Travailler sur les habiletés, le rôle de Xavier Boucher chez les Sags

Cette saison, Xavier Boucher s’est joint au personnel d’entraîneurs des Saguenéens. Son rôle : travailler sur les habiletés des joueurs.

Pour commencer, un entraîneur des habiletés, ça sert à quoi ? « Quand je jouais, ça n’existait pas vraiment. Ça ne fait pas si longtemps, donc ç’a évolué vraiment vite. Tout ce que j’apprends, c’est en regardant du hockey. J’en vois donc beaucoup, beaucoup. Tout ce que j’enseigne ou presque provient de ce que j’ai vu. On apprend des meilleurs. En regardant le hockey, c’est là que j’ai pu démystifier certains mouvements », raconte Xavier Boucher, rencontré mercredi après avoir travaillé près de 30 minutes avec le défenseur Gabriel Villeneuve.

Le rôle de l’entraîneur de 21 ans est complémentaire à celui des autres membres du personnel des Sags. Il s’attarde sur des éléments bien précis, que ce soit à la demande de l’entraîneur-chef Yanick Jean, des joueurs eux-mêmes ou de ses observations. « Pour moi, c’est d’aller corriger certains points dans un match , précise Xavier Boucher. C’est plein de petites affaires où je vais leur donner un petit plus. L’autre jour, on a marqué un but sur 2-3 choses qu’on avait travaillées beaucoup ! »

L’ancien capitaine des Estacades de Trois-Rivières dans le midget AAA, qui a disputé trois rencontres dans la LHJMQ avec les Cataractes de Shawinigan, rêve depuis longtemps de devenir entraîneur. Il a même commencé alors qu’il jouait dans le bantam comme entraîneur dans le pee-wee AAA. Au cours des dernières saisons, il était à la barre de l’équipe en plus d’être consultant pour la structure de développement de la Mauricie. Il fait partie de la quinzaine d’entraîneurs formés pour les habiletés par Hockey Québec. Il est également homme d’affaires, étant propriétaire de son entreprise, Camp Hockey DNA.

« Mon rêve de ti-cul, ce n’était pas de jouer dans la Ligue nationale, mais d’être entraîneur dans la Ligue nationale. J’étais donc vraiment allumé sur le sport. Devenir entraîneur après ma carrière, c’était naturel. Tomber dans les habiletés, c’était un peu un concours de circonstances, mais je me plais vraiment là-dedans », exprime l’entraîneur de 21 ans.

« J’ai tout le temps eu cette proximité d’âge », précise Xavier Boucher, convenant qu’il est aidé par sa barbe et sa voix rauque, qui le font paraître plus vieux.

« C’est sûr que c’est un défi, au début, avec des gars qui sont 2-3-4 ans plus jeunes que toi. En même temps, quand tu connais tes affaires, les gars vont te tester au début et une fois que tu as donné un bon truc, ils vont acheter ce que tu dis », assure celui qui travaille majoritairement individuellement avec les joueurs pendant des plages horaires qui ont été ajoutées aux heures régulières. Deux fois par semaine, il dirige également des séances de groupe, basées sur le collectif et le positionnement.

« Plus on est, plus on se concentre sur des choses qui ne sont pas propres aux joueurs. Par exemple, si on est six sur la glace et qu’on travaille sur les tirs et qu’il y en a un qui n’est pas rendu au même point que les autres. Ça va trop vite pour lui. On est mieux de l’avoir seul quand on peut aller à son rythme », de faire valoir Xavier Boucher, qui, sur une plus longue période pendant l’été, peut prendre plus le temps de revoir la technique et simplifier certains mouvements.

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LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DES JOUEURS

Xavier Boucher n’hésite pas à se servir des différentes technologies disponibles pour faire de l’enseignement. 

« Les jeunes, dont je fais partie, sont technologiques. Chaque jour, ils ont un iPhone ou un iPad dans les mains. J’aime beaucoup les filmer. Ensuite, j’ai une technologie qui me permet de faire des flèches ou des lignes. Ils peuvent se voir, ce qui leur permet de te croire encore plus. Ça fonctionne pour tous les âges, que ce soit un joueur junior ou un jeune de 6 ans », insiste l’entraîneur des habiletés des Sags. 

Par exemple, cette semaine, il avait préparé un exercice avec des lumières installées sur des obstacles. 

Le joueur devait faire ce qui lui était demandé en se dirigeant vers l’obstacle qui était allumé. 

« La game va de plus en plus vite. Les joueurs doivent avoir une bonne prise d’information. Ça me sert beaucoup à les faire réagir rapidement. Ça vient vraiment simuler un match. Des fois, on fait un exercice, mais c’est moins réaliste », d’expliquer Xavier Boucher, qui testera de nouveaux équipements pendant la période des Fêtes lors d’un camp dédié à l’intelligence et le sens du hockey à Trois-Rivières.

Développement à long terme

Les Saguenéens innovent avec la présence à temps plein d’un entraîneur des habiletés, tout comme les Voltigeurs de Drummondville. « Je ne sais pas si on est précurseurs, mais on y croit vraiment. On ne voulait pas avoir un gars qui vient une ou deux journées par mois et qui s’en va sans donner de suivi. On voulait quelqu’un qui pouvait assurer un suivi avec nos joueurs et ressortir des éléments techniques pendant les matchs qu’on joue », indique l’entraîneur-chef Yanick Jean, notant la synergie du nouveau-venu avec les joueurs. Il estime que les effets se feront sentir sur le développement à long terme. 

« On travaille tout le temps à l’évolution de notre ligue et de notre organisation. C’est quelque chose qu’on offre de plus aux joueurs pour pousser leur développement individuel », fait-il valoir.