En Australie, la Saguenéenne a pu constater qu'elle avait non seulement retrouvé son niveau de compétition, mais elle a même réussi à exécuter de nouvelles manoeuvres.

Surf des neiges: Océane Fillion prête à reprendre sa place

Tenue à l'écart de la compétition la saison dernière en raison d'une grave blessure à un genou, la Saguenéenne Océane Fillion est de retour en piste avec la ferme intention de poursuivre de plus belle sa progression en surf des neiges.
La spécialiste du slopestyle, qui célèbre son 19e anniversaire samedi, revient tout juste d'un camp d'entraînement de trois semaines en Australie où elle a pu constater qu'elle avait retrouvé toutes ses capacités.
«Mon genou était revenu à 100 %. C'était la première fois que je pouvais (surfer) sans y penser et même sans orthèse ni rien sur mon genou. C'était vraiment le fun!», explique celle qui a été opérée par suite d'une déchirure du ligament croisé antérieur. «C'est un beau retour sur neige, d'autant plus que les installations en Australie sont toujours parfaites. D'ailleurs, les équipes nationales des quatre coins du monde vont s'y entraîner.»
La jeune femme aurait pu prendre part à la première coupe du monde qui se tient en Nouvelle-Zélande en fin de semaine, mais elle a préféré faire preuve de sagesse. «Je trouvais que ça aurait été trop précipité et je ne pense pas que j'aurais été prête à me lancer sur un parcours de Coupe du monde trois semaines après mon retour (dans l'action)», fait-elle valoir en entrevue téléphonique.
«J'ai pu refaire du snow aux camps d'entraînement en avril et à Whistler (Colombie-Britannique) au début juillet. En avril, il fallait encore que je me retienne et je n'ai pas exécuté mes plus grosses manoeuvres. J'ai pratiqué d'autres habiletés. Et à Whistler, les conditions sont molles sur le glacier, mais ça a été bien, mais ce n'est rien de comparable avec ce qu'on a fait dans les dernières semaines», souligne-t-elle, visiblement heureuse de pouvoir s'éclater à nouveau sur les pentes et les rampes.
En Australie, la planchiste a non seulement retrouvé ses repères, elle estime avoir progressé. «Les camps printaniers m'ont permis de revenir au même niveau que j'étais avant de me blesser. Mais dans les dernières semaines, on a fait des entraînements sur de plus gros sauts et j'ai même réussi des trucs que je n'avais jamais faits. C'était vraiment le fun!»
La jeune femme songe à renouer avec la compétition en décembre. «Ma première compétition pourrait être une Coupe du monde de Big Air à Copper, au Colorado. Sinon, ma première compétition officielle en slopestyle devrait être en janvier, à Aspen au Colorado», avance-t-elle.
Comme ces deux disciplines sont maintenant inscrites aux Jeux olympiques, elle doit maintenant s'exercer dans les deux puisque les sélections en tiendront compte.
Évidemment, les Jeux de PyeongChang en février prochain ne faisaient pas partie de ses plans. La dynamique athlète vise plutôt les Jeux de 2022. «Pour les Jeux de PyeongChang, il aurait fallu que je fasse un top-10 ou un top-5 à la Coupe du monde de Nouvelle-Zélande en fin de semaine et ça aurait été impossible puisque je reviens à peine d'une blessure à un genou, explique-t-elle. J'ai toujours visé les Jeux de 2022, alors ce n'est pas une déception.»
Brevet perdu
Même si la talentueuse planchiste a conservé sa place sur le programme NextGen réservé aux meilleurs espoirs de Snowboard Canada, elle devra se trouver de nouveaux appuis financiers, car son absence de la compétition lui a fait perdre son brevet d'athlète (carding).
Un coup dur à encaisser, car elle croyait profiter de l'exemption qui s'applique aux athlètes blessés. «Je pensais vraiment être protégée, mais dans le contrat, cette clause s'applique seulement aux athlètes seniors. Et comme je fais partie du volet développement, je l'ai perdu. Ça fait une grosse différence parce qu'ils s'attendent à ce que je fasse les mêmes camps et compétitions que par le passé, et même plus, mais sans argent. Sur les équipes nationales et de développement, tout le monde a ce ''carding'', mais moi, je ne l'ai pas et il faut que je les suive», déplore celle qui en est à sa dernière session en sciences humaines au Cégep de Sainte-Foy.
Comme la période de janvier à mai sera le gros de sa saison, elle songe à repousser son entrée à l'université à l'automne. Durant les premiers mois de 2018, elle se concentrera à cumuler de bons résultats sur le circuit canadien et en Coupe du monde, même si dans ce dernier cas, elle en sera à ses premières compétitions, dans une nouvelle catégorie par surcroît (senior).  «L'un de mes objectifs sera de me tailler un poste sur l'équipe nationale pour la saison prochaine. J'ai perdu un an et je vais mettre les bouchées doubles cette année», de conclure celle qui, en mars 2016, avait remporté la médaille de bronze en Big Air aux Championnats du monde juniors de surf des neiges.