Avec l’ajout d’un William Dufour et les seuls départs de Zachary Bouthillier et Ryan Smith, Yanick Jean s’est dit « emballé » par l’avenir de l’équipe.

Yanick Jean emballé pour l'avenir

Le dernier avant-midi avant la date limite des transactions dans la Ligue de hockey junior s’annonçait intense chez les Saguenéens de Chicoutimi. En l’espace de quelques minutes, William Dufour et un paquet de choix au repêchage s’amenaient des Huskies de Rouyn-Noranda, puis le gardien Zachary Bouthillier était échangé aux Sea Dogs de Saint-Jean.

En plus de William Dufour, les Sags ont obtenu un choix de première ronde en 2019 et en 2020, des choix de deuxième tour en 2020 et en 2021, en plus d’un choix de troisième ronde en 2021. En retour, Chicoutimi a envoyé à Rouyn-Noranda trois choix de première ronde (2019, 2020 et 2021) et un autre de deuxième ronde (2019).

Cette mégatransaction faisait suite à celle de Noah Dobson, qui a passé du Titan d’Acadie-Bathurst aux Huskies, quelques minutes plus tôt. 

Le défenseur étoile est devenu la propriété des Huskies contre des choix qui appartenaient au préalable à Chicoutimi et qui sont passés à Bathurst depuis, soit ceux de premier tour en 2019 et en 2020, en plus de la sélection de deuxième ronde en 2019. Le choix de première ronde en 2021 du Titan est également retourné en Acadie.

Dans le but de parler de résultat net et de résumer le tout, on pourrait écrire que Chicoutimi a mis la main sur William Dufour, deux choix de première ronde, deux choix de deuxième ronde et un choix de troisième tour, contre trois choix de première ronde et un autre de deuxième ronde, qui sont retournés à Bathurst.

D’autres clauses à venir

D’autres clauses vont venir compléter le pacte entre les Saguenéens et les Huskies, si bien qu’on pourrait attendre encore une autre année avant de connaître le produit final.

« Jusqu’à la toute fin, on a fait partie intégrante des discussions par rapport aux transactions, mais en aucun temps, le joueur ne nous a appartenu », a précisé le directeur général des Sags dans un point de presse. Il ne s’est toutefois pas mis la tête dans le sable en scandant que la transaction avec les Huskies était finale.

« On va se dire les vraies affaires et je ne cognerai pas sur la table en vous faisant croire n’importe quoi, a laissé tomber Jean. Oui, il y a des possibilités pour le futur, au même type que celle qui avait envoyé Olivier Galipeau à Bathurst. »

Rappelons qu’Olivier Galipeau a été acquis par les Saguenéens en 2016 en retour du défenseur David Noël et des choix de deuxième et troisième rondes.

« Pour nous, c’est énorme », a convenu Yanick Jean.

En William Dufour, les Sags ont obtenu celui qui a été sélectionné au sixième rang au total du dernier repêchage de la LHJMQ. Considérant qu’Hendrix Lapierre a été le tout premier choix et que Théo Rochette a été la septième sélection, les Chicoutimiens ont maintenant dans leur alignement trois des sept premiers espoirs réclamés en juin dernier.

Bouthillier à Saint-Jean

Peu de temps après l’échange impliquant les Huskies et le Titan, Yanick Jean a cédé le gardien Zachary Bouthillier aux Sea Dogs de Saint-Jean contre un choix de deuxième ronde en 2021 et une sélection de quatrième tour en 2021.

« On avait deux gardiens qui étaient prêts à être gardien numéro un, a affirmé Jean, en parlant de Bouthillier et d’Alexis Shank. Ils ont grandi ensemble et ce sont deux bons jeunes qui peuvent faire le travail. On a échangé Zachary parce qu’on a été capables d’aller chercher des choix au repêchage qui vont être importants pour nous. »

Avec l’ajout d’un William Dufour et les seuls départs de Bouthillier et de Ryan Smith, Yanick Jean s’est dit « emballé » par l’avenir de l’équipe.

« J’aime vraiment ce qu’on vit en ce moment et ce qu’on va vivre dans les prochains mois et prochaines années », a-t-il ajouté.

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WILLIAM DUFOUR, EN PAYS DE CONNAISSANCE

William Dufour débarque à Chicoutimi avec quelques points de repère qui vont lui permettre de bien s’adapter à sa nouvelle équipe. En plus de retrouver des joueurs qu’il connaît, des membres de sa famille habitent dans la région. 

Même si elle n’est pas née à Saguenay, la mère de William Dufour a des racines régionales, tandis que la conjointe de son père est native de la région, et que toute sa famille vit ici. De plus, Dufour retrouve des joueurs qu’il connaît bien, dont Hendrix Lapierre, Théo Rochette et Louis Crevier.

