Le directeur gérant Marc Fortier.

Pas une tempête, un tsunami

Quand les Saguenéens de Chicoutimi ont échangé Charles Hudon, Sébastien Sylvestre et Thomas Gobeil, en janvier, ils savaient qu'ils se condamnaient à une fin de saison difficile. La réalité a cependant dépassé les prévisions.
«Je serais malhonnête de dire que nous sommes satisfaits de notre saison, a signalé le directeur gérant Marc Fortier, hier, pendant le passage des Saguenéens au Cercle de Presse du Saguenay. Nous avons vécu certaines déceptions. Nous nous étions rencontrés durant l'été pour établir un plan de match à court, moyen et long terme. Nous avions des décisions à prendre aux Fêtes et nous nous attendions à une tempête. Tu ne peux pas échanger des joueurs d'importance comme Hudon et Sylvestre sans avoir des répercussions sur le rendement de l'équipe. Nous nous attendions à une tempête, mais pas à un tsunami.
«Le tsunami a été provoqué par le départ de Hudon et Sylvestre, mais nous n'avions pas prévu que Laurent Dauphin, qui était le joueur le plus important de l'équipe, se blesse et soit absent pendant pratiquement toute la deuxième moitié de la saison. On ne s'attendait pas à ce que Domenic Graham manque un mois. Ce ne sont pas des excuses, mais plutôt des faits.»
Marc Fortier estime que la principale satisfaction qui peut être tirée de la dernière saison est la gestion des jeunes joueurs par l'entraîneur Patrice Bosch et ses adjoints. Il est convaincu que leur utilisation régulière représente un investissement important qui payera dans les prochaines années.
Patrice Bosch est lui aussi assuré que l'expérience acquise sera très bénéfique. Pour lui, voir des joueurs se vider sans obtenir des résultats et l'obligation de placer de jeunes joueurs dans des situations qui devraient normalement être confiées à des vétérans ont été les éléments les plus difficiles à vivre pendant les dernières semaines de la saison. En même temps, il a constaté que la perte de Laurent Dauphin a grandement dérangé le vestiaire de l'équipe.
Appelé à se tourner vers l'avenir, Marc Fortier a répondu que le mandat ne change pas et que les hommes de hockey resteront fidèles au plan établi. Tout en étant à l'écoute des gens, il ne peut se laisser diriger par l'humeur des gens. Il souhaite voir les Saguenéens trouver une place parmi les équipes du premier tiers de la LHJMQ à quelques reprises au cours des sept prochaines années. Il croit que les jeunes en place ont le potentiel pour atteindre cet objectif. Pour les aider, il prévoit ajouter quelques joueurs en mesure de les aider (lire l'échange de Charles Hudon, par exemple).
Évidemment, il a été question de la tentative infructueuse de Saguenay pour obtenir la Coupe Memorial, pendant le bilan de fin de saison des dirigeants des Saguenéens. À ce propos, Marc Fortier a mentionné qu'il n'aurait pas hésité à poser des gestes importants en retour de la chance de hisser une bannière au plafond du centre Georges-Vézina.
«Si nous avions eu la chance de l'avoir, nous aurions sauté dans le défi à pieds joints, a-t-il avancé. Il est évident qu'il y aurait eu un prix à payer. Mais si on me disait que j'ai la chance d'échanger mon équipe en retour de quelques années de misère et d'une bannière au plafond du centre Vézina, je choisis peut-être la bannière. Le but d'une équipe de hockey, c'est ça. C'est d'aller chercher une bague et une bannière pour que ton équipe soit immortalisée à jamais. Moi, je veux donner une bannière aux gens de la région. Il y a toujours un prix à payer et ce n'est souvent pas seulement l'équipe hôtesse qui se déshabille dans l'espoir de gagner. Mais quand ton équipe est celle qui accueille la coupe, tu as déjà une chance. Je suis convaincu que la sensation que les gens de Shawinigan ont vécue il y a deux ans les fait vibrer encore.»
À propos de la Coupe Memorial, Laval Ménard a mentionné que le comité à l'origine de la demande de Saguenay a un deuil à faire. Selon lui, la méthode actuelle de sélection ne donne pas une chance égale à une organisation comme celle des Saguenéens face aux Remparts de Québec. Il croit qu'il est peut-être temps d'adopter une formule différente.