Alexis Shank s'est ressaisi après avoir mal paru lors du troisième but du Drakkar.

Les Sags viennent à bout du Drakkar

Si les Sags et le Drakkar croisent le fer en séries éliminatoires, les Sags ont démontré jeudi soir, sur la glace du centre Georges-Vézina, qu’ils pouvaient tenir tête à leurs rivaux. Les Chicoutimiens ont arraché une deuxième victoire au Drakkar en neuf affrontements au compte de 4-3 grâce à un but du défenseur Jérémy Diotte dans la dernière minute de jeu.

L’entraîneur-chef Yanick Jean a du même coup surpassé le regretté Gaston Drapeau avec sa 441e victoire en carrière dans la LHJMQ. Il est maintenant seul au sixième rang de l’histoire. « Tu me l’apprends. J’ai beaucoup de respect pour Gaston. Quand tu gagnes la coupe (1994) avec un entraîneur, automatiquement tu as beaucoup de respect pour lui. J’ai une pensée pour lui », a-t-il laissé tomber à l’issue de cette victoire dans un « match baromètre » face à un adversaire potentiel au premier tour. Lors du dernier duel entre les deux clubs, le Drakkar n’avait fait qu’une bouchée des Chicoutimiens avec un gain par blanchissage 5-0 à Baie-Comeau.

On semblait se diriger vers du temps supplémentaire, mais avec 25 secondes à faire à la troisième, le lancer frappé de Jérémy Diotte a déjoué Alex D’Orio du côté de la mitaine même s’il n’y avait aucun trafic devant le gardien du Drakkar. Ce but vainqueur a mis un point d’exclamation à une nette domination des Sags au dernier engagement, comme en font foi les 14 tirs contre 5 en leur faveur au cours de la période. « C’est sûr que tu vas faire face à de l’adversité au cours d’un match contre une équipe comme ça. Il faut trouver des façons de rebâtir sans s’apitoyer sur notre sort, penser à la dernière erreur ou le dernier but qui vient de se marquer. On est revenus à la charge », de souligner le pilote des Bleus.

Les visiteurs ont contrôlé le rythme lors des premières minutes de la rencontre, s’inscrivant les premiers à la marque. Après avoir pris la rondelle dans son territoire, le défenseur Pascal Corbeil a décoché un tir vif qui a battu Alexis Shank du côté de la mitaine. Un autre défenseur, Jérémy Groleau, a répliqué avec un tir sur réception moins de 30 secondes après le but de Corbeil. Le Drakkar a repris les devants à la toute fin d’un avantage numérique, mais les locaux ont de nouveau créé l’égalité sur un autre tir sur réception, cette fois de la recrue William Dufour, son premier devant ses nouveaux partisans. L’attaquant de 16 ans a offert l’une de ses meilleures performance depuis son acquisition en janvier, terminant avec trois points et faisant sentir sa présence à plusieurs occasions pour terminer avec un différentiel de +2.

«Ce que j’ai aimé, c’est la manière qu’il a bougé ses pieds. Il n’était pas juste en attente. Il a été proactif, a mis de la pression et créé des revirements. C’est sûr qu’à 16 ans, tu as un cheminement à faire et tu es en mode apprentissage. On lui a montré quelques séquences avec l’adjoint Sébastien Dion simplement pour lui faire comprendre de bouger ses pieds, surtout au centre Georges-Vézina. C’est difficile pour un jeune d’arriver sur une grande glace. On doit travailler des choses avec lui, mais je pense que ce match va être bon pour sa confiance», de faire valoir Yanick Jean.

En début de deuxième engagement, après une chance en or de Vincent Lapalme d’inscrire son premier de la saison, le tir anodin de Gabriel Fortier a échappé à l’attention de Shank, passant entre ses deux jambières. Le gardien des Sags s’est ensuite fait pardonner avec quelques arrêts spectaculaires, notamment de la lors d’un avantage numérique des Nord-Côtiers. Son vis-à-vis Alex D’Orio a également participé au spectacle, frustrant William Dufour sur un tir sur réception à l’embouchure du filet. Théo Rochette est tout de même parvenu à venir à bout du gardien du Drakkar à la toute fin de la deuxième, saisissant un retour de l’enclave lors d’un avantage numérique pour ramener les deux équipes à égalité. La troisième a toutefois été tout à l’avantage des locaux qui ont été récompensés dans la dernière minute, infligeant seulement une deuxième défaite au Drakkar en neuf affrontements entre les deux équipes cette saison.

«Après leur troisième but, on a vu un geste d’équipe incroyable. Shank est arrivé au banc, il a dit aux gars ‘‘excusez-moi, c’est de ma faute, je vais me reprendre’’. Il est retourné devant son filet et a fait deux arrêts coup sur coup qui ont empêché de faire 4-2. C’est du leadership. Quand tu laisses ton égo à la porte, le respect que tes coéquipiers ont envers toi grandi et c’est de cette manière que tu deviens une meilleure équipe», de confier Yanick Jean.