La championne paracycliste Shelley Gautier est de passage à Saguenay, dans le cadre des Championnats canadiens Route Global Relay, se teant du 21 au 24 juin prochains.

Shelley Gautier, la résiliente sur roues

Le Québec occupe une place particulière dans le coeur de la paracycliste ontarienne Shelley Gautier. Médaillée de bronze aux jeux paralympiques de Rio et championne du monde à douze reprises dans la catégorie T1, l’athlète de Niagara Falls est de passage à Saguenay dans le cadre des Championnats canadiens Route Global Relay se déroulant du 21 au 24 juin. La battante y coursera en deux occasions.

En 2001, la jeune femme, alors physiothérapeute, subit un accident de vélo de montagne la blessant à la tête, ce qui la plongera dans un coma pendant six semaines. Faisant fi des diagnostics les plus sombres, elle se réveillera hémiplégique (son côté droit étant paralysé), débordante du désir d’être active de nouveau. Impliquée dans sa propre rééducation en vertu de ses connaissances professionnelles, elle chevauche de nouveau un vélo un an plus tard.

Sa rencontre en 2007 avec Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, changera à jamais sa vie, et l’histoire du paracyclisme canadien.

Intriguée par ce drôle de bolide de course à trois roues qui lui est présenté, Shelley Gautier entrevoit la possibilité de se dépasser comme elle avait l’habitude de le faire auparavant. Elle ramène le tricycle en Ontario où elle ambitionne de compétitionner un jour. En partenariat avec Eric Van Den Eyden, elle s’entraîne sans relâche été comme hiver.

«Au départ, Eric marchait à ses côtés pendant qu’elle pédalait sur le tricycle. Quelques mois plus tard, elle filait à 20 km/h sur une distance de 12 kilomètres, respectant ainsi les standards de l’Équipe canadienne de paracyclisme », confie avec admiration Alan Greer, qui l’accompagne dans toutes ses compétitions et préside la fondation qu’elle a mise sur pied, dont la mission est de supporter les parasports.

Elle compétitionne une première fois la même année dans la province de Québec, au Défi sportif Altergo, qui favorise l’accessibilité aux sports des personnes ayant des limitations fonctionnelles. En 2008, elle devient membre de l’équipe canadienne. En 2009, elle remporte le contre-la-montre aux Championnats du monde, dans la catégorie T1 destinée aux athlètes ayant à la fois des limitations physiques et cérébrales. Elle domine le circuit depuis.

L’effet Saguenay
Rencontrés alors qu’elle achevait, sous une pluie diluvienne, son entraînement à St-David-de-Falardeau (où aura lieu le contre-la-montre jeudi), elle et son mentor Alan Greer n’en revenaient pas de la philosophie saguenéenne.

« Sans le Québec, sans Louis Barbeau, Shelley ne serait pas rendue où elle en est. Vous redonnez beaucoup, vous êtes tellement aidants. À preuve, au départ les championnats canadiens 2018 devaient se tenir à Kamloops (Colombie-Britannique), mais les bénévoles n’étaient pas au rendez-vous. Ici, à Saguenay, tout le monde met la main à la pâte avec enthousiasme », renchérissent Gautier et Greer, impatients de découvrir l’arrondissement La Baie, où aura lieu la course sur route vendredi.

La résilience et la persévérance de Shelley Gautier n’en sont étonnamment qu’à leurs balbutiements. L’athlète paralympique s’entraîne déjà pour les Jeux paralympiques de Tokyo, qui auront lieu en 2020.

Fidèle à ses racines (sa grand-mère est native de Montmagny) et à ceux qui l’ont aidé à s’épanouir en tant que para-athlète, sa fondation a récemment investi 40 000$ au Centre national de cyclisme de Bromont, appelé à devenir « l’un des plus spécialisés en paracyclisme en Amérique du Nord », selon ses dires.