Jumelé à Sébastien Sylvestre et Laurent Dauphin, Victor Provencher a obtenu plusieurs chances, mais n'a pas réussi à briser sa séquence de matchs sans but.

Aveuglés par les émotions

Plus intéressés à extérioriser leurs émotions qu'à se concentrer sur le hockey, les Saguenéens ont laissé filer une belle occasion de mettre en banque des points imprévus face aux meneurs au classement général. Dans un drôle de match sans vraiment de rythme, l'Armada de Blainville-Boisbriand s'est imposée au compte de 3-1, non sans avoir une bonne opposition des Chicoutimiens, devant 2396 spectateurs aussi frustrés que leurs favoris au centre Georges-Vézina.
Critiques envers les arbitres pour des pénalités ou envers les juges de ligne pour des hors-jeu, les joueurs des Saguenéens ont laissé sortir leur frustration en de nombreuses occasions, souvent en troisième, alors qu'ils tentaient d'égaler la marque. Un «manque de maturité", a laissé tomber l'entraîneur-chef Patrice Bosch, qui n'a pas tenté de cacher sa déception après la rencontre.
«On s'est tirés pas mal dans le pied. Je n'ai vraiment, mais vraiment pas aimé l'attitude des joueurs sur la glace. Je trouve qu'on a créé des émotions négatives par bout sans aucune raison. Il y avait des choses frustrantes, mais ça fait partie du hockey. Si tu n'es pas capable de ''dealer'' avec la frustration, tu es mieux de ne pas jouer», a-t-il estimé, affirmant au passage que les officiels n'avaient pas eu d'impact sur le résultat final du match.
Pendant ce temps, fidèles à leur réputation, les joueurs de l'Armada se sont occupés de la tâche à accomplir pour retourner à Montréal avec deux points en poche. Toutefois, les locaux ont été dans le coup jusqu'à la toute fin, sans disputer une rencontre particulièrement impressionnante. Le gardien Julio Billia a été très solide, repoussant 30 tirs. Danick Martel a complété le pointage en fin de match alors que Billia avait cédé sa place à un sixième patineur.
«Je suis convaincu que si on était mieux sortis, surtout les deux premières périodes, on aurait peut-être eu un match différent. Les joueurs de l'Armada ont très bien joué en fermant le jeu. Ils ont disputé un match de route plate et facile, et tout le crédit leur revient. J'aurais fait la même chose à leur place. On s'est sortis de notre plan de match sans aucune raison», a déploré le pilote des Bleus.
Grâce à son travail acharné, William Gignac a ouvert la marque en début de deuxième. Il a d'abord soutiré la rondelle au défenseur Daniel Walcott avant de s'amener seul devant le gardien Samuel Montembeault, qu'il a déjoué du revers sur le cinquième tir des Chicoutimiens. Puis, l'Armada a frappé à la vitesse de l'éclair pour prendre les devants. Danick Martel a d'abord marqué son premier de la rencontre lors d'un avantage numérique alors qu'il a logé la rondelle dans la lucarne avec un tir parfait. Moins de deux minutes plus tard, Frédéric Bergeron a surpris tout le monde avec un tir anodin qui a dévié pour se faufiler derrière la ligne rouge.
«On aurait pu en avoir des comme ça si on avait tiré au filet nous aussi. On a décidé de faire autre chose surtout lors des deux premières périodes», a fait savoir Patrice Bosch dont les protégés n'avaient que huit tirs au compteur après 40 minutes.
«Pour que ces buts-là arrivent, il faut que tu diriges la rondelle au filet, sinon ça n'arrivera pas, a-t-il repris. On a eu des possibilités d'en avoir plus, mais on ne les a pas prises.»
Lors des quatre derniers matchs, les Sags ont été dominés largement au chapitre des tirs au but. Dans leurs trois victoires, ils ne comptaient que 65 lancers contre 123 pour leurs adversaires. Hier, leurs 16 lancers n'auront pas suffi. «Le total de tirs ne me dérange pas. Un moment donné, si tu veux avoir le but chanceux qui dévie sur le joueur adverse, il faut que tu amènes la rondelle en direction du filet adverse», de répliquer Patrice Bosch, qui préfère se concentrer sur la provenance des lancers plutôt que la quantité.
Les Saguenéens ont eu une occasion en or de revenir au pointage en fin de deuxième avec un double avantage numérique, mais ils ont carrément gaspillé l'occasion, n'étant pas capables d'obtenir une menace sérieuse. "Ça n'a vraiment pas aidé. Je voulais appeler un temps d'arrêt et les joueurs m'ont dit qu'ils étaient corrects, mais j'aurais dû le prendre», a-t-il mentionné après coup.
«C'est dans la structure que je n'ai pas aimé. C'était croche», a-t-il analysé.
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L'Armada n'a toujours pas perdu en temps réglementaire lorsque l'équipe a les devants après deux périodes, et ce, en 23 occasions.
1- Julio Billia
2- Danick Martel
3- Victor Provencher