Saint-Félicien: une centaine de voitures en Enfer

Une centaine de voitures ont participé à L’Enfer, samedi, à l’autodrome de Saint-Félicien, devant plus de 4000 spectateurs. Le but : franchir 150 tours de piste... en évitant les accidents et les bris de voiture, tout en maintenant le gaz bien au fond ! Francis Girard, d’Albanel, a remporté les grands honneurs dans la catégorie pro.

Une centaine de voitures suivent tranquillement le pick-up de sécurité en tête en attendant le départ. Oubliez les voitures de l’année, car ce sont plutôt des voitures usagées – la plupart bossées et avec les fenêtres cassées –, qui ont été vidées et renforcées pour assurer la sécurité des pilotes. Sur les portières et un peu partout sur la tôle, on retrouve des noms de commanditaires et un numéro de course peinturé rapidement. En voyant les bolides défiler, on peut voir que certains pilotes ont voulu oser d’originalité, en attachant un toutou sur le toit ou en ajoutant des décorations ou des peintures loufoques.

Dès que le départ est lancé, le bruit de la ferraille qui s’entrechoque vient s’ajouter au vacarme mené par les machines délestées de leur tuyau d’échappement. L’odeur de gaz se répand rapidement, tout comme la senteur de pneus brûlés. Après seulement quelques tours, les accidents majeurs commencent, et la foule se délecte en voyant les nombreux tête-à-queue et les carambolages. Les flammèches sont également légion, alors que la tôle froisse et que les parechocs décrochent des bolides. Une voiture qui a perdu une roue continue d’ailleurs à rouler pendant plusieurs tours, sur seulement trois roues, générant une traînée lumineuse constante.

Les débris et les voitures en panne sont de plus en plus nombreux sur la piste ; les conducteurs doivent les éviter habilement. Dès qu’une voiture rend l’âme, la camionnette de sécurité, dénommé Le Couche-tard, vole au secours du pilote coincé dans sa machine. Avec deux gyrophares sur le toit, la camionnette blanche et au parechoc rouge, qui porte un drapeau à damier, se stationne aux côtés de la voiture arrêtée. Le pilote en sort et saute dans la boîte de la camionnette pour aller se faire conduire en sécurité. Seul un coureur est sorti de son véhicule sans l’aide du Couche-tard… lorsque son véhicule a pris en feu !

Au centre de la piste, des équipes de mécaniciens sont aux aguets pour faire des réparations éclair au besoin. Mais oubliez la mécanique de pointe, car plusieurs réparations nécessitaient plutôt de grands coups de masse !

À peine, une vingtaine de voitures ont complété le parcours, alors que des feux d’artifice sont venus couronner les champions, quelques minutes après la fin de la course.

Gradins remplis

En entassant plus de 100 voitures sur une piste d’un demi-mille (0,8 km), on peut s’attendre à ce qu’il y ait de l’action à profusion. Et c’est exactement l’objectif de la course L’Enfer, qui dure un peu plus de deux heures. « C’est une course à terminer, mais plusieurs des pilotes n’y arrivent pas, parce que les voitures lâchent et qu’il y a beaucoup d’accidents », souligne Chantale Desrosiers, directrice adjointe de l’autodrome, qui s’est réjouie de l’achalandage, car l’événement affichait complet, avec plus de 4000 spectateurs. 

Malgré les risques d’accident, les pilotes amateurs sont nombreux à relever le défi. Un duo père-fils, Kevin et Carl Boily, s’était même lancé le défi de remporter L’Enfer. « J’ai toujours voulu faire de la course, et c’est mon père qui m’a conseillé de commencer par L’Enfer », a mentionné Kevin, 19 ans, qui a piloté une Toyota Camry 2000 pendant près de 60 tours avant de faire un accident.

Le paternel, Carl Boily, un pilote amateur, avait fait 130 des 150 tours à son premier Enfer, il y a deux ans, alors que sa transmission avait lâché. « Ça brasse en masse. J’ai pogné la piqûre », a souligné celui qui a, cette fois-ci, piloté une Buick Lesabre. 

La plupart des coureurs investissent entre 500 $ et 1000 $ dans leur véhicule, notamment pour construire une cage de sécurité à l’intérieur, et la très grande partie de ces frais sont couverts par différents commanditaires. 

Si la gent masculine domine derrière les volants, les femmes sont tout de même présentes, alors que quatre coureuses devaient prendre le départ, dont la Jonquiéroise Sandy Gill-Asselin. « C’est ma première expérience, souligne celle qui a déjà fait des courses de démolition. Mon père en faisait quand j’étais petite, et c’est un peu comme un rêve qu’il m’a transmis. » Malgré son désir de remporter l’épreuve, sa course s’est arrêtée après une douzaine de tours, après une collision dans un virage.

En plus de L’Enfer, des courses des classes locales ont aussi été présentées en début de soirée. 

Une autre course L’Enfer sera présentée le 31 août. De plus, l’autodrome de Saint-Félicien, qui en est à sa 44e saison, présentera des drags de rue, une course de la série Sportsman le 3 août, ainsi qu’une course de démolition, le 10 août, où le dernier coureur en piste remportera les grands honneurs. 

Dave Bradette, et Martin Dubois (à droite), 2 des trois copropriétaires de l’autodrome, accompagnés de Chantale Desrosiers, la directrice adjointe, lors des courses locales présentées en début de soirée.