Mathieu Boucher a inscrit les Huskies au pointage, complétant un jeu de passe amorcé par le Jonquiérois Rafaël Harvey-Pinard.

Coulés par l'indiscipline

À leur retour sur la glace olympique du centre Georges-Vézina, les Saguenéens ont été brûlés par leur indiscipline. L’attaque massive des Huskies a été sans pitié, produisant quatre buts pour les mener à une victoire de 5-4 dans le premier de deux duels entre les deux équipes, devant 2816 spectateurs.

À cinq contre cinq, les Sags ont nettement eu le dessus, de l’avis même des deux entraîneurs, mais les unités spéciales ont fait la différence, surtout au deuxième engagement. « C’est toi qui le dit, mais je ne peux pas dire le contraire », a laissé tomber l’entraîneur-chef des Sags, Yanick Jean. 

« On a huit à dix minutes de pénalité de trop. Ils en ont profité pour marquer trois, sinon quatre buts là-dessus. À cinq contre cinq, je n’ai pas un mot à dire », a-t-il poursuivi. « Quand tu joues contre une bonne équipe, tu ne peux pas te le permettre. On sait qu’on va jouer contre une bonne équipe en séries. On ne pourra pas se permettre de telles pénalités. »

« Ç’a été un match bizarre un peu. On n’a pas disputé notre meilleur match. On a trop fait de revirements. On est capables d’être meilleurs. On doit rendre crédit aux Sags qui semblent configurés pour jouer sur cette glace. Ils le font bien dans toutes les phases de jeu », a résumé son homologue Gilles Bouchard dont l’équipe se retrouve maintenant au 7e rang du classement.

En début de match, Kelly Klima a mis un terme aux espoirs de record pour l’Almatois Samuel Harvey à la 8e minute de jeu en le battant d’un tir dans la partie supérieure. L’attaquant de 20 ans en a remis quelques minutes plus tard en avantage numérique. Après la passe de Vladislav Kotkov, Klima a fait coucher Harvey avant de loger la rondelle dans les cordages. Cette avance a toutefois fondu comme neige au soleil. Mathieu Boucher a d’abord répliqué, également en avantage numérique, après un beau jeu de passe avec le Jonquiérois Rafaël Harvey-Pinard. Puis, dans les secondes qui ont suivi, Vincent Marleau a endormi tous ses adversaires, y compris le gardien Zachary Bouthillier pour faire 2-2. 

Les Huskies ont pris le contrôle de la rencontre en deuxième en marquant trois fois avec l’avantage d’un homme. Peter Abbandonato, sur un tir absolument parfait, puis Tyler Hinam à 5 contre 3 sur une rondelle qui a dévié sur lui et avec Jérémy Groleau encore au cachot, William Cyr ont chassé Zachary Bouthillier qui ne pouvait pas grand-chose. Les Sags sont revenus en force en fin d’engagement. Kelly Klima a complété son tir du chapeau avec un tir du côté du bloqueur du gardien de 19 ans. 

Les Sags sont revenus à la charge en fin de match, étouffant les Huskies dans leur territoire. Vladislav Kotkov a ramené les Sags à un seul but avec exactement une minute au cadran d’un tir vif, mais les Huskies ont été incapables de forcer la prolongation, malgré quelques chances alors que les dernières secondes s’égrenaient. 

Le retour sur une glace olympique s’est fait sans trop de problèmes pour les Sags qui n’ont permis que cinq chances de marquer à cinq contre cinq, le même nombre que mercredi à Québec. « Il y a quelques correctifs à faire sur notre placement, mais ça va revenir », d’évaluer Yanick Jean. Revenir sur la grande glace a eu un impact, mais il y a beaucoup de choses qu’on a vues qui vont nous aider. 

Honorés avant le match, les frères Klima ont été réunis sur un même trio dans cette rencontre, ce qui a provoqué des flammèches en attaque. « Ç’a été deux joueurs importants pour nous tout au long de l’année. Ils voulaient le faire et je désirais leur laisser la chance de le faire ensemble. Ils ont été bons », a expliqué le pilote des Bleus qui ne prévoit pas conserver cette combinaison. En troisième, lors d’un avantage numérique, Yanick Jean en a eu long à dire à l’officiel Mathieu Binette après que Kevin Klima ait été forcé de retourner au banc en raison de son protecteur buccal. « Je pensais que c’était sa fête ce soir », a ironisé Yanick Jean.

