campbell a de la classe. Maintenant, on le sait. Le mot « classe » est probablement celui qui est ressorti le plus souvent, lundi, quand on voulait décrire l’entraîneur démissionnaire du Rouge et Noir d’Ottawa.

Campbell respecte suffisamment les partisans pour leur dire la vérité. Il quitte parce qu’il n’était plus capable de s’entendre avec son patron, le directeur général Marcel Desjardins.

Sylvain St-Laurent

Mille parties pour Getzlaf

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Le repêchage de 2003 occupe une place de choix dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey. On a rarement vu autant de joueurs de grand talent réunis au sein d’une seule cuvée.

Cette année-là, sur le parquet du Gaylord Entertainment Center de Nashville, personne ne pouvait vraiment se tromper durant la première ronde.

Sylvain St-Laurent

Au fond, les Sénateurs ont besoin de Pageau

CHRONIQUE / Un méchant défi attend les Sénateurs, samedi soir, à Boston. Les Bruins ont été l’équipe numéro un de la LNH en octobre. Et D.J. Smith n’a pas de mal à expliquer leurs succès.

« Leur séquence de succès dure depuis longtemps, constate-t-il. Quand tes meilleurs joueurs mènent la charge, chaque jour, les autres ont tendance à suivre. »

Ça m’a fait penser un peu à la situation délicate dans laquelle les patrons de Smith se trouvent, en ce qui a trait à l’avenir de Jean-Gabriel Pageau.

Je ne passe pas du coq à l’âne.

À la fin de l’été, je vous disais que Pageau se ferait peut-être pousser vers la porte. Qu’il pourrait devenir une victime du mouvement jeunesse.

Je pourrais être en train de changer d’idée.

On pourrait me dire que le virage de jeunesse aurait de meilleures probabilités de réussir si Pageau reste à Ottawa. Je pourrais me laisser convaincre.

Thomas Chabot, Brady Tkachuk, Logan Brown deviendront peut-être, un jour, les meilleurs qui « mèneront la charge, chaque jour », chez les Sénateurs.

En attendant, dans les prochaines années, ils ont besoin qu’on leur montre le chemin.

Pendant une bonne partie de la semaine, avec son différentiel de plus 11, Pageau a trôné au sommet de la LNH.

Il a retrouvé sa game, dit-on, dans la langue du hockey. Il a recommencé à jouer comme il jouait avant de se blesser, en septembre dernier.

Et il n’est pas satisfait.

« Il y a certains aspects de mon jeu que je veux toujours améliorer. Mais ça... C’est juste ma passion pour le hockey », disait-il, vendredi, au terme d’une longue semaine d’entraînement.

« Je veux gagner plus de mises en jeu. Il y a le forecheck, aussi. J’aimerais être encore plus tannant, sur le forecheck. Notre désavantage numérique peut être encore meilleur, c’est une question de petits détails. »

J’ai essayé de l’emmener à parler de son avenir. En vain.

« Je n’ai aucune idée de ce qui va m’arriver. J’essaie vraiment d’attaquer chaque journée de façon individuelle. Si je pense trop loin, ça va changer ma mentalité. Et ma mentalité, en ce moment, elle est bonne. »

Pageau pourrait avoir le goût d’aller voir ailleurs, comme son ami Mark Stone. Se joindre à une équipe qui peut gagner dès maintenant.

Pierre Dorion a l’avantage de pouvoir lui offrir, dès maintenant, une belle stabilité, sous la forme d’un contrat de plusieurs saisons. Quitte à payer un peu plus cher que la valeur du marché.

***

« Quand les meilleurs mènent la charge, chaque jour, les autres ont tendance à suivre », dit D.J. Smith à propos des Bruins.

L’entraîneur-chef de Boston, Bruce Cassidy, était de passage sur les ondes de TSN 1200, vendredi matin. Il a entre autres parlé des « morning skates », ces séances d’entraînement légères qui ont lieu en matinée, les jours des matches. Ils sont en voie d’extinction, à travers la ligue.

« Pas chez nous. Nous sommes chanceux. Nos gars aiment patiner », dit-il.

La conversation a bifurqué vers la profondeur. Parce qu’elle fait encore défaut, à Boston. Les Bruins sont l’équipe d’un seul trio... Plus un gardien. Tuukka Rask a encaissé seulement 10 buts en sept rencontres.

« Dans le passé, Tuukka avait tendance à connaître de lents départs. Cette année, il a fait les choses différemment. Il est arrivé à Boston assez tôt, pour permettre à ses enfants d’entrer à l’école. Il a donc recommencé à patiner avec ses coéquipiers un peu plus tôt. Dans le passé, il avait tendance à rester le plus longtemps possible chez lui. »

Il n’y a pas de secrets. Au hockey, le succès vient avec le travail. C’est peut-être pour cette raison, bien précise, que les Sénateurs feraient mieux de garder Pageau.

