Mario Cantin a atteint le sommet de l’Everest.

Sur l’Everest avec Mélanie

Après une première tentative contrecarrée par une infection sévère à la gorge en 2011, le Jonquiérois d’origine Mario Cantin a finalement atteint le sommet de l’Everest qui culmine à 8848 mètres durant la nuit de lundi à mardi, heure du Québec.

« Cette nuit (lundi à mardi), alors que nous dormions tous paisiblement, Mario Cantin a accompli le défi qu’il s’était fixé il y a plusieurs années en rejoignant le plus haut sommet du monde ! », peut-on lire sur la page Facebook de la Fondation sur la pointe des pieds. « Cet homme qui nous inspire chaque année lors du Double défi des deux Mario nous démontre une fois de plus qu’il vaut la peine de rêver et de travailler pour atteindre ses buts. Bravo Mario ! »

Les membres du groupe dont fait partie le natif de Saguenay ont atteint le sommet entre 5 h 45 et 6 h 30 le matin du 22 mai, heure du Népal. Outre la satisfaction d’avoir atteint son objectif, ces instants magiques sur le « toit du monde » auront certainement été forts en émotion pour celui qui projette de gravir les sept plus hauts sommets du monde, un sur chaque continent. En effet, chaque fois qu’il atteint un sommet, il y dépose une photo de sa fille Mélanie, décédée tragiquement dans un accident de voiture le 3 décembre 2002. Un moment de communion à la mémoire de son ange partie trop tôt dont il espérait pouvoir chatouiller les orteils tout là-haut, mais aussi un rituel non négociable qui lui permet de vivre un moment d’introspection personnelle et spirituelle.

« Pour rebondir d’une situation, tu dois lui donner un sens. Chaque montagne que j’aborde, chaque préparation pour une expédition, ça me permet de cheminer et de donner un sens à ce qui s’est passé. C’est de loin la meilleure décision que j’ai prise. Ce n’est pas une course. Ça prendra le temps que ça prendra, mais je vais aller jusqu’au bout », avait confié Mario Cantin à la collègue Mélyssa Gagnon en entrevue téléphonique, peu avant son départ le 23 mars dernier, pour une aventure échelonnée sur 10 semaines.

Les sherpas sont la clé de la conquête de l’Everest. Mario Cantin pose ici en compagnie de l’un des guides qui ont permis au groupe de réussir l’ascension.
Malgré la distance, Mario Cantin a pu faire parvenir quelques photos de son quotidien durant sa progression vers le sommet de l’Everest. Ci-haut, un aperçu des provisions.

Le retour de l’Everest s’effectuera plus rapidement que la montée. L’ancien directeur régional Saguenay-Lac-Saint-Jean/Côte-Nord à la Banque Nationale aura certainement hâte de serrer dans ses bras sa conjointe, Dominique Santerre, et leurs deux fils, Anthony et Jean-Christophe. Il doit en principe être de retour au camp de base mercredi, d’où il pourra contacter sa famille.

Mario Cantin, qui vit maintenant dans la région de Montréal, où il œuvre comme vice-président régional de la Banque Nationale Laval/Rive-Nord, peut donc cocher un quatrième sommet sur la liste du challenge qui en compte sept. Il a réussi l’Aconcagua (Amérique du Sud), le McKinley ou Denali (Amérique du Nord), le Kilimandjaro (Afrique) et l’Everest (Asie). Il lui reste maintenant à gravir ceux de l’Elbrouz (Europe) — un projet qu’il souhaite réaliser en compagnie de son fils Anthony —, le massif Vinson (Antarctique) et le Puncak Jaya (Indonésie/Océanie). 

Sur sa page Facebook, son fils Anthony lui avait prédit, le 5 avril, qu’il serait en mesure d’atteindre son but à cette deuxième tentative. « Tu t’es entraîné de nombreuses heures pendant près de deux ans afin de pouvoir réussir cela et je suis persuadé que tu as tout ce qu’il faut pour pouvoir réussir cela. Cette fois-ci, c’est la bonne, tu vas être en mesure d’aller porter la photo de ma sœur au sommet et de pouvoir lui toucher les orteils comme tu l’espères à chaque fois. Le défi que tu t’es lancé il y a presque 15 ans de cela va bientôt dépasser la moitié de son accomplissement après cela. Je suis vraiment fier de toi, mon père, (et) pour la prochaine montagne tu ne seras pas seul, puisque que je serai en ta compagnie ! »

La progression vers le sommet de l’Everest n’est pas sans risque. Il faut aussi traverser des crevasses! Heureusement, les sherpas ont l’expérience du terrain, même si une montagne ne livre jamais tous ses secrets.
Le sommet de l'Everest culmine à 8848 mètres.