Sylvain Dubois veut amener la voix des régions à la Fédération de tennis de table du Québec

Dave Ainsley
Dave Ainsley
Le Quotidien
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a maintenant une voix au conseil d’administration de la Fédération de tennis de table du Québec. Le fondateur du Club des Titans du Séminaire, affilié depuis 2018, Sylvain Dubois, qui a posé sa candidature à un poste d’administrateur, l’a finalement obtenu.

La place s’est libérée en octobre et en vertu des statuts et règlements, les personnes intéressées provenant d’un club reconnu pouvaient soumettre leur candidature pour combler le poste jusqu’à la fin du mandat, en mai 2021. Mis au courant de l’opportunité, Sylvain Dubois a tenté sa chance et a été choisi par les membres du conseil d’administration. Très dynamique dans le développement de la discipline, le Saguenéen entend également amener à la table le point de vue des régions, ce qui semble selon lui très bien accueilli.

« Au tennis de table, c’est difficile de faire des gros tournois un peu partout au Québec. Si tu commences à traîner 40 tables de ping-pong, un moment donné, ça va coûter cher les compétitions. Tous les circuits provinciaux se retrouvent donc à Montréal », met-il en contexte d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

Cette situation ne veut pas dire que les régions ne sont pas en mesure d’accueillir des événements d’envergure, assure-t-il. L’an dernier, les membres de l’équipe du Québec Espoir de tennis sur table se sont déplacés au Séminaire le temps d’un camp d’entraînement. Sylvain Dubois rappelle également que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a été l’hôte de quelques compétitions d’importance, dont deux fois les Championnats provinciaux juniors, en 2016 à Alma et 2007 à Chicoutimi.

« Une affaire où les gens de la fédération sont intelligents, c’est qu’ils sont conscients que c’est un sport où il n’y a pas beaucoup d’athlètes et qu’ils ne peuvent mettre personne de côté. Ils ne peuvent pas dire “tant pis pour eux s’ils ne sont pas contents”. Le meilleur athlète, peut-être qu’il va venir du Saguenay ou du Bas-Saint-Laurent », fait valoir Sylvain Dubois qui sent cet appui des dirigeants. Le club chicoutimien possède des installations de calibre provincial et même national grâce à des équipements achetés à la fédération.

« C’est l’fun de s’impliquer quand tu vois ça et qu’ils en font pour toi. Tu te dis que tu vas t’impliquer pour amener tes idées et essayer de les développer. Si, un moment donné, on peut amener de gros athlètes de tennis de table ici, ça peut encourager du monde à venir voir et dire que c’est “hot” ce sport-là », pointe Sylvain Dubois au sujet de son désir d’ouvrir les horizons.

« Ce n’est pas un sport qui a beaucoup d’athlètes. Si on est capables que ça grossisse au Saguenay et en Abitibi parce qu’il y a la voix des régions et qu’on leur offre des facilités, tant mieux. Je veux que notre région soit reconnue autant que les autres en tennis de table, en plus qu’on a quelques joueurs qui progressent, c’est intéressant », enchaîne-t-il, soulignant l’entente locale avec le Club de tennis de table Saguenay et les responsables, Hugues Lapointe et Michel Guertin.

Deux ans après l’affiliation du Club des Titans au sein de la Fédération de tennis de table du Québec, son fondateur, Sylvain Dubois, se retrouve au conseil d’administration de l’organisation provinciale.

Fondé en 2017 sans trop de prétention, le Club des Titans progresse bien avec trois joueurs qui évoluent sur les circuits provinciaux, dont le fils de Sylvain Dubois, Olivier, qui est premier au Québec dans sa catégorie, 13 ans et moins. Benjamin Pruneau attire également l’attention chez les 16 ans et moins, grâce à son style particulier appelé « chopper », axé sur la défensive avec un effet inversé, ce qui est très populaire en Corée.

« Il n’y en a pas beaucoup au Québec de ce type de joueur. Je dirais qu’au Québec, il est dans les cinq meilleurs “choppers”. Il est le deuxième meilleur au Québec à mon avis », fait valoir Sylvain Dubois à propos de celui qui est 7e au classement provincial. Le trio est complété par Ryan Pedneault, qui se retrouve en 13e place chez les 14 ans et moins.

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DES INQUIÉTUDES POUR LES SPORTS INDIVIDUELS

Enseignant de français, Sylvain Dubois s’inquiète de l’arrêt des sports pour la motivation des jeunes athlètes de haut niveau, surtout dans les disciplines individuelles. « Garder la motivation, c’est le défi », annonce-t-il, se montrant tout de même optimiste pour la suite des choses au Club des Titans.

Comme le tennis de table n’est pas un programme sports-études, les activités du club se trouvent présentement sur pause, tout comme celles du club civil saguenéen. Selon les directives de la Fédération de tennis de table du Québec, seulement le jeu récréatif libre à deux est permis pour le moment. « Leur motivation, c’est qu’il y avait tout le temps des tournois à Montréal. C’était tripant, mais il n’y a plus rien présentement », expose Sylvain Dubois au sujet des jeunes inscrits au circuit provincial. Je ne vois pas quand on va pouvoir faire un tournoi de tennis de table à Montréal. »

Si ceux qui jouent de manière plus récréative vont continuer de le faire, il se pose plusieurs questions pour les athlètes de haut niveau. Après une aussi longue pause, est-ce qu’ils auront tous encore le feu sacré et seront encore prêts à faire les sacrifices ? À titre d’exemple, les meilleurs pongistes saguenéens se rendaient à Montréal au minimum deux fois par mois. « Quand ça va recommencer, est-ce qu’ils vont se dire qu’une fin de semaine sur deux, c’était beaucoup ? », se questionne Sylvain Dubois.

« J’ai l’impression que dans beaucoup de sports d’élite individuels, on va arriver dans des compétitions dans six mois et on va se dire “ah ouin, lui ne joue plus, et lui aussi”. Ça risque d’être ça dans plein de sports. Présentement, les gens sont un peu écoeurés et d’un autre côté, d’autres voient comment ils étaient chargés et se disent: “Je faisais juste ça du ping-pong, du patinage de vitesse ou du vélo de montagne”. Je n’ai pas de garantie, mais j’ai l’impression qu’on risque de perdre plein d’athlètes de haut niveau quand ça va recommencer dans 4-5 ou 6 mois », craint Sylvain Dubois, estimant que pour les sports collectifs, l’esprit de groupe fera une grande différence dans la rétention des joueurs.