Stan ‘‘The Man’’ Stasiak, de son véritable nom George Stipich, natif d’Arvida, a été intronisé au début du mois à l’aile Patrimoine du Temple de la renommée de la World Wrestling Entertainment.

Stan « The Man » Stasiak parmi les immortels de la lutte

Un fils d’Arvida est maintenant un immortel de la lutte professionnelle. Décédé en 1998, Stan « The Man » Stasiak, de son véritable nom George Stipich, a été intronisé au début du mois à l’aile Patrimoine du Temple de la renommée de la World Wrestling Entertainment (WWE).

George Stipich est non seulement né à Arvida, en 1937, mais y a également grandi, comme son père travaillait pour Alcan. Il était d’ailleurs un excellent joueur de hockey, mais doté d’une bonne charpente, il était également un grand fan de lutte. « Dans les années 70, [le lutteur]Leo Jonathan se rappelait que dans les années 50, Stasiak allait voir les programmes de lutte à Chicoutimi. Il aimait faire du trouble avec ses chums. C’est pour ça que les lutteurs le connaissaient. Il s’arrangeait toujours pour s’essayer parce qu’il était quand même gros et agile », relate le spécialiste de boxe Pat Laprade, qui a écrit un livre sur le sujet en 2013 en compagnie de Bertrand Hébert intitulé À la semaine prochaine, si Dieu le veut. Stan Stasiak occupe d’ailleurs quelques pages dans l’ouvrage. 

En 1958, à l’âge de 21 ans, George Stipich a débuté sa carrière de boxeur à Montréal, où il a appris tous les rouages de l’industrie. Il est ensuite parti en Ontario où il a commencé à utiliser le nom de Stan Stasiak. Il s’est par la suite fait connaître comme l’un des meilleurs de la discipline, notamment sur la côte ouest américaine. « Quand il est revenu plus à l’est, quelques années plus tard, il est revenu sous le nom de Stan Staziak. Ce n’est pas nécessairement tout le monde qui faisait le lien avec un gars né au Saguenay », raconte Pat Laprade qui est également analyste de lutte au réseau TVA Sports. 

Sa signature : le « heart punch »

Sa signature, sa prise de finition particulière, le « heart punch » ou coup de poing dans le coeur. « C’était une prise vraiment vendue comme diabolique et dangereuse. On se rappellera que dans les années 60, les gens y croyaient beaucoup plus. Ils ne savaient à quel point c’était scénarisé. On avait donc donné cette prise à Stasiak pour le rendre encore plus méchant et dangereux, pour qu’il soit encore plus détesté », mentionne Pat Laprade, ajoutant que Stan Stasiak a connu la gloire en 1973 en s’emparant du titre de la WWWF (World Wide Wrestling Federation), devenue ensuite la WWF et maintenant la WWE.

À cette époque, le titre appartenait à Pedro Morales depuis trois ans, mais sa popularité commençait à s’essouffler. Les dirigeants voulaient que la ceinture soit remportée par Bruno Sammartino, l’un des plus grands de l’histoire, qui est décédé mercredi dernier. « Vu que Pedro Morales et Bruno Sammartino étaient deux gentils, ils devaient donner le titre à un méchant pour qu’il se fasse ensuite battre par Sammartino », explique Pat Laprade, précisant que l’Arvidien faisait partie de l’écurie du grand patron Vince McMahon père, dont le fils a succédé et est toujours à la tête de l’organisation. 

« Quand tu veux passer d’un gentil à un autre gentil, un méchant doit d’abord gagner la ceinture et le choix a été Stan Stasiak », poursuit-il, précisant que neuf jours plus tard, le 10 décembre 1973, devant une salle comble au Madison Square Garden, Sammartino s’emparait de la ceinture. 

« C’était un bon méchant. Il arrivait à générer des réactions de la manière qu’il luttait et se comportait », renchérit Pat Laprade. 

Stan Stasiak a ensuite poursuivi sa carrière de 22 ans jusqu’en 1980, ce qui lui a permis de faire le tour du monde, se produisant notamment au Japon et en Australie. Il est décédé en 1997, à l’âge de 60 ans. « L’ironie, c’est qu’il est décédé d’une crise cardiaque, lui qui a utilisé comme prise de soumission un coup de poing au coeur », fait remarquer Pat Laprade. Son fils, Shawn Stasiak, a suivi ses traces pour devenir lutteur professionnel à la fin des années 90 et au début des années 2000.