Nicolas Roy, Kelly Klima et Antoine Marcoux ont écouté les directives de Yanick Jean à l'entraînement de lundi.

L'importance des petits détails

Il est difficile de trouver plus grand contraste dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Après avoir disputé deux parties sur la très petite patinoire de l'aréna Iamgold de Rouyn-Noranda, les Saguenéens de Chicoutimi et les Huskies de Rouyn-Noranda se retrouveront sur l'impressionnante glace aux dimensions olympiques du Centre Georges-Vézina, mardi soir. Ils passeront d'une surface glacée de 190 X 85 pieds (certains ont des doutes sur ces dimensions) à un terrain de jeu de 200 X 100 pieds.
Selon Yanick Jean, il est évident que ce changement de décor aura une influence sur le genre de spectacle qui sera offert par les deux équipes. Mais il rappelle que certains ingrédients nécessaires au succès demeurent primordiaux, peu importe où est disputé un match de hockey. Ces ingrédients, il espère qu'ils feront partie du jeu de son équipe pour la troisième rencontre de la série.
« Tu dois avant tout gagner les bagarres individuelles, a fait remarquer l'entraîneur et directeur général des Saguenéens, lundi. Ça (la différence entre les deux patinoires) crée quelque chose de différent en termes de structure, mais à la base tu dois gagner des bagarres à un contre un. C'est tout le temps le désir et la détermination qui font en sorte que tu remportes ces bagarres. C'est vrai autant sur notre grande glace que sur la petite glace à Rouyn. Peu importe la structure que tu mets en place, si tu ne remportes pas tes bagarres à un contre un, tu n'auras pas de succès. »
Sans doute satisfait d'avoir vu son équipe enlever une victoire sur la patinoire des Huskies, une première en cinq ans, Yanick Jean a refusé d'avancer que les Saguenéens ont aujourd'hui un peu plus de chemin de fait que leurs rivaux dans cette série. Dans son esprit, les deux formations ont accompli le même travail jusqu'à présent puisque la série est égale à 1-1.
Il a également refusé d'accorder trop d'importance à la formule retenue pour le calendrier de cette série. Après deux matchs en Abitibi, les deux équipes s'affronteront trois fois au Centre Georges-Vézina. Si elles sont nécessaires, les deux dernières parties seront jouées au domicile des Huskies.
« Nous aimons jouer à la maison, a reconnu le pilote chicoutimien. Nous sommes en confiance à la maison. La foule est extraordinaire ici (au Centre Georges-Vézina), mais ça s'arrête là. On recommence. Nous avons joué de bons matchs contre Victoriaville en séries, mais c'est à recommencer toutes les fois. Pour moi, chaque match est un nouveau marathon. Mais la foule peut aider. Elle peut être intimidante. »
Ratelle efficace
Les Saguenéens lanceront dans la mêlée mardi soir une formation similaire à celle qui leur a permis de mettre un terme à leur longue série d'insuccès à Rouyn-Noranda, samedi. Joey Ratelle joue un rôle important dans ce casse-tête et il espère voir son équipe poursuivre sur sa lancée du dernier match.
Ratelle a été obtenu des Voltigeurs de Drummondville pendant la période des Fêtes en bonne partie en prévision des séries éliminatoires. Après six parties, il fait partie des meilleurs pointeurs du circuit en séries avec une récolte de quatre buts et cinq passes.
« Dans le premier match de la série, nous sommes sortis un peu lentement, a analysé l'attaquant de 20 ans. Nous n'avions pas joué depuis une semaine et demie et ça paraissait. Nous étions un peu plus lents à réagir et l'autre équipe a travaillé plus fort que nous. Samedi, ce fut complètement le contraire. Nous avons travaillé plus fort qu'eux et nous méritions la victoire. Nous avons appliqué le plan de match à la lettre et nous avons fini par être récompensés.
« Je ne pense pas que le passage d'une très petite glace à une grande glace fera une différence énorme. Nous sommes habitués à jouer sur la grande glace. Nous reviendrons au système de jeu que nous avons l'habitude de jouer à domicile. »
Ratelle poursuit les séries dans des conditions loin d'être idéales. La série contre Victoriaville a laissé des traces sur son visage et il a encore peine à respirer aisément. Pour corriger la situation, il devra subir une opération à la fin de la saison. Ce passage sous le bistouri occupe pour le moment une place bien secondaire dans la liste des priorités de celui qui connaît de bonnes séries.