Après avoir reçu la passe de Vladislav Kotkov, Kelly Klima a fait coucher Samuel Harvey avant de faire bouger les cordages.

Pointes de plume

• Excellente initiative du collègue de Kyk Radio X Mark Dickey d’avoir lancé l’idée d’honorer l’athlète paralympique Dean Bergeron. Le conseiller Raynald Simard a même embarqué dans le projet et la 2e glace à La Baie, son patelin d’origine, a même déjà été ciblée. Une proposition en ce sens a été entérinée lors du plus récent conseil exécutif jeudi, au lendemain de l’intronisation de Dean Bergeron au Temple de la renommée de Parasports Québec. Dean Bergeron est un monument de l’athlétisme en fauteuil roulant, ayant remporté 11 médailles lors de quatre participations aux Jeux paralympiques entre 1996 et 2008...

• Même s’ils n’ont pas pu maintenir le rythme après la période des Fêtes, la confiance règne dans le camp des Huskies qui bénéficieront tout de même de l’avantage de la glace au premier tour des séries. «On a une défensive assez expérimentée et solide. On peut veiller tard avec ça», de faire valoir le gardien Samuel Harvey...

• Avant la rencontre, l’organisation des Saguenéens a souligné avec beaucoup de classe le passage des trois joueurs de 20 ans, Kevin et Kelly Klima, ainsi que Stephen Templeton. Des membres des familles des joueurs ont reçu un cadre avec une photo en action de chaque joueur. Leurs familles de pension leur ont également remis une montre personnalisée...

• La longue cérémonie a également permis de décerner les titres de joueurs du mois SFL. Sans surprise, Kevin Klima, qui a amassé 15 points en 12 rencontres au cours de cette période, a reçu la palme en offensive. Jérémy Diotte a été honoré en défensive...

• La soirée de vendredi n’a pas permis d’en apprendre beaucoup plus sur le possible adversaire des Sags au premier tour éliminatoire. Les Wildcats ont également perdu ce qui fait que la course au 14e rang est encore bien ouverte, les Chicoutimiens accusant un retard d’un point. Rien n’est réglé non plus pour la 2e ou 3e position. Tout est encore possible pour les Mooseheads, le Titan et l’Océanic...

• Atteint de plein fouet d’un tir sur réception sur le pied de Kevin Klima en début de troisième, le Jonquiérois Rafaël Harvey-Pinard a retraité au vestiaire et ça semblait très douloureux. Il a fait une présence en fin de match...

Une année du tonnerre pour Samuel Harvey

Après une quatrième saison du tonnerre dans les rangs juniors, le gardien almatois Samuel Harvey est mûr pour les rangs professionnels, estime son entraîneur et compatriote régional Gilles Bouchard. 

« Il a été dominant et la prochaine étape, c’est que quelqu’un lui donne la chance l’année prochaine pour un camp, un contrat ou quelque chose. Je pense qu’il est rendu là dans son cheminement. C’est sûr qu’il le mérite, sûr et certain, fait valoir l’entraîneur des Huskies, originaire de Normandin. Gilles Bouchard rappelle que Samuel Harvey a fait le saut dans la LHJMQ dès l’âge de 16 ans. Il a quelque peu ralenti à ses saisons de 17 et 18 ans, incommodé par quelques blessures, mais a rebondi de brillante manière lors des derniers mois, ce qui lui a notamment permis d’obtenir une invitation en décembre au camp final d’Équipe Canada junior. 

« S’il revient à Rouyn-Noranda pour une 5e année il reviendra, mais je pense que pour le bien de Samuel Harvey, c’est qu’une équipe professionnelle soit alerte et lui donne sa chance », espère Gilles Bouchard. 

