Le gardien Marc Denis a participé à la Coupe Memorial en 1997, à Hull.

Marc Denis au Temple de la renommée

Marc Denis va ajouter un autre chapitre à une belle carrière, le 4 avril 2018. Le cogestionnaire des Saguenéens et un des plus grands gardiens de but de la concession chicoutimienne sera admis au Temple de la renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Il partagera cet honneur en compagnie de Vincent Lecavalier, Danny Groulx, Stéphane Quintal et Eric Taylor, ce dernier à titre posthume.

Le circuit Courteau en a fait l’annonce par voie de communiqué, lundi, en début de soirée. Joint par message texte alors qu’il s’apprêtait à analyser le match du Canadien à l’antenne du Réseau des sports, Marc Denis a pris le temps de rappeler l’auteur de ces lignes, à moins de 30 minutes du début de la rencontre.

Il a appris la nouvelle il y a quelques jours, par l’entremise du commissaire Gilles Courteau.

«Ç’a été un appel surprise de la part du commissaire, a reconnu celui qui a eu 40 ans en août. Évidemment, quand j’ai su les noms avec qui j’étais intronisé, c’était un honneur. Vincent (Lecavalier) et «Q»  (Stéphane Quintal) sont des gars que je connais bien. J’ai joué avec et contre Vincent et au niveau junior, je connais toute l’ampleur de la carrière de Danny (Groulx) et de l’impact d’un gars comme Eric Taylor. Quand ces moments-là arrivent, tu n’y penses pas trop. En fait, tu ne fais rien dans ta carrière en fonction qu’un événement comme ça se produise. C’est un accomplissement ultime, mais quand tu es concentré sur ta carrière, tu ne regardes pas aussi loin que ça. C’est un honneur et je ne m’en attendais pas. J’étais heureux et surpris. C’est drôle à dire dans mon cas, mais j’étais un peu sans mot.»

Né à Montréal, Marc Denis est devenu un véritable Bleuet d’adoption lorsque les Saguenéens l’ont sélectionné en quatrième ronde à l’encan midget en 1994. L’année suivante, il était un choix de première ronde de l’Avalanche du Colorado. En 2000, l’Avalanche l’envoyait aux Blue Jackets de Columbus, et c’est à cet endroit qu’il a passé la majorité de sa carrière dans la LNH. Ironie du sort, les Jackets étaient en visite au Centre Bell lundi soir. Marc Denis se trouvait entre les bancs des deux équipes, en tant qu’analyste à RDS, poste qu’il occupe depuis le début de la saison 2011-2012.

«Pour moi, c’est de saluer ce que j’ai fait durant ma carrière junior, où j’ai pris beaucoup de fierté et d’honneur à le faire, a poursuivi Denis. En même temps, ça valide un peu ce que je fais aujourd’hui, pas juste dans mon rôle de vulgarisateur, mais dans mon retour au Saguenay comme membre de l’équipe de gestionnaires des Saguenéens. Ça donne une petite motivation supplémentaire. Ça confirme que ce qu’on fait, on ne le fait pas en vain. Il y a des bonnes raisons de le faire.»

Son passage avec les Sags a été couronné de succès, mais sa saison 1996-1997 fut sans contredit la plus mémorable de toutes. Il conduit son équipe à la finale de la Coupe du Président, quelques mois après avoir représenté le Canada au Championnat mondial de hockey junior. Il rentre d’ailleurs à Chicoutimi avec la médaille d'or dans ses bagages. Lors de la même campagne, qui est sa dernière junior, Marc Denis remporte le trophée Jacques-Plante, donnée au gardien de but affichant la meilleure moyenne de buts alloués.

Doué non seulement sur la glace, mais également sur les bancs d’école, Denis a remporté le trophée Marcel-Robert en 1996. Cette récompense est octroyée au joueur-étudiant le plus méritant.

À la Coupe, mais...

La participation des Saguenéens au tournoi de la Coupe Memorial en tant que représentants de la LHJMQ, à Hull, en 1997, fait partie des faits marquants de la carrière de Marc Denis. Ce moment a une place importante dans sa boîte à souvenirs, mais le principal intéressé en conserve également des sentiments ambivalents.