Sylvain St-Laurent

Une question d’honnêteté

CHRONIQUE / On peut reprocher beaucoup de choses à Bobby Ryan. Le type a sans doute des tas de défauts. Certains, bien visibles, ont fait rager ses entraîneurs au fil des ans.

On ne pourra toutefois jamais reprocher à Ryan d’agir en hypocrite.

Sylvain St-Laurent

L’effet Marleau, ça existe ?

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / La défaite subie dimanche soir, contre une des pires équipes de toute la Ligue nationale de hockey, n’a pas tout changé. Certains joueurs des Sharks de San Jose ont sans doute été blessés dans leur orgueil, mais ça s’oublie vite.

Les Sharks ont de l’expérience à revendre. Et du talent. Ils alignent au moins deux, sinon trois joueurs qui finiront par se retrouver au Temple de la renommée.

Sylvain St-Laurent

Ils devaient être plus compétitifs

CHRONIQUE / Quelqu’un a récemment essayé de me convaincre que les Sénateurs de 2019 sont encore pires que les Sénateurs de 1992.

Ses arguments, amusants, ont déclenché une conversation intéressante. Il est toujours amusant de s’amuser à refaire l’histoire.

Sylvain St-Laurent

Les choses ont changé

CHRONIQUE / Les Olympiques de Gatineau sont, en quelque sorte, les Canadiens de Montréal de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

On l’entendait souvent, celle-là, il y a quelques années.

Sylvain St-Laurent

C’est physique, pas mental

CHRONIQUE / Certains observateurs ont été surpris — et déçus — quand Maxime Lajoie a été retranché, au camp d’entraînement des Sénateurs.

Ces gens estimaient que le jeune défenseur franco-albertain avait suffisamment bien joué pour entreprendre la saison dans la Ligue nationale

Sylvain St-Laurent

Grand jour pour deux arbitres

CHRONIQUE / Il y a du bon monde, au sein de la confrérie des arbitres de la Ligue nationale de hockey.

Le juge de lignes gatinois Julien Fournier devait faire ses débuts officiels dans les majeures, en ce long week-end. Les gens qui sont responsables des affectations auraient pu l’envoyer n’importe où. On aurait pu le faire travailler à Philadelphie, où il s’est installé pour l’hiver. On aurait pu l’envoyer tout près, à New York, au New Jersey.

Sylvain St-Laurent

Les deux outils de Vitalii

CHRONIQUE / On m’a dit que Vitalii Abramov faisait presque pitié. Dans le vestiaire, après le match de jeudi, l’attaquant recrue des Sénateurs était entouré de journalistes. Il essayait, du mieux qu’il pouvait, de répondre aux questions. Avec son vocabulaire limité, il avait du mal à partager ses émotions.

Je n’étais pas là, personnellement. Je vous raconte la version des faits d’un collègue anglophone d’Ottawa qui ne le connaît pas encore très bien.

Sylvain St-Laurent

Melnyk a toujours un allié de taille

CHRONIQUE / Vous savez quoi ? Bill Daly n’a pas tout à fait tort.

Le bras droit de Gary Bettman s’est porté à la défense d’Eugene Melnyk, cette semaine. Une bien timide tape dans le dos, qui a pris la forme d’un texto envoyé au chroniqueur sportif Pierre LeBrun.

Daly a essentiellement dit que la LNH se sent « parfaitement à l’aise » avec le propriétaire actuel des Sénateurs.

Il dit aussi, et surtout, que M. Melnyk a été traité de manière « injuste » par les médias, récemment.

La première portion n’est pas trop étonnante. Daly — et Bettman — n’ont pas vraiment le choix de soutenir, en surface, les propriétaires de leurs 32 équipes.

La deuxième portion de son commentaire surprend un peu plus. Et c’est pour cette portion, justement, que j’ai tendance à penser un peu comme lui.

M. Melnyk a défrayé les manchettes plus souvent qu’à son tour, au cours des deux dernières années. De façon générale, il a été chanceux. La couverture médiatique de ses nombreux faux-pas a été très respectueuse, dans la région d’Ottawa. Certains d’entre vous diront que je suis biaisé, et ils auront sans doute raison, mais j’estime sincèrement que les journalistes d’ici ont fait leur travail de façon rigoureuse et professionnelle.

