Marc et Sylvain Gagnon discutent avec la patineuse Véronique Gagnon pendant la qualification nationale qui a eu lieu en fin de semaine dernière, au Centre Georges-Vézina.

Sylvain et Marc Gagnon, ensemble pour aider la relève en patinage courte piste

Chacun de leur côté, les frères Sylvain et Marc Gagnon ont connu des carrières très enviables en patinage de vitesse courte piste. Ils ont fait partie de l'élite internationale de leur sport, mais, en raison des cinq années qui les séparent, ils n'ont pratiquement pas eu la chance de partager la même scène. À leur grand bonheur, ils le font depuis maintenant un peu plus de deux ans à titre d'entraîneurs du Centre régional canadien d'entraînement de patinage de vitesse courte piste basé à Montréal.
Marc Gagnon trône au sommet des palmarès des athlètes olympiques canadiens. Sa feuille de route montre une récolte de cinq médailles dans trois Jeux olympiques consécutifs. Il a récolté le bronze au 1000 mètres en 1994 à Lillehammer, l'or au relais en 1998 à Nagano, ainsi que l'or au 500 m et au relais et le bronze au 1500m en 2002 à Salt Lake City. À cela s'ajoutent quatre championnats du monde entre 1993 et 1998.
Patineur de l'année au Canada en 1990, Sylvain Gagnon a obtenu l'argent au relais en 1992 à Albertville.
Sylvain et Marc Gagnon ont tous les deux mis un terme à leur carrière à l'âge de 27 ans. Aujourd'hui âgés respectivement de 46 et 41 ans, ils sont de nouveau réunis par le patin de vitesse.
«Dans nos carrières, nous avons patiné et fait quelques compétitions ensemble, mais ça ne s'est pas étalé sur plusieurs années, note Marc Gagnon. Sylvain est allé aux Jeux olympiques en 1992 alors que j'y suis allé pour la première fois en 1994. Entre les deux, nous nous sommes croisés au Championnat du monde, mais nous n'avons pas eu la chance d'aller aux Jeux olympiques ensemble. Notre seul championnat du monde a été extraordinaire puisque nous avons terminé premier et deuxième. Travailler ensemble, c'est un peu le rendez-vous olympique que nous avons manqué ensemble. Aujourd'hui, on redonne au sport et on le fait ensemble.»
Sylvain Gagnon a été le premier à se tourner vers le travail d'entraîneur. Lorsqu'il n'a pas été en mesure de trouver une place sur l'équipe canadienne pour les Jeux olympiques de 1998, il a immédiatement échangé ses patins d'athlète pour des patins d'entraîneur. Il a accepté de diriger les membres de l'équipe nationale qui n'allaient pas aux Olympiques pendant quelques mois. Il s'est ensuite associé au club Montréal International pendant trois ans, avant de prendre une pause de 15 ans que seul son frère est arrivé à briser. Quand l'offre est tombée, il y a un peu plus de deux ans, il était question d'un emploi à temps partiel, trois fois par semaine. Après un seul entraînement, il avait déjà retrouvé la passion et il travaille maintenant à temps plein.
De son côté, Marc Gagnon a délaissé le monde du patinage de vitesse pendant huit ans, après l'annonce de sa retraite. Après avoir refusé bien des offres, il s'est laissé tenter par celle de son bon ami Jonathan Guilmette et est devenu entraîneur à temps partiel au Montréal International. Son emploi du temps le lui permettait et l'idée de travailler avec Guilmette lui souriait.
Comme son frère, il a rapidement eu la piqûre. Il a vendu tous les commerces dont il avait fait l'acquisition et est devenu entraîneur-chef du Centre régional canadien d'entraînement en juin 2014. À cet endroit, il encadre principalement les meilleurs patineurs d'âge junior de l'est du Canada. Sa mission est de les développer en prévision du Championnat mondial junior et, à plus long terme, pour l'équipe nationale. Quelques athlètes un peu plus âgés travaillent aussi avec eux.
«Notre rêve était d'aller aux Jeux olympiques ensemble et je suis heureux de pouvoir redonner tout ce qu'on a avec Marc, note Sylvain Gagnon. Nous avons un peu la même mentalité face au sport. Même si j'ai arrêté pendant 15 ans, il y a de nouvelles idées, mais il en reste des vieilles qui sont encore bonnes et qui sont toujours d'actualité. L'ancien modèle de patinage de vitesse et le nouveau se ressemblent quand même. Nous mettons nos idées ensemble. On s'amuse ensemble et je le fais avec mon meilleur ami. C'est le fun de redonner aux jeunes. Ils sont réceptifs et ils aspirent à faire ce qu'on a fait.»
Évidemment, toute l'expérience acquise au fil des compétitions et des entraînements ne peut qu'aider Marc et Sylvain Gagnon dans la transmission de leur message. En revanche, ils sont aussi conscients qu'ils doivent effectuer un boulot de qualité et prendre soin des jeunes. Ils savent aussi qu'il n'existe pas qu'une route pour atteindre le sommet et qu'ils doivent montrer de l'ouverture et s'adapter à chaque individu.
Une pépinière
Respectivement natif de Dolbeau et Chicoutimi, Sylvain et Marc Gagnon se réjouissent en constatant que leur région natale représente encore une pépinière intéressante pour le patinage de vitesse courte piste au Canada. Et grâce à leur sport, ceux qui ont tous les deux fait leurs débuts sous les ordres de Justin Rochefort ont de temps en temps l'occasion de renouer connaissance avec les membres de leur famille et les amis qui demeurent toujours au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«C'est le fun de voir que la région continue d'être une région qui s'implique beaucoup dans le patinage de vitesse, mentionne Marc Gagnon. Des surfaces internationales capables d'accueillir d'importantes compétitions de patinage de vitesse, il n'y en a pas tant que ça au Québec. Voir qu'il y en a une ici (à Chicoutimi) et que les gens prennent soin de ce sport, ça fait plaisir.
«Au cours des 30 dernières années, la région a été une pépinière de talent. Il y a rarement une année où nous n'avons pas à notre centre des patineurs qui arrivent du Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'équipe nationale compte encore énormément de gens de la région et je crois que ça va se poursuivre dans l'avenir.»
De son côté, Sylvain Gagnon a rendu hommage à tous ceux qui permettent la tenue d'événements dans la région.
«Les bénévoles sont contents et fiers de pouvoir aider lors d'une compétition, souligne Sylvain Gagnon. Ça paraît dans l'ambiance globale. Tu sens que c'est comme une grosse famille.»
Forte délégation régionale à la Coupe du monde de patinage de vitesse
(Dave Ainsley) - Comme lors des deux premières épreuves de la saison, le mois dernier, les patineurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean occuperont une place importante sur l'équipe nationale de patinage de vitesse pour les deux étapes de la Coupe du monde en Asie.
Le quatuor féminin régional mené par Mariane St-Gelais et complété par Valérie Maltais, Kasandra Bradette et Marie-Ève Drolet sera intact alors qu'aucun changement a été apporté par les dirigeants de l'organisation canadienne. Samuel Girard, de Ferland-et-Boilleau, sera encore une fois le représentant régional. Une seule modification a été apportée. L'Ontarien Patrick Duffy prenda la place du Torontois William Preudhomme, ce qui était déjà prévu en début de saison.
La troisième Coupe du monde se déroulera du 9 au 11 décembre à Shanghaï, en Chine. La semaine suivante, le circuit s'arrêtera à Gangneung, en Corée du Sud, site des Jeux olympiques en 2018.