«Mon début de carrière dans la LNH est un moment de fierté et en même temps, mon moment le plus amer est également mon plus grand moment, qui est d’avoir participé au tournoi de la Coupe Memorial, a partagé Marc Denis. On a compétitionné, mais on n’a malheureusement pas remporté de victoire et nous avons été éliminés du tournoi à la ronde. C’est également la dernière présence de l’organisation au tournoi de la Coupe Memorial. Disons que c’est un moment doux-amer.»

Avec toute l’humilité qu’on lui connaît, Marc Denis n’ose pas dire que cette intronisation peut avoir un rayonnement positif sur l’organisation des Saguenéens. Il est toutefois conscient que les sentiments d’appartenance et de fierté qui l’habitent face à l’équipe ne peuvent qu’être plus grands.

«Je ne tiendrai rien pour acquis et on ne prendra pas ça à la légère parce qu’il y a un titre de plus d’accroché, a-t-il laissé tomber. Du même souffle, j’en suis extrêmement fier. Je n’ai pas besoin de choisir de casquette et me demander à quel titre je suis honoré. J’ai passé ma carrière avec les Saguenéens et c’est sûr que ma représentativité pour l’équipe ne fait aucun doute.»

Marc Denis passe toujours beaucoup de temps dans la région. Propriétaire d’une maison, sa conjointe est originaire du Saguenay.

«Cette fierté, je sais qu’elle ne m’appartient pas juste à moi, je sais que c’est une famille au complet qui en est honorée», a-t-il conclu.

Marc Denis a représenté le Canada au Championnat mondial de hockey junior et à la Coupe du monde.

«Un gars de la gang»

Pour Yanick Jean, Marc Denis est l’exemple parfait d’un athlète respectueux, dévoué et reconnaissant envers ceux qui lui ont permis de connaître autant de succès. 

L’actuel entraîneur-chef des Saguenéens a été le coéquipier de Denis pendant deux saisons, entre 1994 et 1996. Joint lundi soir, il a rendu un bel hommage à celui qui est maintenant son collègue chez les Bleus.

«Ç’a été un grand ambassadeur pour les Saguenéens, mais aussi un très bon ambassadeur pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec, a affirmé Yanick Jean. Pour les Saguenéens, c’est gros. Il est devenu très important pour le milieu. Un club de hockey junior, c’est important pour un milieu. Si les Sags n’étaient pas ici, on n’aurait jamais eu la chance d’avoir Marc Denis dans notre milieu.»

Yanick Jean a fait remarquer que le nouveau nommé au Temple de la renommée de la LHJMQ a toujours cherché à redonner à la communauté régionale. «Il est aussi entier aujourd’hui que lorsqu’il jouait junior», a louangé Yanick Jean, tout en vantant les qualités de meneur de l’ancien cerbère.

«Marc a été un leader, c’était un gars de la gang. On entend souvent dire que les gardiens sont différents, mais personne qui voyait Marc dans la chambre ne pouvait remarquer que c’était le gardien. Il a toujours été proche de ses coéquipiers. Marc aurait pu être le capitaine d’une équipe de hockey.»

Marc Denis a signé avec le Canadien de Montréal en 2008.

1994

Choix de quatrième ronde des Saguenéens

1995 

Choix de première ronde (25e au total) de l’Avalanche du Colorado

1996 

Participe une première fois au Championnat mondial de hockey et y gagne l'or, remporte le trophée Marcel-Robert (joueur-étudiant dans la LHJMQ) et dispute un premier match dans la LNH, dans l’uniforme de l’Avalanche du Colorado

1997 

Remporte la médaille d'or au Championnat mondial de hockey junior à titre de gardien numéro un, est nommé gardien de but de l’année dans la Ligue canadienne de hockey et remporte le championnat des séries éliminatoires (Coupe Calder) dans la Ligue américaine avec les Bears de Hershey

2000 

Est échangé aux Blue Jackets de Columbus par l’Avalanche du Colorado

2004 

Remporte la médaille d’or avec le Canada à la Coupe du monde

2006 

Est échangé au Lightning de Tampa Bay par les Blue Jackets de Columbus

2008 

Signe avec le Canadien de Montréal en tant qu’agent libre

2010 

Retraite définitive du hockey

2011 

Commence à occuper le poste d’analyste des matchs du Canadien sur les ondes du Réseau des sports.

2015 

Commence à faire partie du groupe de gestionnaires des Saguenéens