Daniel Tremblay et Audrey Boily, des Industries Bofab de Chicoutimi, ont mis l'expertise de leur personnel au service du Jonquiérois Samuel Larouche, qui aspire à faire de la compétition de haut niveau en fauteuil roulant. À l'initiative de son oncle Pierre Girard (au centre), les employés ont conçu un rouleau d'entraînement personnel qui lui a été offert généreusement vendredi .

Samuel Larouche le battant

CHRONIQUE / On peut sortir un athlète d'une compétition, mais on ne peut pas sortir d'un athlète le goût de se surpasser. Et le Jonquiérois Samuel Larouche illustre fort bien cette attitude de battant.
Gymnaste accompli, le jeune homme de 23 ans est devenu tétraplégique en février 2014, à la suite d'une chute survenue durant un entraînement et où il s'est cassé des vertèbres du cou. Mais loin de s'apitoyer sur son sort, Samuel Larouche aspire plutôt à relever de nouveau défi, dont celui de faire des compétitions en fauteuil roulant. Vendredi, sa détermination a été récompensée de belle façon grâce aux Industries BoFab de Chicoutimi qui lui a fabriqué gracieusement un «rouleau» d'entraînement personnel! Il fallait voir la surprise qui s'est peinte sur son visage quand les coassociés de l'entreprise, Daniel Tremblay et Audrey Boily, lui ont annoncé qu'il n'aurait pas un sou à débourser. «Avoir mon rouleau à moi, c'est pas mal mieux», dit-il, heureux et soulagé de ce précieux cadeau. «Il savait que son oncle avait fait fabriquer un rouleau d'entraînement, mais il ne savait qu'il lui serait donné. Il s'inquiétait tout le temps pour savoir combien ça allait lui coûter, raconte sa mère Nancy Tremblay. «On lui disait que (l'entreprise) allait sans doute lui faire un bon prix», ajoute son père Yves Larouche, en riant.
Cet appareil d'entraînement a pu être réalisé à l'initiative de son oncle, Pierre Girard, employé chez BoFab. Ce dernier a eu vent que son neveu ne pouvait pas s'entraîner aussi souvent qu'il le voulait en raison du nombre limité de fauteuil de compétition et de rouleau disponible prêté par Parasport Québec à l'équipe d'athlétisme de l'Université du Québec à Chicoutimi.
«Il y a environ un mois, il m'a demandé combien ça coûterait d'en faire fabriquer un», raconte M. Girard qui s'est dit qu'il pourrait sans doute aider son neveu en lui fabriquant un rouleau d'entraînement expressément pour lui. Il en a donc glissé un mot à ses employeurs, Daniel Tremblay et Audrey Boily, qui ont tout de suite embarqué dans le projet. «C'est la première fois qu'on en faisait un. Il est spécial, unique et réglementaire», assure M. Girard.
L'équipe spécialisée dans la fabrication industrielle a travaillé à partir du modèle disponible à l'UQAC et a même bonifié l'appareil en ajoutant une montée pour lui permettre de s'installer plus facilement sur le rouleau. «Avec ça, il va pouvoir s'entraîner où il veut. Il va pouvoir l'emmener à la maison», souligne Pierre Girard, fier du boulot accompli par ses collègues et lui.
Le national et l'international
Compétiteur aguerri, Samuel Larouche souhaite se tailler une place au sein de l'équipe nationale d'Athlétisme Canada et il aimerait participer aux Jeux paralympiques. Son expérience en compétition reste à bâtir puisque son initiation à la course en fauteuil roulant s'est faite en décembre, sous la supervision de l'entraîneuse Anne-Marie Fortin.  
«Dans le fond, on a commencé à vraiment rouler en février, parce qu'avant cela, on n'avait pas encore nos fauteuils prêtés par Parasport. On s'entraînait à l'UQAC, mais un fauteuil de course sur la piste avec des gens qui courent, ça ne fait pas un bon  mélange. Quand il y a trop de monde, on fait du rouleau», explique-t-il..
«C'est sûr que j'ai des visées, mais j'en suis à ma première année. Cet été, il y a les Championnats canadiens et les Jeux du Canada et j'aimerais me qualifier pour ces deux événements. Ce sont les temps qui comptent pour se qualifier. Présentement, nous sommes à l'entraînement. Comme je n'ai pas encore fait de compétition, je ne sais pas du tout où je me situe. Mais en théorie, ça devrait fonctionner, à moins que je sois disqualifié, ce qui pourrait aussi arriver.»
En attendant de se mesurer avec d'autres athlètes, le Jonquiérois qui profite aussi des conseils de l'Ontarien Robert Babcock pour améliorer ses techniques.