Les Sags l’emportent in extremis contre Québec

Ce n’était pas toujours beau, mais les Saguenéens ont tout de même signé une quatrième victoire en cinq affrontements face à leurs rivaux des Remparts de Québec, au compte de 3-2 en prolongation au Centre Georges-Vézina.

Avec une égalité de 2-2 avec un peu plus de cinq minutes au cadran en troisième, les Sags ont obtenu une occasion en or de se sauver avec la rencontre avec un avantage numérique de cinq minutes, après une pénalité majeure à Philipp Kurashev pour avoir fait culbuter Jérémy Groleau. Les favoris de la foule n’ont toutefois rien cassé, n’obtenant qu’une chance de marquer sérieuse, et encore. Les Remparts ont de nouveau ouvert la porte en prolongation et cette fois, les Sags ont fait mouche, sur un plomb d’Artemi Kniazev qui a soulevé les 3388 spectateurs. 

«Ça nous prenait un peu de chance. On devait trouver un moyen. On savait qu’on n’aurait pas notre énergie habituelle. On était revenus à 2h du matin de Shawinigan alors qu’ils étaient frais et dispos, n’ayant pas joué. On savait que ce ne serait pas facile. On devait creuser et aller chercher toute l’énergie qu’on pouvait», a laissé savoir l’entraîneur-chef Yanick Jean dans son point de presse, après ce qu’il qualifiait de grosse victoire dans les circonstances. 

«Oui, il y a un facteur chance, mais on devait aussi être opportunistes», a repris le pilote des Bleus, ne se formalisant pas trop de l’exécution difficile de ses troupiers lors du long avantage numérique en fin de troisième.  

«La glace était tellement mauvaise que c’est normal. Tu ne peux pas t’attendre à compter à tous les coups», a-t-il estimé, mentionnant avoir apprécié la prestation des siens en première, mais beaucoup moins en deuxième période. En plus de sembler amorphes, les joueurs des Sags ont pris plusieurs mauvaises décisions, tentant notamment de forcer les choses à des moments plus ou moins bien choisis. 

«On l’a fait quand ça s’est mis à moins bien aller. On a essayé de sauver le monde, ce qui a créé beaucoup de revirements. En deuxième période, ce n’était vraiment pas beau. Shanky a fait de gros arrêts. Dans ces circonstances, tu as besoin de ton gardien. Il est de même tout le temps. On ne se dit pas ‘‘wow’’ ou surpris, parce qu’il est régulièrement comme ça. Il nous donne une chance toutes les fois», de rappeler Yanick Jean. 

Même s’ils ont été doublés dans les tirs en première, les Sags ont tout de même pris les devants. Justin Ducharme a fait la démonstration de sa vitesse et de la qualité de son tir sur le premier but de la rencontre. Après avoir battu de vitesse la défensive des Remparts pour s’amener seul devant Carmine Anthony-Pagliarulo, l’attaquant de 18 ans a envoyé la rondelle dans la partie supérieure. Matthew Grouchy a répliqué pour les visiteurs, dégainant dès la mise en jeu remportée par Andrew Coxhead, ce qui a surpris Alexis Shank. Le gardien des Sags s’est repris par deux occasions en première en sortant la mitaine. Justin Ducharme a montré qu’il pouvait également passer la rondelle sur la séquence qui a permis aux Sags de reprendre les devants. Il aurait pu lancer, mais a plutôt repéré Jérémy Diotte qui a battu le gardien des Remparts du côté du bâton. 

Longue révision

Dès le début de la deuxième période, Thomas Caron a profité de la désorganisation des Sags en sortie de territoire pour ramener les deux équipes à la case départ, mais ce n’est pas ce qui a retenu l’attention au cours de l’engagement... Les locaux croyaient bien, comme un peu tout le monde dans les estrades, avoir repris les devants lors d’un avantage numérique. Sur un retour, le tir de William Dufour a frappé le poteau, mais en même temps, le bout du bâton de Carmine Anthony-Pagliarulo a fait bouger le filet supérieur. Après une première révision, les arbitres ont donné le but, mais sont revenus sur leur décision à la suite d’une contestation de Patrick Roy et une deuxième révision. Le but a donc été refusé pendant l’action, puis accordé et de nouveau refusé, de quoi en perdre son latin! 

Les Sags termineront leur séquence de trois matchs en trois soirs samedi en fin d’après-midi lors de la visite du Titan d’Acadie-Bathurst, qui a été lessivé 11-4 vendredi à Baie-Comeau. 