« Cette année, il a prouvé hors de tout doute qu’il était le meilleur gardien de la ligue, reprend-il. Ça arrive souvent qu’on croise certaines personnes de l’autre niveau. C’est sûr qu’on parle pour nos joueurs. On sait que Sam n’est pas 6 pieds 2, mais c’est un gardien qui fait le travail. À 6 pieds et demi, il arrête la rondelle et a de la confiance. »

Le principal intéressé croit également avoir fait un pas de plus vers les rangs professionnels. « Je n’y pense pas à cette possibilité. Je me concentre vraiment sur ma saison. Je me dis que ce que je vais en ce moment, ça m’aide. Même si je suis un peu plus vieux que les autres espoirs, ce n’est pas quelque chose qui me dérange », souligne-t-il. 

« Oui, j’ai des meilleures statistiques, mais je suis un meilleur gardien. Je pense que c’est le plus positif dans mon année », poursuit-il, donnant beaucoup de crédit à son nouvel entraîneur des gardiens, Dany Sabourin, qui est débarqué en Abitibi après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle en Europe. 

« C’est un gars qui travaille super fort. Quand je suis arrivé au camp, il a changé des petits détails qui m’ont beaucoup servi. On a juste continué après de construire », de laisser tomber Harvey, soulignant également l’apport de son adjoint Zachary Émond. 

Trophée Jacques-Plante

Quand la sirène de la fin du match retentira samedi après-midi au centre Georges-Vézina, Samuel Harvey mettra la main sur le trophée Jacques-Plante, remis au gardien qui a conservé la meilleure moyenne en saison régulière. Il n’y a même pas de course alors que l’Almatois flirte avec le record du circuit à 2,10. Son plus proche poursuivant, Colten Ellis, est loin derrière avec une moyenne de 2,40. « Il y a eu un scandale la dernière fois, mais pas cette fois », rigole Gilles Bouchard à propos de la controverse en 2016 quand il avait retiré Chase Marchand en plein milieu du dernier match de la saison pour lui assurer le trophée, devant Mathieu Bellemare des Olympiques. 

« Au niveau personnel, ç’a été une très belle année. Au début de la saison, ce n’était pas nécessairement mon but de terminer avec la meilleure moyenne. Je pense que c’est un bel accomplissement et j’ai travaillé très fort pour l’avoir. C’est cliché, mais il n’y a pas seulement de moi là-dedans. Il y a beaucoup, beaucoup de mon équipe aussi », de confier Samuel Harvey. Les autres statistiques du gardien de 19 ans en disent également long sur son année remarquable. Il domine également pour le pourcentage d’arrêt (.931), devant Étienne Montpetit, des Tigres (.925). Avec ses 30 victoires, dont quatre par blanchissage, il approche du plateau sélect des 100 victoires en carrière. « Le mot qui me revient dans son cas, c’est constance. Chapeau à Samuel et Dany Sabourin. La chimie est bonne entre les deux. Dany a su amener de bonnes corrections en début d’année et nos deux gardiens ont joué avec confiance », de souligner Bouchard.

En cédant sur le tir de Kelly Klima, Samuel Harvey a du même coup vu le record pour la meilleure moyenne de l’histoire lui glisser entre les doigts. Le gardien almatois a toutefois connu une saison du tonnerre qui pourrait lui mériter un contrat chez les professionnels.

Les blessés de retour chez les Huskies

Les Huskies tombent en santé au bon moment. Les défenseurs Zachary Lauzon et Taylor Ford ont effectué récemment un retour au jeu, au grand plaisir de Gilles Bouchard à l’approche des séries. Il ne reste donc que l’attaquant Hugo Després sur la liste des blessés, lui qui est sur la touche depuis plus d’un mois avec une commotion cérébrale. « Seulement un blessé, ça fait longtemps que ce n’est pas arrivé », de convenir Gilles Bouchard qui a un certain moment le mois dernier, devait se débrouiller sans quatre défenseurs réguliers. Il n’a donc pas hésité à faire appel à des jeunes qui ont pu prendre leur lot d’expérience. « Il y a tout le temps du positif dans le négatif, en quelque part », de philosopher Gilles Bouchard.