Couronnée quatre fois championne canadienne et médaillée des Jeux panaméricains, la judoka native de Chicoutimi, Stéfanie Tremblay, prend sa retraite de la compétition pour se consacrer à ses études de maîtrise en physiologie fondamentale à l’Université Concordia.

Stéfanie Tremblay quitte la compétition

La judoka native de Chicoutimi, Stéfanie Tremblay, a annoncé qu’elle prenait sa retraite de la compétition afin de concentrer ses efforts dans ses études à la maîtrise en physiologie fondamentale à l’Université Concordia.

Faisant partie des fleurons du judo de la région, celle qui a fait ses classes au club Judoka Jonquière a pris part à ses derniers mondiaux en septembre, en participant aux Championnats du monde de judo de Bakou (Azerbaïdjan). Elle a pris le neuvième rang des moins de 63 kg, le meilleur classement de sa carrière aux Championnats du monde, et devait se classer parmi les sept premières pour espérer poursuivre sa route.

« Je devais me classer dans les sept premières pour demeurer dans l’équipe nationale et je ne pouvais pas complètement m’investir dans mes deux passions : le judo et mes études. La recherche universitaire, c’est très compétitif, alors si tu n’es pas à 100 % là-dedans, ce n’est pas facile de réussir », explique-t-elle dans un communiqué émis mardi.

La Chicoutimienne peut être fière du chemin parcouru. À son palmarès, on retrouve aussi des médailles d’argent (2015) et de bronze (2001) aux Jeux panaméricains, une médaille de bronze au Grand Prix de La Haye (2017) et quatre titres de championne canadienne, dont trois chez les seniors.

« J’étais rendue ailleurs et ma relation avec le sport avait un peu changé. Mon envie d’exceller et travailler très fort pour atteindre un objectif, c’est quelque chose que j’ai appris au judo que je mets en application dans mes études. »

Déjà bachelière en sciences de l’exercice (spécialité en thérapie du sport) à l’Université Concordia, elle poursuivra son parcours scolaire au doctorat dès janvier prochain en physique (spécialité en imagerie médicale), où elle se penchera sur la neurophysiologie.

Modèle

Jean-François Marceau, directeur général de Judo Québec, s’est dit impressionné de la discipline que l’on pouvait observer chez elle. « Pour ma part, c’était une athlète modèle par son attitude, son dévouement et le respect qu’elle démontrait à l’entraînement. Elle a aussi été membre du comité d’excellence de Judo Québec pendant quelques années. Elle a déjà été stagiaire en thérapie du sport à certains de nos tournois et j’espère qu’on va la revoir dans le milieu du judo ! »

Jumeler le sport et les études de haut niveau est la plus grande fierté de Stéfanie Tremblay. La déception d’avoir raté sa place dans l’équipe olympique canadienne des Jeux de Rio reste présente, mais elle n’est pas amère. « C’était l’objectif ultime, c’est certain. Je suis passée super proche, mais j’ai donné tout ce que je pouvais et je n’ai pas de regret ! »

À un an et demi de la fin du processus de sélection, Tremblay était passée de la catégorie des moins de 57 kg à celle des moins de 63 kg pour faciliter le maintien de son poids. Cela a toutefois eu comme conséquence qu’elle repartait à zéro au classement mondial face à de nouvelles adversaires. « Il y a eu une adaptation et je n’avais pas des tirages favorables. C’était un gros challenge et je suis vraiment contente d’avoir fait le choix de monter chez les 63 kg. Malgré le peu de temps que j’avais, j’ai pu me rendre loin dans le classement. »

La nouvelle retraitée, qui se dit en pleine santé, continuera de s’entraîner à l’occasion avec ses anciennes coéquipières de l’équipe nationale. « Ce qui me tient le plus à cœur, c’est d’aider les filles de l’équipe, qui sont pratiquement toutes mes meilleures amies, afin qu’elles soient les meilleures à leurs prochaines compétitions. J’y vais pour moi, mais aussi pour les aider, car je ne peux pas quitter ce monde. C’est impossible. »