Le petit bureau de Renald Nepton est un véritable musée sur l’histoire des Saguenéens.

40 ans et une foule de souvenirs avec les Sags

Le bureau de Renald Nepton au centre Georges-Vézina n’est peut-être pas le plus grand et le plus confortable, mais il regorge de souvenirs et de photos. « L’histoire est toute ici », laisse tomber le directeur des opérations hockey, ayant lui-même une tonne d’anecdotes, étant associé aux Saguenéens depuis 40 ans.

Ce plateau a été souligné sobrement avec parents et amis, samedi dernier, après la victoire des Sags face au Phoenix de Sherbrooke. Rénald Nepton, qui a débuté en 1978, est le deuxième plus ancien employé de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), après le commissaire Gilles Courteau. « Pour moi, les Saguenéens, c’est gros. C’est ma vie. Il y a eu des livres publiés pour les 40 ans et 50 ans de la LHJMQ. Quand je les lis, je lis ma vie », exprime Renald Nepton.

À l’époque, il avait été embauché par Orval Tessier. « Le premier match de ma vie, on a perdu 19-0 à Trois-Rivières », raconte lors d’une rencontre à son bureau Renald Nepton, qui avait quitté son emploi de livreur chez J.A. Vachon pour accepter celui avec les Sags, qui lui rapportait 135$ par semaine et 15$ d’essence. Au cours de cette saison, les Draveurs, dirigés par Michel Bergeron, avaient amassé 122 points, un record qui tient toujours. « Quand j’étais jeune, c’était mon rêve », avance-t-il sur son désir de travailler avec les Saguenéens. Plus jeune, il traînait dans les couloirs du centre Georges-Vézina, s’occupant même du lavage des équipements en cachette.

« Tous les emplois qui existent chez les Saguenéens, sans les avoir faits officiellement, j’ai touché un peu à tout », signale Renald Nepton qui était au départ soigneur et préposé à l’équipement, ce qu’il a fait durant 20 ans exclusivement seul, notamment sur la route. Il a toujours été bien entouré, souligne-t-il. « Dans ce temps-là, on se promenait avec un petit coffre, des sacs de glace et des tubes d’onguent. Quand tu vois comment ça se passe aujourd’hui, c’est extraordinaire », signale-t-il, mentionnant qu’à l’époque, l’imagination ne manquait pas.

« Je pense qu’en 40 ans, j’ai évolué. J’ai appris et je me suis ajusté aux jeunes et aux décennies, sinon c’est impossible de durer. Si je pensais encore comme il y a 40 ans, je ne pourrais pas encore travailler là-dedans », convient Renald Nepton qui se sert encore de cette expérience, ce qui lui permet de ne pas répéter des erreurs du passé.

Le petit bureau de Renald Nepton est un véritable musée sur l’histoire des Saguenéens.

« Elles me reviennent en tête vite quand une telle situation se présente », indique Renald Nepton qui en est à sa 41e année, une période ponctuée d’une pause d’une saison au début des années 80.

« Quand ça fait 40 ans que tu travailles quelque part, personnellement, j’ai autant à coeur les Saguenéens que toute la population. Je suis un gars de Chicoutimi également. Pour moi, les Saguenéens, c’est ma vie. C’est important pour moi », rappelle celui qui a connu les heures de gloire de la concession chicoutimienne et les deux conquêtes de la coupe du Président, en 1991 et 1994. Il a également vécu l’autre côté de la médaille avec de douloureux revers, quelques fois imprévus.

« Le seul et unique but que j’ai, c’est que ça fonctionne. On doit trouver des solutions pour trouver comment faire pour que ça marche. Je suis un éternel positif dans le négatif du hockey. On sait que c’est souvent négatif. C’est un monde d’émotions », fait valoir Renald Nepton, estimant que l’organisation a retrouvé ses lettres de noblesse au cours des dernières années.

Nouvelles tâches

Depuis quelques années, en raison de nouvelles normes pour les répondants médicaux de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le rôle de Renald Nepton a passablement changé.

Comme directeur des opérations, il est en quelque sort le bras droit du directeur général Yanick Jean, un poste qui lui convient parfaitement et qu’il veut faire encore quelques années.

« J’ai eu du plaisir et j’en ai encore », assure-t-il, réitérant du même souffle l’importance pour les jeunes d’aller à l’école.

« Je ne me cherche pas une “job”. Je ne le fais pas en disant que je vais prendre le travail de Yanick. Je le fais vraiment pour donner mon expérience que j’ai acquise en 40 ans pour conseiller et donner des idées. S’ils les aiment, ils les prennent, sinon, ils ne les prennent pas. C’est Yanick qui décide et c’est bien correct comme ça », d’indiquer Renald Nepton.

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EN BREF

Entraîneur des gardiens

Pendant de nombreuses années, avant que le métier d’entraîneur des gardiens devienne la norme, Renald Nepton avait une relation privilégiée avec les gardiens, en plus de souvent être leur psychologue. Il ne cache pas avoir toujours été passionné par les hommes masqués et a donc contribué à sa manière à la pépinière des gardiens qui a marqué l’organisation chicoutimienne. 

« J’ai toujours travaillé dans l’intérêt des Saguenéens. Les gardiens, ç’a toujours été quelque chose que j’ai aimé. Si les Sags ont repêché de bons gardiens et ont performé parce qu’ils avaient de bons gardiens, tant mieux », avance Renald Nepton, rappelant avec le sourire que la formation avait une très bonne moyenne au bâton à cette position. 

Un sport de plus en plus rapide

Renald Nepton a été un témoin privilégié des changements au hockey. La vitesse attire maintenant l’attention de l’homme de hockey avec la condition physique des joueurs. 

« Quand ils ont enlevé la ligne rouge, ils ont ouvert une autoroute. Rouler à 110 km/h, ce n’est pas comme rouler à 30km/h en ville. Avant, les gars devaient freiner et ça accrochait également. Aujourd’hui, c’est tout le temps à 100 miles à l’heure. Ça frappe plus fort à 100 miles à l’heure, c’est sûr et certain », convient Renald Nepton, ajoutant que le sport a été adapté en fonction de ces nouvelles réalités. 

La coupe de 1991

« C’est comme le premier enfant. Il reste toujours marquant », lance Renald Nepton au sujet de la première conquête de la coupe du Président, en 1991. Il en profite pour souligner le travail de Félix Potvin qui avait été fumant devant son filet. Sur la conquête de 1994, il a été plus marqué par la manière, avec toutes des séries à la limite. « C’est l’année où j’ai vu le plus de joueurs souffrir, blessés et jouer “maganés” », annonce-t-il. 

La vie de famille

Comme jeune adulte, Renald Nepton était en quelque sorte marié au hockey. Ce n’est que plus tard qu’il a connu la vie de famille avec sa conjointe Diane Girard, adjointe aux opérations des Sags, qu’il a pu connaître la vie de famille, ce qui lui a amené un autre équilibre. « Pour moi, ça n’a pas de prix », rappelle-t-il à propos de ses sept petits-enfants, ce qui lui a également permis d’avoir un nouveau point de vue sur les jeunes.

Anciens des Sags

Avec autant d’années derrière la cravate, Renald Nepton rencontre très souvent des anciens joueurs. Peu importe l’impact qu’ils ont eu sur la patinoire, il est toujours heureux de les recevoir pour une petite jasette dans son bureau ou ailleurs. « J’ai aimé tous les joueurs qui sont passés avec les Saguenéens, raconte-t-il. J’en rencontre partout et je suis toujours content de les voir. Ce n’est pas arrivé souvent que je rencontre des joueurs qui ne soient pas contents de me parler. »