« Je suis très content, a annoncé l’attaquant format géant de 16 ans, rencontré avant son premier match avec sa nouvelle équipe. La relation avec les gars à Rouyn-Noranda était bonne et la chimie était incroyable, donc c’est sûr que je vais m’ennuyer d’eux, mais je ne jouais pas beaucoup. Je leur souhaite le meilleur, mais je suis content d’être ici, d’autant plus que je connais beaucoup de gars. »

William Dufour a pris part à 29 des 40 matchs des Huskies, depuis le début de la saison. L’ailier droit de 6’2’’ et 180 livres a obtenu cinq buts et trois passes dans un rôle secondaire. La situation devrait changer avec les Saguenéens, ce qui est loin de lui déplaire.

« Je suis content de pouvoir jouer davantage, mais je n’y pense pas trop et je vais voir comment ça va se dérouler », a-t-il tempéré, ajoutant qu’il s’attendait à être échangé depuis une dizaine de jours.

« J’ai eu un bon début de saison, malgré un bon temps de jeu limité, mais je sais que ça va s’améliorer ici et je suis convaincu que ça va bien aller. »

Avec les Huskies, William Dufour jouait les matchs locaux à l’aréna Iamgold, doté de la plus petite glace de la LHJMQ. À Chicoutimi, il retrouvera les dimensions olympiques de la patinoire du centre Georges-Vézina. Conscient qu’une période d’adaptation sera nécessaire, le nouveau venu est confiant de s’adapter rapidement.

« Ça va être différent, mais je suis convaincu que ça va bien aller, a avancé Dufour. Je suis un gros bonhomme avec de bonnes habiletés offensives. Je me qualifie comme un attaquant de puissance, je suis bon en échec avant et je termine mes mises en échec. Je suis également capable de la mettre dedans. »

Puisque le futur est maintenant pour les Huskies, William Dufour voit l’avenir d’un bon oeil dans l’uniforme des Saguenéens, qui comptent sur plusieurs jeunes patineurs.

« J’aurais aimé avoir la chance de gagner la coupe avec eux, mais ici, on va avoir une excellente équipe l’an prochain et dans les prochaines années, a-t-il analysé. On va pouvoir aspirer à la coupe, nous aussi. J’aime mieux avoir un rôle plus important en gagnant que de gagner en ne jouant pas beaucoup. »

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BOUTHILLIER REGARDE LE CÔTÉ POSITIF

Échangé à une équipe  (les Sea Dogs) qui cherche plus à se qualifier pour les séries éliminatoires qu’à obtenir une place en grande finale, Zachary Bouthillier préfère voir le verre à moitié plein face au nouveau défi qui l’attend.

L’espoir des Maple Leafs de Toronto a été convoqué dans le bureau de Yanick Jean, tôt dimanche matin, à quelques heures de la fin de la période des transactions, pour qu’on lui annonce la nouvelle. Les dernières rumeurs laissaient entendre qu’une équipe de haut de classement pourrait être tentée d’ajouter Bouthillier à son alignement, mais rien de concret ne s’est matérialisé.

« C’était un choc au début, mais je suis maintenant capable de voir le côté positif, a partagé le vétéran gardien, rencontré alors qu’il finissait de vider son casier. Ma carrière junior n’est pas finie et je vais seulement penser à la présente saison. Je m’en vais là-bas et je vais essayer de faire mon travail. »

Souvent impliqué dans une rotation avec Alexis Shank devant le filet, Zachary Bouthillier devrait voir passablement d’action avec les Sea Dogs. Surtout qu’ils ont échangé leur gardien numéro un, Alex D’Orio, au Drakkar de Baie-Comeau. Les monarques de la Ligue canadienne en 2016 se retrouvent présentement à quatre points d’une place en série, et l’objectif de Bouthillier est de les amener à bon port.

« C’est une belle opportunité de pouvoir jouer plus de matchs à Saint-Jean, a-t-il évalué. J’ai apprécié mon temps ici, mais je pense que pour mon développement et pour prendre de l’expérience, c’est mieux de me retrouver avec les Sea Dogs. C’est une équipe très jeune avec beaucoup de potentiel, mais c’est sûr que je vais avoir beaucoup de lancers contre moi. »

Avant de quitter vers le Nouveau-Brunswick, Zachary Bouthillier prenait le temps de saluer son monde, dont les membres de sa famille de pension, avec qui il se développe toujours des relations spéciales.

« J’ai seulement été une demi-saison avec eux et je me suis beaucoup attaché, a-t-il reconnu. Ils vont me manquer, mais ça fait partie de la business. »