M. Melnyk a fait parler de lui dans d’autres villes, récemment. Et c’est précisément là qu’on a constaté des dérapages.

Un chroniqueur du New York Post a lancé le bal, la fin de semaine dernière. Il a profité du passage des Rangers à Kanata pour demander aux dirigeants de la LNH d’intervenir pour obliger le « ténébreux propriétaire » des Sénateurs à vendre son équipe.

The Ringer, un webzine américain qui s’intéresse aux sports ainsi qu’à la pop culture, en a rajouté une couche. Selon une de leurs scribes, dans toute l’Amérique du nord, c’est à Ottawa qu’on retrouve « le pire propriétaire d’un club sportif professionnel ».

Selon cette consœur, Eugene Melnyk serait encore pire que le proprio des Redskins de Washington, Dan Snyder.

Ce n’est pas une mince affirmation ! En début de semaine, ce Snyder a convoqué son entraîneur-chef à cinq heures du matin, au stade, pour le simple bonheur de lui annoncer qu’il était congédié.

Dans leurs papiers, les collègues américains présentent des arguments valables. Des choses dont nous avons déjà traité, abondamment, dans les pages de ce journal.

Le problème, c’est le reste. Tous les sujets que nous avons choisi d’ignorer. Pour toutes sortes de raisons, en fait. Parfois, des histoires abracadabrantes font surface au sujet de Melnyk. Ce sont des histoires dures à croire. Qui ne sont pas nécessairement fondées.

Quand il y a absence de preuve, le journaliste responsable s’abstient. Le reporter sans scrupule, celui qui cherche par tous les moyens à donner plus de punch à son histoire, n’a pas cette retenue. Il prend des risques inutiles. Il crée parfois des amalgames douteux. Il va parfois trop loin.

Bill Daly faisait peut-être référence à ce type de débordements, cette semaine, dans son échange de textos avec Pierre LeBrun.

Quand j’ai lu le texte relayé par The Ringer, je me suis demandé si quelqu’un se porterait à la défense d’Eugene Melnyk. Je me suis demandé, instantanément, s’il lui restait un allié, quelque part, qui serait prêt à aller au bâton, pour lui.

Eh bien, maintenant, on sait. On sait que M. Melnyk peut compter sur le soutien d’un allié. Et Bill Daly n’est pas n’importe qui. À certains égards, il a plus de poids que son patron Bettman, dans le petit monde du hockey.

Tout cela ne veut pas dire que la LNH est complètement satisfaite de ce qui se passe à Ottawa, ces temps-ci.

(On m’a quand même dit, récemment, que l’organisation des Sénateurs n’est pas celle qui donne le plus de maux de tête au commissaire. Mais ça, c’est une autre histoire.)

Ça veut simplement dire que M. Melnyk dispose d’une petite marge de manœuvre. Il n’est pas encore au bout de ses ressources.

Sylvain St-Laurent

Logan Brown doit gagner sa place

CHRONIQUE / C’est marrant, l’actualité. C’est une grande boucle dont on ne sort jamais. Les sujets qui font les manchettes finissent toujours par se répéter.

J’ai écouté le (très malhabile) agent de Logan Brown, la semaine dernière, sur les ondes de TSN 1200. Je l’ai bien entendu se plaindre du traitement injuste que subit son (très jeune) client.

Les Sénateurs, dit-il, ne font pas grand-chose pour l’aider à devenir un joueur de premier plan.

Je me disais que j’avais déjà entendu ça quelque part.

J’ai fouillé dans nos archives. Je n’ai pas eu trop de mal à trouver.

En septembre 1996, un jeune et fringant défenseur plein d’avenir était incapable de vivre avec une décision prise par la direction des Sénateurs. Le jeune homme en question, un bœuf de l’ouest nommé Chris Phillips, ne voulait rien savoir de retourner dans les rangs juniors. Il avait 18 ans et croyait qu’il n’avait plus rien à prouver dans une ligue d’ados.

« Je sais que je peux jouer dans la LNH et je veux y jouer dès cette année. Pour moi, une autre année dans les rangs mineurs est une perte de temps. Un pas en arrière bien plus qu’une source de développement », avait-il alors déclaré.

Ses agents, qui croyaient agir dans le meilleur intérêt de leur client, avaient même demandé une transaction.

Si seulement il avait tendu sa main, à ce moment-là. On aurait pu lire son avenir et lui dire qu’il finirait par passer l’essentiel de sa vie d’adulte à Ottawa. On aurait même pu lui parler du 18 février 2020 et de son chandail qu’on hisserait au plafond du Centre Canadian Tire.

On aurait même pu lui dire qu’il négocierait lui-même, sans l’aide d’un agent, son dernier contrat avec les Sénateurs.

Il en aurait fait, une tête.