« Je suis satisfait de mon jeu en séries jusqu'à maintenant, a noté l'ancien capitaine des Voltigeurs. Parce que je ne peux respirer que par une narine, je cherche un peu plus mon air quand je reviens au banc après une présence sur la glace, mais ça va quand même bien et, en général, je suis satisfait de mon jeu et de notre jeu collectif. »
Rubtsov opéré
Comme prévu, German Rubtsov a été opéré pour corriger une fracture à une main, lundi, à Philadelphie. Selon Yanick Jean, l'opération s'est bien déroulée.
L'entraîneur des Huskies, Gilles Bouchard, croit que son équipe se débrouillera bien sur la grande patinoire du centre Vézina.
« Il faut jouer de la bonne façon »
Dimensions de la patinoire et allure du calendrier de la série ne faisaient pas partie des préoccupations de Gilles Bouchard, lundi après-midi, quelques minutes après un entraînement tenu au Centre Georges-Vézina par les Huskies de Rouyn-Noranda. Pour la suite des choses, le pilote de la formation abitibienne espère avant tout voir ses joueurs travailler comme il leur demande de le faire.
« Je veux simplement que les gars jouent de la bonne façon, qu'on joue selon notre identité, a souligné le pilote des Huskies. Je veux qu'ils jouent comme du monde en unité de cinq. Nous n'étions pas sur la même page lors du dernier match. Quand on se retrouve avec quatre joueurs du même côté en sortie de zone, je ne suis pas certain que c'est la bonne façon.
« Nous ne sommes pas contents de la façon que nous sommes sortis dans le match de samedi, surtout de notre jeu en troisième période. Nous n'avons pas joué de la bonne façon. Nous avons laissé aller plein de petites choses, des petits détails importants, et Chicoutimi en a profité. Ce sera de même tout le long. Il y a une parité incroyable dans la ligue et nous savons que ce sera une grosse série. »
Ceci étant dit, Gilles Bouchard a tout de même été interrogé sur la poursuite de la série sur la grande glace du Centre Georges-Vézina. Sans aller jusqu'à dire qu'elle sera un avantage pour son équipe, il croit qu'elle pourra bien se débrouiller.
« Les Saguenéens sont plus habitués que nous et ça les avantage, mais nous avons quand même beaucoup de vitesse, a fait remarquer Gilles Bouchard. Nous avons plusieurs très bons patineurs. Des gars comme Philippe Myers et (Jérémy) Lauzon patinent très bien. (Gabriel) Fontaine et (Alexandre) Fortin sont deux des meilleurs patineurs de la ligue. Je ne dis pas que nous sommes avantagés, mais nous avons la chance d'avoir de bons patineurs. »
Gilles Bouchard a aussi précisé que les Huskies présenteront une formation similaire à celle de samedi. Toujours sur la liste des blessés, Martin Dzierkals, Antoine Waked et Jacob Neveu ne seront pas en mesure de reprendre leur place.
Devant le filet, l'entraîneur des Huskies poursuivra son système d'alternance en faisant appel à l'Almatois Samuel Harvey. Le pilote natif de Normandin a expliqué sa décision en rappelant que Harvey et Olivier Tremblay font bien le travail sous cette formule.
Harvey-Pinard à la maison
Tout comme Harvey et Tremblay, l'attaquant Rafaël Harvey-Pinard jouera devant parents et amis à Chicoutimi. Le Jonquiérois a effectué un retour au jeu en fin de semaine, après avoir raté deux mois en raison d'une blessure à une épaule.
« Tout va bien et je pense que mon épaule est rétablie à 100 pour cent, a indiqué l'ancien des Élites de Jonquière. J'ai quand même eu pas mal de temps de glace à mon retour au jeu. Pendant deux ou trois semaines, j'ai patiné avec intensité avec l'équipe à l'entraînement et j'étais prêt à revenir au jeu. »