Dany Tremblay, président de Contact Nature Rivière-à-Mars, et Marc-André Galbrand, directeur général de l’organisme, informeront les amateurs de pêche blanche sur la baie des Ha! Ha! des nouvelles modalités de gestion lors d’une soirée d’information prévue le 13 septembre.

Rien pour la faune sous les glaces

Saguenay a décidé de confier la gestion de l’activité de pêche sur les glaces de La Baie à Contact Nature Rivières-à-Mars, mais rien dans le mandat de gestion ne vise à protéger ou à mettre en valeur la faune.

L’organisme baieriverain veillera à vendre les emplacements sur les glaces, à engager une firme pour déterminer l’épaisseur de la glace, à gérer la circulation automobile et les stationnements, à déneiger les sites de pêche, à contrôler l’embarquement et le débarquement des cabanes sur les glaces, à gérer les toilettes et la collecte des déchets comme sur un terrain de camping, mais aucune mesure dans leur mandat ne concerne la faune.

Pourtant, les milliers de pêcheurs sur la baie des Ha ! Ha ! pourraient être des acteurs très importants dans la gestion de la faune. On pourrait, par exemple, obliger les pêcheurs à déclarer leurs prises lors de leur passage au poste d’accueil, comme cela se fait sur les zecs de la province.

Avec ces données essentielles, les gestionnaires de Pêches et Océans Canada auraient une meilleure idée de ce qui se capture sous les glaces du Saguenay. La déclaration obligatoire des prises donnerait une meilleure lecture de l’état des populations de poissons. Combien de sébastes, de morues, de flétans ou d’éperlans les pêcheurs capturent-ils sous la baie chaque hiver ? On a que des approximations. Les villages de pêcheurs devraient colliger plus d’informations pour aider les scientifiques et les gestionnaires à prendre des décisions éclairées sur les quotas de pêche ou sur la durée de la saison.

Je comprends que ce n’est pas le mandat de Saguenay de se préoccuper de l’état des populations fauniques du Saguenay, mais Contact Nature pourrait prendre cette initiative même si ce n’est pas dans son mandat.

Le mandat de gestion de l’organisme baieriverain est de gérer les villages de pêche blanche comme on gère un terrain de camping.

Gérer un village, pas la pêche
« Nous avons le pouvoir d’influencer Pêches et Océans Canada dans leur prise de décision en ce qui concerne la pêche à la crevette ou la pêche au crabe qu’on voudrait permettre sur les glaces de La Baie, mais ce n’est pas dans notre mandat de gérer les activités de pêche. Nous sommes là pour veiller à la saine gestion des villages de pêche », m’a confirmé le président de Contact Nature, Dany Tremblay, en marge de la conférence de presse de jeudi matin.

Le mandat de gestion de l’organisme baieriverain est de gérer les villages de pêche blanche comme on gère un terrain de camping. La Ville réservera 400 000 $ pour le maintien de cette activité, alors qu’il en a coûté plus de 600 000 $ l’hiver dernier.

Je trouve que c’est beaucoup d’argent, 400 000 $ de nos taxes, pour organiser les activités de pêche sous la glace. Si les propriétaires de cabane à pêche payent 100 $ pour 50 jours de pêche (du 13 janvier au 4 mars), ça représente deux dollars par jour de pêche. Avouons que c’est très peu cher payé pour une telle activité.

« L’activité de pêche blanche à La Baie est unique au monde. Il faut que les gens soient conscients de ce magnifique joyau qu’est le fjord l’hiver. Si vous allez pêcher une journée sur la zec Martin-Valin, c’est près de 30 $ par jour sans compter le coût du permis de pêche », fait valoir le président de Contact Nature, Dany Tremblay.

Le président de l’organisme met en relief les droits de pêche, mais il aurait pu ajouter que c’est 10 $ par jour ou 60 $ pour une semaine pour faire du camping sur la zec. Les amateurs de camping de la région payent souvent plus de 2000 $ par saison pour installer leur roulotte sur un terrain de camping où il y a des listes d’attente. Nous sommes loin du 2 $ par jour chargé aux propriétaires de cabane à pêche à La Baie.

Pesée des cabanes
Je crois sincèrement qu’à moyen terme, les gestionnaires des sites de pêche blanche de La Baie devront tendre vers un objectif d’autofinancement. Les propriétaires de cabane à pêche doivent s’attendre à payer plus, c’est évident. L’an dernier, la Ville a pesé 130 cabanes aux frais des contribuables, une dépense de 68 000 $.

En 2019, les amateurs qui n’ont pas profité de ce service l’hiver dernier devront payer pour faire peser leur cabane. « Il y aura une tarification modulée en fonction des services offerts sur le site », a lancé le DG de Contact Nature, Marc-André Galbrand, lors de la conférence de presse de jeudi dernier. Les amateurs de pêche en sauront davantage sur les tarifs lors de la rencontre du 13 septembre.

Il me semble qu’un tarif de 10 $ par jour ne serait pas exagéré pour avoir le droit de s’installer sur un site unique au monde. J’entends déjà les amateurs s’indigner des hausses de tarif qui devrait osciller autour de 200 $ par cabane cet hiver, mais le principe d’utilisateur-payeur et de gestion participative nous guide vers des tarifs plus élevés pour le futur. Si les gens veulent un terrain de camping avec des rues bornées, des patinoires et des services, ils devront payer pour profiter de ce joyau.