Le but de cette chronique n’est pas de donner dans « l’agent bashing ». Au contraire. On les aime, les agents de joueurs. Ils jouent un rôle essentiel.

Mais les agents ne sont pas infaillibles. Et Andy Scott, le conseiller de Logan Brown fait fausse route à l’heure actuelle.

« Quand je me promène à Ottawa, ces jours-ci, je vois les panneaux publicitaires. Je lis le slogan de l’équipe : The Kids are Alright. Je me pose alors une question toute simple. Pourquoi ne pas donner une opportunité aux kids ? »

La réponse à la question de M. Scott est tout aussi simple. 

Qu’a fait votre client pour mériter son opportunité ?

M. Scott prétend qu’il n’a jamais vu une organisation aussi réfractaire, face à un joueur qu’elle a repêché très tôt.

Il voit les choses à l’envers.

Les Sénateurs ont déjà fait ce qu’ils avaient à faire, en juin 2016, quand ils ont conclu une transaction leur permettant de devancer leur sélection, en première ronde. Ce jour-là, ils ont envoyé un message clair. Selon eux, Brown avait le potentiel de devenir un centre numéro un dans la Ligue nationale.

À partir de ce moment-là, la pression s’est déplacée sur les larges épaules du jeune homme. C’est à lui de prouver qu’il est digne de cette confiance.

M. Scott s’amuse à numéroter les trios des Sénateurs. À son arrivée au camp, en 2018, Brown a constaté — avec surprise — qu’il se retrouvait au sein de la huitième unité.

L’agent devrait peut-être suggérer à son client de ne pas trop perdre son temps à analyser la charte de profondeur. C’est sur la patinoire qu’on gravit les échelons.

Les bons centres numéro un de la LNH ont un point en commun. Ils rendent leurs partenaires de trio meilleurs.

Brown n’a même pas une saison complète derrière la cravate. Il a joué seulement 56 matches, l’an dernier, parce qu’il a été blessé. En fin de saison, quand son club cherchait à se qualifier pour les séries, il a été limité à deux points en six parties.

Cette saison, il dirige le trio numéro un, à Belleville. Ses ailiers sont Jack Rodewald et Nick Paul, deux joueurs de fort calibre. Lors du match inaugural, samedi, il a été blanchi. Il a tout à prouver.

Sylvain St-Laurent

La French Mafia s’accroche

CHRONIQUE / Il était environ 8 h 30, mercredi matin. Dans le gymnase de l’école primaire de la Forêt, dans le secteur Aylmer, on attendait impatiemment l’arrivée des visiteurs.

Trois membres de la French Mafia du Rouge et Noir d’Ottawa devaient s’adresser aux élèves de quatrième, cinquième et sixième année.

Sylvain St-Laurent

Mémoire longue

CHRONIQUE / Ça me trottait dans la tête depuis le mois de mai. Le jour de son embauche, D.J. Smith répondait à une série de questions des journalistes. Quand on lui avait demandé d’identifier l’entraîneur qui avait eu le plus impact, sur lui, il avait nommé Paul Gillis.

Gillis. Les « vieux » amateurs de hockey vont sans doute se souvenir de lui.

Sylvain St-Laurent

Scott Sabourin, le protecteur

CHRONIQUE / Max Domi avait bien raison, dans un sens, de se lamenter alors qu’on l’escortait jusqu’au banc des pénalités. Il n’a jamais eu la chance de se défendre, dans son combat contre Scott Sabourin, parce qu’il n’a jamais eu le temps de jeter les gants.

Il avait raison... jusqu’à un certain point.

Sylvain St-Laurent

Le Vieux-Bob au temps de Bob

CHRONIQUE / Jean-François Plante m’avait prévenu. En tant que journaliste affecté à la couverture du hockey junior, au Droit, Jean-François a eu le bonheur d’établir un lien privilégié avec Bob Bissonnette. On peut même dire qu’ils étaient amis.

JF a donc fait partie des chanceux qui ont pu voir ROCKSTAR. Pis pas à peu près, le documentaire qui rend hommage à l’ancien hockeyeur devenu chanteur.

Sylvain St-Laurent

Pareil, mais différent

CHRONIQUE / Heureusement, la menace d’un nouveau conflit de travail paralysant les activités de la Ligue nationale de hockey aura duré quelques heures, à peine.

L’Association des joueurs a vraiment pris la bonne décision, en optant pour la paix et la stabilité jusqu’en 2022.

Sylvain St-Laurent

Juste une chance

CHRONIQUE / Une chance. Une toute petite chance. Émile Poirier ne demandait rien de plus, à l’approche de la nouvelle saison de hockey.

On dirait bien que les dieux du hockey l’ont finalement entendu.