Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, a hâte de rencontrer le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, afin de lui faire part de ses craintes relativement aux nouvelles exigences touchant les arénas du circuit.

Baie-Comeau nourrit les mêmes craintes

À l’instar de Saguenay, les autorités municipales de Baie-Comeau s’inquiètent elles aussi des coûts que requerront les nouvelles exigences de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) d’ici mai 2021. Propriétaire du Drakkar de Baie-Comeau, la municipalité nord-côtière appréhende la facture des travaux de mise aux normes pour sa petite communauté de 21 000 âmes et craint pour l’avenir de son club de hockey junior.

En entrevue téléphonique, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, confirme qu’il a hâte de faire part de ses préoccupations de vive voix au commissaire Gilles Courteau, le 2 février. En effet, le commissaire Courteau sera de passage à Baie-Comeau, le 2 février, dans le cadre de la Tournée des 50 ans de la LHJMQ, et le maire Montigny compte bien lui faire part de ses inquiétudes, lesquelles sont semblables à celles de Saguenay.

Inauguré en 1970, le Centre Henry-Leonard est le plus petit du circuit Courteau avec une capacité d’accueil de 2779 spectateurs. Outre les bandes Flex et les baies vitrées, la municipalité devra aussi refaire l’éclairage pour répondre aux standards de la ligue.

« Les questions que se pose Saguenay sont très pertinentes. Pour notre part, il y a deux éléments dont je souhaite discuter avec M. Courteau lors de sa visite à Baie-Comeau bientôt : l’éclairage et les bandes. Pour une municipalité de 21 000 habitants, donc plus petite que Saguenay, la préoccupation est majeure parce qu’on ne peut pas refiler la facture à 100 % à la charge des citoyens. C’est impossible dans nos budgets actuels. »

Concernant l’éclairage de l’aréna, la municipalité avait déjà l’intention d’effectuer des travaux de réfection majeurs, car le système actuel, en plus de ne plus être adéquat, représente une dépense importante. « On se disait qu’on n’avait pas les moyens, mais que ça n’avait pas de bon sens de continuer à jeter de l’argent par les fenêtres. Nous étions donc déjà en analyse. »

Mission impossible

Par contre, le changement des bandes n’était pas envisagé et il représente une facture avoisinant les 800 000 $. « Juste payer le terme du règlement d’emprunt qu’on devrait faire pour la mise aux normes, c’est impensable sur le budget 2021 ou autre », souligne le maire Montigny, élu en novembre dernier.

Certains conseillers municipaux lui ont d’ailleurs fait part de leurs inquiétudes quant à l’avenir de la concession si la municipalité n’est pas en mesure d’effectuer les travaux dans les délais imposés (mai 2021). « Ils sont inquiets parce qu’ils savent qu’on ne peut pas faire ces travaux si on n’obtient pas d’aide ! »

Pour le maire Montigny, l’appui financier des autres paliers de gouvernement est essentiel. « Déjà, il y a eu un échange avec le cabinet du ministre fédéral des infrastructures. Il s’agit d’une infrastructure sportive et toute seule, la ville ne peut faire ces investissements », insiste le maire Montigny.

« Il faudra absolument trouver de l’aide auprès des autres paliers de gouvernement ou étudier cette situation avec la ligue. On ne peut pas faire ces investissements et se retrouver avec une insécurité quant à l’avenir de l’équipe dans la ligue. »

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« ON EST TOUJOURS PLUS FORT QUAND ON EST UNI»

Si les petits marchés du circuit Courteau doivent unir leurs forces pour faire valoir leurs points auprès de la ligue et des autres organisations mieux nanties, Baie-Comeau sera de la partie.

« On est toujours plus fort quand on est uni. Si on parle juste un à la fois, on est beaucoup moins écouté que quand on se regroupe ensemble avec des enjeux similaires. Clairement, Baie-Comeau fera partie des villes qui voudront se regrouper », affirme le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny.

De fait, Saguenay envisage la possibilité de créer des alliances avec les autres petits marchés du Québec pour faire valoir ses points auprès des dirigeants de la ligue. Un fonctionnaire de la Commission sport et plein air a entrepris une tournée téléphonique auprès des autres concessions aux prises avec les mêmes appréhensions financières pour connaître leurs intentions et leurs intérêts à faire une alliance.

Car le hic, c’est que la LHJMQ exige des travaux d’uniformisation et de mise aux normes pour les 18 concessions de la ligue d’ici mai 2021, mais elle ne semble rien offrir pour les aider à les réaliser. Les petits marchés, dont Baie-Comeau, se sentent coincés et ils craignent pour la pérennité de leur équipe dans une ligue qui projette de prendre encore plus d’ampleur.

« On se sent complètement bouffés par les gros marchés. Comme si on n’avait pas notre mot à dire », déplore le maire Montigny.

À ses yeux, le Drakkar de Baie-Comeau est ancré dans la communauté et il fera tout en son pouvoir pour que la concession y reste pour encore longtemps. 

« Il faut la défendre même si on a de la misère à tirer notre épingle du jeu par rapport aux gros marchés qui pèsent bien lourd dans la ligue, insiste-t-il. Ça fait drôle, parce que lorsqu’on négocie avec le gouvernement du Québec, maintenant, ils tiennent compte des régions. Mais quand on arrive dans la LHJMQ, c’est comme si on était bien peu pesant. »