Théo Rochette et Hendrix Lapierre se connaissaient déjà bien avant d’être tous deux repêchés par les Saguenéens de Chicoutimi, en première ronde du repêchage de la LHJMQ qui se déroulait à Shawinigan samedi.

Quand on mène une bonne vie

ANALYSE / Les dirigeants des Saguenéens de Chicoutimi mènent certainement une bonne vie. Après avoir gagné la loterie pour le premier choix à la fin du mois d’avril, voilà qu’ils ont réussi à réunir le duo d’attaquants Hendrix Lapierre et Théo Rochette, lors du repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), samedi, sans même devoir transiger.

« Je t’aurais regardé avec un grand sourire », a lancé Yanick Jean avec une mine qui trahissait sa satisfaction quand je lui ai demandé ce qu’il aurait pensé si je lui avais présenté ce scénario quelques minutes avant le repêchage.

Le choix d’Hendrix Lapierre était naturel pour les Saguenéens au premier rang, surtout que ses deux parents ont d’importantes racines au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Avant l’arrivée tardive de Théo Rochette sur la liste, l’attaquant de l’Intrépide de Gatineau était le meilleur espoir sans l’ombre d’un doute. Il était au sommet du classement de la Centrale de soutien au recrutement de la LHJMQ, en plus d’avoir été nommé joueur par excellence du Challenge Gatorade qui réunissait les meilleurs espoirs à Blainville-Boisbriand le mois dernier. À 15 ans, il a impressionné avec 57 points dans le midget AAA. Ses 40 passes illustrent ses talents de fabricant de jeux.

Un choix hypothétique
La sélection de Théo Rochette était toutefois beaucoup plus hypothétique pour les Saguenéens. De un, il était difficile pour les équipes de bien évaluer l’attaquant qui a passé les dernières années en Suisse, où son père Stéphane a connu une longue carrière d’arbitre. De deux, il était également hasardeux de faire des prédictions sur sa position sur la liste des autres équipes.

« On a regardé comme il faut la situation et on en a discuté. Pour Lapierre, on a été convaincus, pas seulement sur le joueur de hockey, mais sur le caractère et l’individu. Il a déjà le bleuet tatoué avec ses origines. Pour nous, c’était un “no-brainer” », a laissé savoir le grand manitou des Sags.

Transaction préparatoire
Plus tôt dans la semaine, Yanick Jean avait procédé à une transaction d’importance, mais en apparence sans grande conséquence quand il a cédé son 10e choix au total avec un choix de 2e ronde et une inversion d’année en troisième ronde pour obtenir le 7e choix des Screaming Eagles du Cap-Breton. Au final, c’est ce qui lui aura permis de mettre la main sur Théo Rochette, que plusieurs partisans désiraient avec le premier choix, même si bien peu l’ont réellement vu en action.

Si Théo Rochette a pu glisser jusqu’aux Saguenéens, c’est parce que les cinq autres équipes entre les deux choix de la formation chicoutimienne ont décidé de respecter leur liste. Le défenseur William Villeneuve a été la prise des Sea Dogs, suivi de l’attaquant Mavrik Bourque par les Cataractes de Shawinigan, un produit local devant une foule endiablée au centre Gervais Auto. Puis, les Islanders ont opté pour le défenseur Lukas Cormier, tandis que le Phoenix de Sherbrooke a pris un autre local, l’attaquant Patrick Guay. Finalement, les Huskies de Rouyn-Noranda ont laissé le champ libre aux Sags en choisissant l’attaquant du Séminaire-Saint-François, William Dufour.

Plan de match
« La décision de s’approcher de 10 à 7 a rapporté. Le plan de match a été respecté. Des fois, même si tu le respectes, tu n’as pas les résultats. En ce moment, on considère qu’on a les résultats en fonction de notre plan », a exprimé Yanick Jean qui a été convaincu par le jeune homme lors d’une rencontre avec lui vendredi. Il s’était préalablement informé auprès de ses nombreux contacts en Europe.

Avec son passé de l’autre côté de l’Atlantique, Théo Rochette devrait cadrer parfaitement sur la glace olympique du Centre Georges-Vézina.

« J’ai l’habitude d’évoluer sur une glace olympique. J’aime avoir de l’espace et je suis un fabricant de jeux », a-t-il laissé tomber après la première ronde, confirmant du même coup officiellement sa venue dans la LHJMQ.

« C’est le chemin vers la Ligue nationale. En Suisse, il n’y a pas le même nombre de recruteurs ni le même professionnalisme. Au Canada, ce sont les meilleurs juniors au monde et je veux me mesurer à eux », a-t-il annoncé, précisant que même en Suisse, il suivait les activités de la LHJMQ.

Même s’ils sont séparés par plusieurs milliers de kilomètres depuis quelques années, les deux joueurs se connaissent très bien. Dès leur jeune âge, dans le hockey mineur, ils ont été en compétition avant de porter le même uniforme pendant trois ans dans un programme de hockey AAA.

« Ça fait bizarre de se retrouver dix ans plus tard », a convenu Hendrix Lapierre, qui est d’ailleurs très mature pour son âge.