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PATRICK ROY «DÉRANGÉ»

Pour Patrick Roy, les joueurs des Remparts ont fait ce qu’il fallait pour partir vers Baie-Comeau avec les deux points. 

«Certainement, a-t-il annoncé d’entrée de jeu. C’est dommage parce qu’on a dominé ce match-là d’un bout à l’autre jusqu’à la pénalité majeure. C’est inexcusable. On a eu deux très mauvaises pénalités. En prolongation, il faut mieux contrôler nos bâtons. Avec 6-7 minutes à faire en troisième, Philipp n’a aucune raison de prendre cette pénalité. 

«Ce qui me dérange, c’est qu’on a trouvé une façon de perdre. Ce n’est pas ce qu’on veut voir. Offensivement, j’ai confiance que ça va finir par fonctionner. On a eu de très bonnes chances de marquer. Il faut seulement continuer à travailler dans cette direction», d’indiquer le grand patron des Diables rouges. Ceux-ci ont de la difficulté à trouver le fond du filet récemment, n’ayant marqué que cinq fois à leurs cinq dernières rencontres.  

Patrick Roy était toutefois beaucoup moins heureux de tout le processus ayant mené au but refusé aux Sags. Après qu’il ait été accordé après une première reprise, les entraîneurs des Remparts ont immédiatement signifié leur mécontentement et ils avaient finalement raison, la rondelle a plutôt frappé le poteau alors que c’est le bout du bâton du gardien Carmine Anthony-Pagliarulo qui a fait bouger les cordages. 

«Il y a quelqu’un qui devrait perdre sa job. Il y a quelqu’un qui a des comptes à rendre. C’est embarrassant», a-t-il lancé sur un ton beaucoup moins amical que le début de son point de presse, affirmant ne jamais avoir vu une telle situation.   

«Quand on regardait la séquence, on voyait qu’elle avait frappé l’intérieur du poteau. Il doit avoir une amende. On fait rire de nous comme ligue. Ce n’est pas sérieux d’appeler un but, le refuser et aller deux fois en haut», de déplorer Patrick Roy qui attendait visiblement que la question lui soit posée.

De l’autre côté, Yanick Jean n’avait lui non plus jamais vu une telle situation. «Je ne comprends pas, mais que veux-tu... Si le bon appel a été donné, c’est correct, mais la manière, je suis tout mêlé», a-t-il laissé tomber. 

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POINTES DE PLUME

• Dans sa chronique mensuelle avec le quotidien suisse 24 Heures, Théo Rochette a catégoriquement fermé la porte à un retour en Europe l’an prochain. « Je ne nie pas avoir reçu des offres de la part de clubs suisses en vue du prochain championnat. Mais je n’y prête pas vraiment attention pour le moment, car j’ai un plan en tête pour assouvir mon rêve d’évoluer en NHL. Et je pense actuellement que le Canada est le meilleur des chemins pour y parvenir, que la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) est un tremplin idéal. D’autant que je me sens bien ici. On est entourés, on ne manque de rien, il y a du professionnalisme et les plages de récupération nécessaires », a-t-il écrit, disant également vouloir prendre du poids pendant la prochaine période estivale. Ces commentaires font suite aux informations qui ont circulé en début de semaine sur la possibilité qu’Alexis Lafrenière de l’Océanic fasse le saut chez les professionnels en Europe l’an prochain, ce qui a été fortement démenti par la suite. Le surdoué n’est éligible au prochain repêchage qu’après la saison prochaine, qui sera sa troisième dans la LHJMQ. 

• Puni pour avoir joué la comédie après une mise en échec de Jérémy Fortin des Sags en troisième période jeudi, l’attaquant des Cataractes Vincent Senez n’était pas en uniforme vendredi face au Phoenix de Sherbrooke en raison de spasmes au dos. Dans son point de presse après la défaite des siens face aux Chicoutimiens, l’entraîneur-chef Daniel Renaud n’a pas été tendre envers les officiels Nicolas Leduc et Pascal Saint-Jacques. « Les arbitres ont été pourris ce soir. Ça fait un certain temps que ça dure avec ces officiels. Quand j’ai reçu le courriel ce matin à 8 h, je savais que nous étions dans la marde, a-t-il lâché. « Mais ce qui est inacceptable, c’est de voir un officiel venir parler à Senez après avoir reçu cette mise en échec. Il lui a dit que tout le monde savait qu’il jouait la comédie et que s’il ne relevait pas, il allait lui donner un dix minutes de plus. » Le responsable des officiels, Richard Trottier, enquêtera sur l’incident.