Les gardiens Alexis Shank et Colten Ellis se sont félicités à l’issue de la série entre les Sags et l’Océanic.

Les pénalités ont tout changé

CHRONIQUE / Après avoir surpris en saison régulière, les Saguenéens n’ont pas été en mesure de reproduire les mêmes succès en séries éliminatoires.

Ce n’est pas tant la défaite des Chicoutimiens dans cette série face à l’Océanic qui surprend, mais la rapidité avec laquelle ils ont rendu les armes, en quatre petites rencontres, même s’ils en ont disputé l’équivalent de presque six. Soyons toutefois honnêtes, ce balayage n’indique vraiment pas l’allure réelle de l’affrontement qui mettait aux prises les équipes ayant terminé au 5e et 8e rang du classement général de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. La série a sans contredit tourné lors des deux premières rencontres à Rimouski, décidées en prolongation.

Si les Sags avaient réussi à couronner leur remontée de trois buts en troisième période, la série aurait été totalement différente. Le coup dur a toutefois été porté le lendemain, au terme de quatre périodes supplémentaires. Les Sags menaient en fin de troisième période quand les locaux ont inscrit le but égalisateur avec 65 secondes à faire en avantage numérique. Mentalement, ça faisait beaucoup pour les jeunes Sags qui menaient tout de même 3-1 dans le match numéro 3, le premier au centre Georges-Vézina. Quand le vent a tourné de côté en fin de deuxième période, on a vraiment senti le découragement de la troupe de Yanick Jean qui n’avait plus la même fougue, que quelque chose s’était brisé, ce qui s’est poursuivi dans le match numéro 4, le seul vraiment à l’avantage de l’Océanic. « C’est comme s’ils nous avaient achevés à petits coups », a laissé tomber avec justesse l’entraîneur-chef Yanick Jean, mercredi, quelques minutes après l’élimination de son équipe.

D’autres éléments ont également contribué à la chute rapide des Sags. La maturité physique vient en tête de liste. Avec dix joueurs de 19 ans, l’Océanic forme une équipe mieux outillée pour faire face au jeu physique des séries. L’exemple de Cédric Paré me vient immédiatement à l’esprit. À 6 pieds 4, l’attaquant n’est pas un adversaire commode à affronter, sans compter qu’il remporte la grande majorité de ses mises en jeu. Le vétéran de 20 ans Jimmy Huntington a également été un véritable poison avec sept points, marquant notamment le but gagnant du premier match. Les Rimouskois possédaient également un plus grand bagage d’expérience de leurs rivaux qui ont ouvert la porte avec de nombreuses pénalités. Pour avoir une réelle chance de causer la surprise, les Sags devaient absolument éviter le cachot, ce qui fut loin d’être le cas. L’Océanic a inscrit huit de ses 17 buts avec l’avantage d’un homme, ce qui représente pratiquement 50 % de la production offensive. Avec trois matchs décidés par un seul but, dont deux en prolongation, la différence est là.

Dans le rayon des bonnes nouvelles, il faut souligner la tenue des deux attaquants de 16 ans (maintenant 17 ans), Théo Rochette et Hendrix Lapierre, qui ont terminé au sommet des marqueurs de l’équipe avec cinq points. Les deux jeunes hommes ont vraiment répondu aux attentes et même plus, démontrant qu’ils sont déjà des joueurs d’impact dans la LHJMQ. « Si on m’avait dit qu’ils feraient tous les deux cinq points en quatre matchs et que ça se terminerait en quatre rencontres, j’aurais dit qu’on avait une chance de gagner en quatre », a noté Yanick Jean, soulignant leur amour du hockey. Encore en troisième période et en retard de trois buts, Rochette et Lapierre ont poussé jusqu’à la fin.

« Leur amour du hockey est incroyable. Ils veulent jouer au hockey, c’est contagieux et ils le montrent sur la glace. Ça va être vraiment quelque chose. C’est vraiment ce qu’il faut retenir », d’exprimer le pilote des Bleus qui, avec raison, pouvait être moins satisfait du rendement de certains vétérans. Auteur de 34 buts en saison régulière, Vladislav Kotkov n’a marqué qu’une seule fois, alors que Samuel Houde a été blanchi, même s’il a frappé le poteau à quelques reprises. Dans le cas de Justin Ducharme et Liam Murphy, ils étaient tous les deux très diminués, c’était évident au fil de la série.

Yanick Jean, cette fois le directeur général, ne demeurera certainement pas les bras croisés, au cours des prochaines semaines. C’est évident qu’il ajoutera du renfort au repêchage en vue de la prochaine saison, car les attentes seront grandes envers la formation chicoutimienne. Yanick Jean aura le moyen de ses ambitions, lui qui détient présentement les choix 18 (Rouyn-Noranda), 19 (Bathurst) et 22 (Gatineau), ce qui lui offrira de la marge de manœuvre pour mettre en place une équipe de premier plan. Une exclusion en première ronde passerait pas mal moins bien chez les partisans l’an prochain et il en est pleinement conscient.