De passage à Saguenay à la mi-décembre, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau (au centre) a fait part des nouvelles normes de la ligue qui devront être réalisées d’ici mai 2021. Les autorités municipales de Saguenay souhaitent obtenir des réponses à leurs questions avant d’investir dans les travaux exigés.

Des garanties avant les travaux

La mise aux normes exigée par la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) d’ici mai 2021 suscite bien des interrogations à Saguenay. Devant l’ampleur des coûts estimés pour les travaux, les autorités municipales exigent que le commissaire Gilles Courteau réponde d’abord à leurs questionnements avant d’investir un seul sou des deniers publics.

Mandaté comme porte-parole de la Ville dans ce dossier, le président de la Commission sports et plein air, Michel Thiffault, et ses collègues du conseil s’interrogent sur les visées du commissaire Courteau concernant le développement de la ligue et la place qu’y auront des concessions de petits marchés comme celui des Saguenéens de Chicoutimi.

En novembre dernier, Gilles Courteau avait confié au Nouvelliste de Trois-Rivières qu’il rêvait d’une « super ligue » junior unique qui regrouperait les équipes d’un océan à l’autre en trois divisions. Même si le projet n’est pas pour demain, le commissaire estimait quand même « qu’on s’en va rapidement vers plus de matchs intraligues ».

Or, ce projet soulève bien des questions chez certains élus de Saguenay. « S’il concrétise son projet, ce sera dans combien de temps ? Et qu’adviendra-t-il des petits marchés comme celui des Saguénens ? Avant d’investir de deux à cinq millions, que ce soit au Centre Georges-Vézina ou dans un projet d’amphithéâtre, on veut qu’il réponde à nos questions », a tranché le président Thiffault en entrevue téléphonique.

À l’issue de la réunion de la Commission des sports, vendredi dernier, les élus et les fonctionnaires ont établi quatre questions auxquelles ils souhaitent obtenir une réponse de la LHJMQ avant d’investir. Et ils ne sont pas les seuls à s’interroger sur les autres exigences de la ligue. Car au Québec, à l’exception des Remparts de Québec, qui ont accès à un amphithéâtre digne de la Ligue nationale, et les Olympiques de Gatineau, dont l’aréna est en construction, toutes les concessions du junior majeur devront débourser des sommes importantes pour répondre aux nouveaux standards.

« Éric Gauthier, (qui œuvre à) la Commission sport et plein air, a fait une tournée téléphonique auprès des gérants ou responsables des autres villes qui ont une équipe junior majeur et elles doivent toutes investir pour se conformer aux normes d’ici deux ans », souligne Michel Thiffault.

Facture salée

Dans le cas des Saguenéens, les nouvelles exigences de la LHJMQ risquent de gonfler une facture déjà salée, alors que la municipalité doit composer avec une rationalisation des dépenses. Déjà que Saguenay a prévu un investissement de 3,2 millions $ pour refaire l’entrée électrique et le système de chauffage du Centre Georges-Vézina.

Lors de son passage à Saguenay à la mi-décembre dans le cadre de la tournée du 50e anniversaire de la ligue, Gilles Courteau a fait part des nouveaux standards du circuit junior majeur, soit l’installation de bandes Flex, de nouvelles baies vitrées, un certain standard d’éclairage, les bancs des joueurs qui devront être du même côté, etc. Des travaux qui devront être réalisés d’ici mai 2021.

« À la Commission des sports, on a calculé que ça représente de 1 à 4 millions pour cette mise aux normes. Juste pour les bandes Flex, ça coûte entre 800 000 $ et un million $ », avance Michel Thiffault.

Saguenay s’inquiète aussi de la possibilité que la LHJMQ impose l’aménagement d’une glace nord-américaine de 200 par 85 pieds. La facture s’alourdirait alors passablement.

Lors du passage du commissaire Courteau, Michel Thiffault lui a demandé ce qui se passerait si Saguenay ne se mettait pas aux normes. « Il avait un peu patiné et nous avait dit qu’on n’avait pas vraiment le choix, mais que la Ligue serait prête à accepter un délai advenant la construction d’un nouvel aréna », rapporte le président de la Commission sport et plein air.

Les réponses aux questions de la municipalité pressent d’autant plus que la Ville a décidé de mettre le projet d’Amphithéâtre+ sur la glace. Des consultations publiques seront tenues pour savoir ce que la population désire et prendre les décisions en tenant compte des réponses obtenues.

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L'AVENIR DES SAGS AU SEIN DU CIRCUIT INQUIÈTE

 Saguenay s’inquiète du projet de super ligue canadienne que caresse Gilles Courteau et de l’impact qu’elle pourrait avoir sur la concession des Saguenéens de Chicoutimi.

« À la Ville, on se demande, dans ce contexte, ce qu’il adviendra des petits marchés comme Saguenay, Baie-Comeau, Val-d’Or et autres ? Et quel sera l’avenir des Sags à moyen et à long terme : sont-ils là pour cinq ans ou pour 50 ans ? Deviendront-ils un club-école ? Une ligue de développement ? L’an prochain, les grosses vedettes du circuit seront les Lapierre, Rochette et Dufour, mais si la ligue junior devient une ligue nationale junior, ces joueurs-vedettes vont aller jouer dans les gros marchés ! »

Les dirigeants de la ville souhaitent aussi obtenir des garanties quant à la valeur de l’équipe. « Ça fait depuis 1973 qu’il y a une équipe junior à Chicoutimi. Qu’arrivera-t-il, dans deux trois ans, des équipes qui ne se sont pas mise aux normes ? Si elle se retrouvent dans une ligue de développement ou dans une ligue junior B, il n’y aura pas les mêmes foules aux matchs. L’équipe va perdre de la valeur et ça va engendrer des pertes monétaires pour les propriétaires. Les Saguenéens sont l’un des plus gros véhicules publicitaires pour la région et notre ville. Saguenay ne peut pas se permettre de perdre une telle visibilité », plaide le président de la Commission sport et plein air, Michel Thiffault.