Vincent Ruel et Vincent Blais ont été les plus rapides au 45 kilomètres lors de la 33e édition du Tour du mont Valin.

Ruel demeure le roi du Tour du mont Valin

Que ce soit en ski de fond style libre ou classique, Vincent Ruel est définitivement le roi du mont Valin. Après six victoires consécutives à l’épreuve reine du 45 kilomètre, en style classique, il s’est imposé une septième fois, mais au classique cette fois, lors de la 33e édition du Tour du mont Valin qui se déroulait samedi.

L’athlète de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, près de Québec est ainsi passé à l’histoire de l’événement. Il est devenu le deuxième à l’emporter dans les deux styles, après le Baieriverain Pierre Lavoie. «Avant de me retirer dans les prochaines années, je me suis dit que j’allais essayer d’inscrire mon nom sur des records», d’annoncer Vincent Ruel après avoir croisé le fil d’arrivée en 2h44m52.
Avec cette victoire, il s’approche du record absolu de huit détenu par Steeve Cyr. «Je pense que je vais me forcer pour être là l’an prochain, mais pour être là en forme. Si je réussis à égaler, je vais pas mal tout avoir fait et je vais laisser mes petits aller s’amuser au 1,5km ou le 3km», mentionne le père de famille qui avouait avoir tout de même peiné dans les pistes du parc national.
«Je pensais essayer le classique en me disant que ça ne serait pas trop compliqué avec de belles conditions. Avec le vent, la neige a rempli les pistes et je n’ai rien fait dans les pistes. On était tout le temps en dehors. C’était super difficile. Il n’y avait aucune glisse. On était mieux dans le parcours de patin», d’expliquer Vincent Ruel.

Un autre Vincent
Au style libre, c’est encore un Vincent qui lui a succédé. Vincent Blais a été couronné à sa toute première participation avec un temps de 2h25m22. Les deux Vincent ont franchi la ligne d’arrivée pratiquement en même temps. Les participants au style classique, moins rapide, partaient une vingtaine de minutes plus tôt. Luc Tremblay, de Laterriève (2h25m47), et Jonathan Tremblay de Chicoutimi (2h26m12) ont complété le podium. Un peloton de quelques skieurs s’est suivi pendant plusieurs kilomètres et le nouveau champion s’est détaché dans la descente et a par la suite réussi à conserver son avance. «J’avais entendu parler du tour et je ne voulais pas manquer. C’est une super belle course», d’exprimer Vincent Blais, originaire de Lac Mégantic, mais qui demeure à Chicoutimi depuis un an et demi en raison de son travail. 

Enceinte, la Jonquiéroise Ariane Carrier a défendu son titre au 45 kilomètres style classique.

Une victoire enceinte
Du côté féminin, Ariane Carrier a non seulement conservé son titre au 45 kilomètres classique, mais elle l’a fait accompagné de son futur nouveau-né. La Jonquiéroise enceinte de 27 semaines a rallié l’arrivée en 3h24. «J’avais décidé que j’allais peut-être regarder le paysage, mais les conditions étaient quand même belles. J’ai donc décidé de prendre le départ. J’ai tout donné. Ça bien été, mais ce n’est pas l’édition la plus facile. Mon énergie baisse pas mal plus vite et l’entraînement n’a pas été le même non plus», de convenir Ariane Carrier dont le conjoint, Bruno Bourassa a réussi un top-10 au 45 kilomètres libre.
«La glisse était bonne. C’est sûr qu’on devait rester en dehors de la piste où il y avait de la neige. On réchauffait vite également. Un moment donné, le froid et le vent, on ne s’en préoccupait plus», a repris la future maman.

Une première victoire pour une habituée de Val-d’Or
La quatrième fois a été la bonne pour Shawn Tremblay, venue de Val-d’Or avec un petit groupe, dont son père et son frère. Pour eux, le Tour du mont Valin est un rendez-vous annuel. La gagnante a bouclé les 45 kilomètres avec un temps de 2h56, loin devant ses plus proches poursuivantes. «C’est le fun de venir ici. Ce n’est pas la victoire qui m’importe, mais le trip de faire la course», a-t-elle commenté avec un grand sourire.

Le premier homme au style libre, Patrick Levasseur, de Lévis, a terminé en 2h20, suivi de Claude Chaput, de Québec, deux minutes plus tard. Chez les femmes, l'habituée du vélo de montagne Catherine Fleury de Saint-Gédéon, a complètement dominé, terminant une dizaine de minutes devant Johanne Lavoie, de Prévost. 

Au classique, Nancy Tremblay de Lac-Beauport et Solen Roth, de Montréal, se sont livré une belle lutte pour la victoire. Tremblay a franchi le fil d'arrivée avec seulement cinq secondes d'avance avec un temps de 3h22m42. Du côté masculin, Frédéric Brochu, de Québec a profité d'une priorité confortable de cinq minutes sur le deuxième, Yves Deguire de Gatineau. 

Shawn Tremblay a décroché la première place à sa quatrième participation.

Record en raquette
Si le froid et le vent ont compliqué un peu la vie des skieurs en style classique, les conditions étaient absolument parfaites pour la raquette, ce qui a mené à un record. Le Chicoutimien Jonathan Noël a complètement survolé le parcours de 19 kilomètres, faisait stopper le chrono à 1h57m35. Le Jonquiérois Jean-Sébastien Sénéchal a suivi deux minutes plus tard, également sous les 2 heures. L’an dernier, Noël l’avait également emporté, mais en 2h04. Il va sans dire qu’il était ravi de son temps. «Surtout avec la montée. Méchante montée», a-t-il laissé tomber, faisant allusion à la longue montée d’environ cinq kilomètres au tiers du parcours.
«C’est vite», a pour sa part lancé Sénéchal en prenant connaissance de son temps. C’était ma première expérience et j’avais un bon coach.»
Chez les femmes, Sonia Tremblay de Jonquière a été la plus rapide avec un chrono de 2h31.

Jonathan Noël et Jean-Sébastien Sénéchal ont tous les deux franchi le 19 kilomètres en raquettes en moins de 2 heures.
Sébastien Bouffard a roulé de Toronto pour profiter des conditions du mont Valin.

Un skieur venu de Toronto
Sébastien Bouffard a conduit pendant 10 heures pour participer à la 33e édition du Tour du mont Valin. Rencontré après avoir franchi l’arrivée, au 2e rang du 25 kilomètres style libre, le natif de Montréal, qui en était à sa première présence, ne regrettait pas du tout sa décision. «Je voulais voir la neige sur les monts Valin. À Toronto, il n’y a pas de neige même si on va au nord. C’est sur le gazon. Ça fait plaisir de voir de la neige», d’exprimer Sébastien Bouffard qui participe à quelques compétitions au Québec pendant l’hiver.  
«Les conditions sont très bonnes. J’avais peur parce que cette semaine, j’avais vu -25. Ce n’était pas si pire finalement, j’avais même chaud dans les montées. C’est super. La glisse est très bonne. C’était des conditions faciles», a-t-il évalué.

Un total de 485 personnes ont pris le départ dans les différentes distances en ski et en raquette. «Les gens ont fait un beau tour. Ça été une belle édition», a noté la directrice-générale Lucie Maltais alors que l’action se faisait sentir au fil d’arrivée. Quelques participants ont été forcés à l'abandon, notamment en raison du froid.