Edoardo Stochino est le champion de la 64e Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Stochino remporte la Traversée du lac Saint-Jean

Edoardo Stochino a remporté la 64e Traversée internationale du lac Saint-Jean, samedi, devançant de justesse le Québécois Xavier Desharnais et l’Allemand Alexander Studzinski au sprint final. Evegnij Pop Acev, membre du quatuor final, a terminé non loin du trio.
Edoardo Stochino a levé les bras au ciel après avoir touché la plaque en premier.

Stochino a nagé les 32 kilomètres entre Péribonka et Roberval en 7 h 10min52sec. L’Italien avait terminé septième l’an dernier, après une deuxième position en 2016 et 2013. Parfaitement à l’aise dans les eaux plus froides, l’athlète de 30 ans a profité de conditions avantageuses pour lui, même si le lac Saint-Jean s’est animé en milieu d’épreuve avec de fortes vagues et des orages. Heureusement, le temps est redevenu plus clément en fin de course.

« C’était très, très difficile et il y avait beaucoup de vagues dans le milieu du lac, a indiqué Edoardo Stochino. Je voulais rester à l’avant tout au long de la course, afin de contrôler la poussée des autres nageurs. Au final, j’ai poussé le plus fort que je pouvais et je me sentais fort. »

La Traversée internationale du lac Saint-Jean fait partie des coups de coeur de Stochino, qui devrait être présent l’an prochain pour défendre son titre durement acquis.

« Les gens de Roberval sont fantastiques, a-t-il louangé. C’est ma course préférée, en raison de la température de l’eau et pour les gens ici. Je pense que vais être de retour l’an prochain ! »

Chez les femmes, la compatriote de Stochino, Barbara Pozzobon, a devancé la Française Morgane Dornic.

« Je ne croyais pas trop à la victoire parce que je ne pensais même pas terminer la course », a avoué candidement Pozzobon, neuvième au classement général avec un temps de 7 h 35min20sec.

Xavier Desharnais a affiché sa satisfaction à son arrivée à Roberval
Xavier Desharnais a tout donné dans les derniers kilomètres.

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DESHARNAIS FINIT EN BEAUTÉ

Xavier Desharnais avait déjà annoncé qu’il s’agissait de sa dernière traversée, sa septième en carrière. Opéré à l’épaule en avril, le Sherbrookois a fait face à un certain découragement postopératoire.

« C’est vraiment une victoire personnelle, a partagé Xavier Desharnais. Je me suis arrêté en touchant à la plaque pour me recueillir un peu, parce que lorsqu’on y pense, il y a à peine quatre mois, je me faisais opérer. Je ne croyais même pas que j’allais être capable d’être ici. L’entraînement a été très difficile, très monotone. »

Quatrième l’an dernier, Desharnais a craint de devoir se contenter encore une fois d’une « médaille de bois ». Le dénouement a finalement été heureux, mais peut-être pas assez pour lui donner l’envie de revenir l’an prochain. « Je retiens mes émotions, mais je suis très content de finir sur cette note, a réagi Xavier Desharnais. Avant le départ, je me disais d’en profiter et de m’amuser, mais finalement, ce n’était pas amusant du tout ! »

Troisième à l’arrivée, Alexander Studzinski n’entendait pas à rire. L’Allemand a pris la poudre d’escampette en touchant le quai, visiblement frustré d’avoir échappé la victoire. Xavier Desharnais compatissait avec son adversaire.

« Je pense qu’il méritait la victoire, a-t-il noté. Je suis déçu pour lui, il a réussi à ramener l’avance qu’on avait perdue. Je n’en ai pas vraiment profité parce que j’étais plus à l’arrière, mais s’il n’avait pas été là, je n’aurais jamais sprinté comme ça. Il a ensuite enchaîné les attaques. Je suis content d’être deuxième et bravo à Stochino pour sa victoire, mais j’aurais vu Studzinski sur la plus haute marche du podium. »

Bertola souffre

Vainqueur l’an dernier, Guillermo Bertola a peiné dans l’eau du lac Saint-Jean, assez chaude pour interdire le port de la combinaison thermique, mais pas assez à son goût ! L’athlète a malgré tout terminé sixième, malgré une envie de tout lâcher.

« Je suis quand même surpris d’avoir terminé la course, parce que dans les deux dernières heures, je pensais à peut-être abandonner, a signalé l’Argentin. Je peux maintenant dire qu’une fois dans ma vie, je vais avoir terminé la Traversée du lac Saint-Jean sans combinaison thermique. »

« Les vagues, le froid, le vent, la pluie… Tout était contre moi, mais ça fait partie de la nage en eau libre, a ajouté Bertola. Tout était à mon avantage l’an dernier, mais c’était maintenant l’heure de payer. »

Le spécialiste en conditions plus clémentes avait le teint pâle à son arrivée à Roberval, à la limite de l’hypothermie. Malgré ses difficultés, il souhaite participer à la 65e Traversée du lac Saint-Jean, l’an prochain.

« Bien sûr, mais avec la combinaison thermique, a lancé en riant Guillermo Bertola. Sinon, je vais venir quand même parce que c’est une très bonne organisation. J’adore le Canada, j’adore la ville et j’adore les gens ici. C’est différent des autres courses et les gens me donnent tellement d’amour. Pour les nageurs, c’était très important et ça nous donne le goût de revenir. » 

Sabryna Lavoie

Sabryna Lavoie à la dure

Seule nageuse du Saguenay-Lac-Saint-Jean en lice, Sabryna Lavoie a pris la 18e position, cinquième chez les femmes. La menue nageuse de Saint-Bruno a été varlopée par les vagues, qui lui ont donné du fil à retordre.

« Le lac était chaud, mais les vagues m’ont un peu plus fatiguée que les autres années, a-t-elle a évoqué. J’aimais plus nager seule que d’essayer de suivre les autres et m’hypothéquer. Je suis un peu déçue du déroulement de la course, mais je suis quand même très contente d’avoir réussi à terminer la traversée. » Sabryna Lavoie se donne maintenant du temps avant de confirmer s’il s’agissait de sa dernière Traversée internationale du lac Saint-Jean.

La Place de la Traversée était remplie à pleine capacité.