Les gestionnaires de la rivière Saint-Marguerite, à Sacré-Coeur, maintiennent la saison de pêche à la truite de mer jusqu’au 15 octobre, contrairement à la rivière à Mars, à La Baie, où l’activité est interdite jusqu’à la fin de la saison.
Les gestionnaires de la rivière Saint-Marguerite, à Sacré-Coeur, maintiennent la saison de pêche à la truite de mer jusqu’au 15 octobre, contrairement à la rivière à Mars, à La Baie, où l’activité est interdite jusqu’à la fin de la saison.

Rivière à Mars: où est donc la truite de mer ?

Les gestionnaires de la rivière à Mars à La Baie n’arrivent pas à maintenir une population de truites de mer suffisante pour permettre une saison de pêche aux amateurs.

Cette semaine, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et l’organisme Contact Nature Rivière-à-Mars nous informaient qu’il n’y aurait pas de saison de pêche à la truite de mer dans cette rivière cette année. Les gestionnaires avaient pris la même décision l’an dernier à la mi-septembre.

Il est difficile de comprendre ce qui se passe dans la rivière à Mars avec la variation des montaisons de truites de mer alors que la situation est relativement stable dans la rivière Sainte-Marguerite à Sacré-Coeur.

«Cette année, sur la rivière à Mars, le nombre de reproducteurs de truite de mer est à la baisse et insuffisant pour permettre une récolte. Cette intervention a donc pour but de diminuer la récolte dans la rivière afin que le nombre de reproducteurs soit suffisant pour assurer la conservation de la population», indique le ministère dans un communiqué.

Seuil d’exploitation
Depuis 2016, les remontées n’ont pas dépassé les 450 truites dans la rivière baieriveraine, alors que le seuil d’exploitation recommandé est de 440 truites minimum pour permettre une activité de pêche.

Depuis le déluge de 1996, beaucoup de gestes ont été posés pour redresser la population d’omble de fontaine anadrome. On sait depuis plusieurs années déjà que la truite de mer du Saguenay complète son cycle de vie entièrement dans le Saguenay et que ces poissons ne vont pas dans le fleuve pour s’alimenter, contrairement au saumon qui, lui, part de sa rivière pour nager dans le Saguenay et dans le fleuve Saint-Laurent pour ensuite vivre en mer.

Il y a 20 ans, une cinquantaine de truites remontaient la rivière à Mars. Il y a eu des ensemencements d’alevins pendant cinq ans, ce qui a donné des montaisons de plus 1700 truites au début des années 2010.

Cet été, on dénombre seulement 170 truites à la passe migratoire alors que ce chiffre se situait entre 338 et 450, au cours des quatre dernières années. Des travaux d’aménagement de frayères ont été faits et un chercheur de l’UQAC, Maxime Boivin, professeur en géographie et hydrogéomorphologie fluviale, dirige un projet de recherche qui a pour objectif d’analyser l’évolution de la rivière à Mars et de caractériser sa dynamique sédimentaire. Le projet en est à sa première année et doit durer trois ans. Un suivi annuel sera effectué par la suite.

On sait ce qui se passe dans les rivières tributaires du Saguenay, mais on connaît mal l’état de la situation dans le fjord. Les amateurs doivent payer un droit d’accès pour pêcher la truite dans les rivières à saumons alors que cette activité est gratuite dans le Saguenay. Les estimations du MFFP étaient à 28 000 truites pour le nombre de captures dans le Saguenay par saison, une estimation mise en doute par plusieurs observateurs.

Nous faisons le même constat cette année que par les années passées : il remonte moins de 2000 truites de mer dans les rivières tributaires alors qu’il s’en capturerait 28 000. Je réitère ma suggestion d’interdire la pêche à la truite de mer pendant un an dans le Saguenay pour voir les impacts de cette restriction dans les rivières tributaires.

La présence du bar rayé, même si les études scientifiques démontrent que ce poisson, présent dans le Saguenay depuis 2003, ne se nourrit pas de truite de mer, pourrait peut-être avoir une influence sur la fréquentation des habitats. Il a été démontré par le passé que la présence du meunier noir a un impact important sur les populations de truites mouchetées (omble de fontaine) dans les lacs, sur les monts Valin. L’omble de fontaine n’aime pas fréquenter d’autres espèces et partager les mêmes habitats où se trouve leur nourriture. Le bar rayé pourrait peut-être générer le même phénomène dans le Saguenay. Les scientifiques devront documenter cette problématique dans leur gestion des populations de bar rayé dans le Saguenay. Rappelons que le bar rayé n’a jamais fréquenté le Saguenay avant que ce poisson soit réintroduit dans le fleuve.

Il faut rappeler aussi que de nouvelles règles du MFFP ont interdit la pêche sportive de l’omble de fontaine (truite de mer) sur la rivière Saguenay du 1er avril 2020 jusqu’au 15 mai. La nouvelle saison de pêche aux ombles est du 16 mai jusqu’au 31 octobre de chaque année, pour protéger davantage cette population qui montre des signes de déclin.

Une saison de truite sur la rivière Sainte-Marguerite
Les gestionnaires de la rivière Sainte-Marguerite, quant à eux, ne connaissent pas de problème cette année avec l’abondance de truites de mer. La directrice générale, Valérie Maltais, rapporte que plus de 700 truites de mer ont été dénombrées jusqu’à maintenant, même si le compte-poisson a été inactif pendant deux semaines.

«On en a compté 690 à la barrière de comptage alors qu’elle a été inopérante pendant 15 jours en raison d’un coup d’eau», indique-t-elle.

Jusqu’au 15 septembre, pour la première montaison de truites de mer dans la Sainte-Marguerite, les pêcheurs vont se mesurer avec les géniteurs qui viennent frayer en rivière.

Cependant, à partir du 16 septembre jusqu’au 15 octobre, lors de la deuxième montaison, «on rencontre les truites de mer immatures, celles qu’on appelle les “truites bleues”. Elles mesurent en moyenne entre 10 à 14 pouces et leur chair est délicieuse», précise les gestionnaires sur leur site Web.