Les eSports gagnent en popularité et la région s’illustre au niveau collégial. Les Gaillards du Cégep de Jonquière viennent de compléter leur troisième saison alors que les Couguars du Cégep de Chicoutimi se sont joints à la Ligue Cyber Espoirs à l’automne 2019.

Sports électroniques: les cégeps de la région excellent

Le phénomène des sports électroniques, ou eSports, prend de plus en plus d’ampleur et déjà, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait belle figure au niveau collégial. Les Couguars du Cégep de Chicoutimi ont remporté les grands honneurs du jeu Overwatch alors que les Gaillards du Cégep de Jonquière ont pris le 3e rang.

En grande finale, les Couguars ont eu le dessus sur les Volontaires du Cégep de Sherbrooke par la marque de 3 à 0. Pour sa part, Jonquière a battu l’Horizon du Collège Montmorency 3 à 2 dans la petite finale pour se sauver avec la troisième place. Les deux clochers de Saguenay s’étaient affrontés en demi-finale, à la faveur des Couguars, 2 à 0. Dans la division B, les Gaillards ont remporté le titre.

C’était la première saison du Cégep de Chicoutimi dans la Ligue Cyber Espoirs (LCE), laquelle existe pour une troisième saison. La LCE dispute deux saisons par année, une durant la session d’automne et une autre à l’hiver. De son côté, Jonquière est présent depuis les débuts, à l’automne 2018.

Le Cégep de Jonquière a aussi très bien fait au jeu Rocket League. Les Gaillards A ont eu le dessus contre les Gaillards B en 3e ronde et ont réussi à se frayer un chemin jusqu’en finale, où les Lynx du Cégep Édouard-Montpetit ont été sacrés champions de la saison 3, au terme d’un duel à sens unique de 4 à 0.

Plus que des nerds

Les joueurs de eSports souhaitent changer l’image qu’ont les gens d’eux. Le capitaine des Gaillards B du jeu Overwatch, Laurent Primard, explique que ce ne sont pas que des jeunes enfermés dans leur sous-sol.

En effet, les Gaillards pratiquent une fois par semaine, en plus de disputer une rencontre. Dans leurs pratiques, ils établissent des stratégies, apprennent à bien utiliser les différentes cartes et travaillent sur leurs lacunes. « Après nos matchs, on regarde ce qu’on a fait de bien et de mal et on doit faire un rapport à notre entraîneuse. Ensuite, elle nous fait travailler sur ce qu’on a besoin de pratiquer », raconte Laurent.

Ils font aussi du visionnement des autres équipes pour les aider. « Quand on n’a pas de match, on regarde les autres équipes pour analyser leurs faiblesses et leurs forces pour établir une stratégie. »

Bien que leurs activités tournent autour des jeux vidéo, ils ne sont pas inactifs pour autant. « On doit obligatoirement faire deux heures de sport par semaine. On utilise les jeux de réalité virtuelle, mais on a aussi d’autres activités en gymnase. »

Selon lui, l’activité physique est bénéfique pour exceller dans leur sport. « Bouger un peu, ça fait du bien, mais c’est surtout pour garder le mental à la bonne place. Ça nous fait sortir de notre monde. Même chez les équipes professionnelles, les joueurs doivent se maintenir en forme. Ça donne un peu plus d’énergie pour les matchs. »

L’esprit d’équipe est autant au rendez-vous que dans les autres disciplines. « Je ne serai plus là la saison prochaine, mais je vais continuer de garder le contact avec mon équipe. On a tissé des liens extrêmement solides. L’ambiance dans les locaux les jours de match est incroyable. On est vraiment comme une famille », avoue Laurent Primard.

Un sport en pleine croissance

Les sports électroniques gagnent du terrain avec les années. Selon Laurent Primard, la montée du Web au détriment de la télévision est un facteur important. « L’avenir passe par les sites Internet. Les jeunes ne regardent plus la télévision. À mon avis, les sports sont plus vers la télévision alors que les eSports sont plus adaptés pour la diffusion sur le Web et sont beaucoup plus accessibles. »

Un autre élément qui vient aider les sports électroniques est la diversité. « Il y a tellement de variété de jeux. Il y en a de sports, de guerre, des jeux de rôles et encore plus. Tout le monde peut trouver quelque chose qu’il aime , explique Laurent Primard, qui ne se voit pas faire ça de sa vie. J’y ai pensé comme tout le monde. Je ne sais pas si j’ai le calibre pour le faire et quand je regarde les meilleurs qui font juste ça de leur journée, je ne sais pas si je serais capable, mais c’est sûr qu’il y a un avenir là-dedans. »

Cet avenir, il le voit très grand pour son sport. « Je suis sûr qu’un jour, il y aura un côté eSports aux Jeux olympiques et ce sera populaire, peut-être même plus que les sports plus traditionnels. »