Même si des groupes de Granby, de Roberval et de Berlin au New Hampshire souhaitent acquérir une concession de la LNAH, le commissaire Richard Martel précise qu’il n’y a rien de concret à annoncer, se limitant à dire que les démarches en vue de l’expansion vont bon train.

Richard Martel estime avoir livré la marchandise

Alors qu’il terminera son unique mandat à titre de commissaire de la Ligue nord-américaine de hockey le 14 mai, Richard Martel quitte avec la satisfaction d’avoir livré la marchandise quant aux mandats qui lui ont été confiés à son arrivée en poste l’été dernier.

« J’avais eu comme mandat d’améliorer la crédibilité de la ligue, d’en augmenter la visibilité, d’aller chercher des commanditaires et de créer l’expansion », souligne celui qui délaisse ses fonctions pour faire le saut en politique fédérale sous la bannière des conservateurs dans Chicoutimi–Le Fjord.

S’il estime s’être acquitté des mandats reçus, le travail n’a pas été facile pour autant. Richard Martel rappelle que l’été dernier, l’avenir de la ligue était compromis, et la saison 2017-18 a bien failli ne pas commencer parce qu’il n’y avait que cinq clubs. « C’est grâce à Christian Deschênes (Sorel-Tracy), qui a trouvé un investisseur pour prendre la relève à Trois-Rivières, que la Ligue a pu amorcer la saison avec six clubs », met-il en relief.

« En ce qui concerne la crédibilité de la ligue, il fallait d’abord stopper les bouffonneries et les débordements (et non la robustesse) avant de pouvoir commencer à faire la promotion de cette ligue comme étant un circuit qui compte de bons joueurs de hockey et offre du bon calibre.

« Concernant la visibilité de la LNAH, on s’est tourné vers la webdiffusion pour permettre aux gens de voir, une fois par semaine, et ce, gratuitement, des matchs des équipes de la ligue. Ils pouvaient ainsi se faire une autre idée que ce qui est diffusé sur YouTube (combats) », ajoute-t-il en affirmant avoir obtenu de bons taux de visionnements. 

Une fois ces deux aspects réglés, Martel et ses adjoints ont été en mesure de dénicher des commanditaires, « chose qui ne s’était pas vue depuis dix ans, soutient-il. On en a eu pour 20 000 $ en signant pour un an avec le Groupe Paillé, la Fromagerie Boivin de La Baie et les pommes de terre Cavendish». Ce nouvel apport financier a permis à la ligue de moderniser certains éléments, dont son site Internet.

Baisse des assistances

Richard Martel n’a pas été surpris par les diminutions des assistances. « C’est normal qu’en début d’année, on ait eu un peu plus de difficulté à attirer les foules, car les gens ne savaient pas si la ligue serait de retour ou pas. De plus, les équipes n’avaient pas travaillé sur un plan de marketing durant l’été parce qu’elles ne savaient pas si la ligue continuerait. Et le calendrier s’est fait seulement au mois d’août. C’est donc normal qu’il y ait eu un désintéressement du public », fait-il valoir, en ajoutant qu’il a fallu s’assurer que les six clubs du début de saison soient en mesure de la compléter.

Par contre, le commissaire est enchanté de la « réponse extraordinaire » du public aux guichets durant les séries 

Quant à l’arbitrage, Richard Martel estime que Jim Chandik et ses équipes d’officiels font du bon boulot. « Dans toutes les ligues, l’arbitrage est un mal nécessaire. [...] L’arbitrage n’est pas moins bon que dans les autres calibres », affirme-t-il.

Quant à son éventuel successeur, Richard Martel ne sait pas si des candidats se sont manifestés, mais il n’est pas inquiet. L’équipe de direction reste en place. « Il reste seulement à trouver un commissaire, mais il paraît que c’est facile à trouver », a-t-il conclu avec une pointe d’ironie. 

Roberval, Granby ou Berlin: des avancées, mais rien de concret

Le commissaire de la LNAH, Richard Martel, planche sur trois dossiers d’équipes d’expansion, soit Granby, Berlin au New Hampshire (États-Unis) et Roberval, au Lac-Saint-Jean. Les investisseurs de Granby seraient actuellement ceux qui semblent les plus avancés dans leurs démarches, mais dans les trois cas, il reste encore beaucoup de travail à faire. 

«Granby, avec son superbe aréna fraîchement rénové, sa population importante et la présence d’un quotidien, représente un marché parfait. Est-ce que Granby pourrait être représentée dans notre ligue dès l’automne prochain ? C’est possible. Mais il ne faut pas bousculer les choses, il faut que les choses soient faites correctement », a déclaré Martel au collègue Michel Tassé de La Voix de l’Est.

Toutefois, les groupes intéressés souhaitent connaître le nombre d’équipes qui seront de retour la saison prochaine, et aussi, de quelle manière s’articulera le repêchage d’expansion. Or, la semaine dernière, seulement trois des six équipes actuelles avaient confirmé leur retour, soit les Marquis de Jonquière, les Éperviers de Sorel-Tracy et le Cool FM de Saint-Georges.

Mercredi, dans un article du Courrier de Frontenac, le collègue Pierre Nadeau annonçait le retour de la plus vieille concession du circuit, l’Assurancia de Thetford, la saison prochaine, dans la Ligue nord-américaine de hockey, et ce, malgré un autre déficit important résultant d’une baisse des assistances (-200 par match). «Les quatre propriétaires vont rester pour une autre année, mais avec des conditions au niveau de la ligue. Si ces conditions sont respectées, on continue», lui a indiqué le directeur des opérations hockey, Serge Cadorette.

À Trois-Rivières, Steve Turcotte, du Nouvelliste, a écrit samedi que l’homme d’affaires Yves Tremblay, de concert avec l’ancien grand manitou des Marquis, Dean Lygistakos, est intéressé à prendre la relève du propriétaire sortant, Étienne Boileau... à certaines conditions dans ce cas aussi. Le commissaire préférerait avoir des réponses plus précises à offrir à ses interlocuteurs des équipes d’expansion.

Les intérêts de la ligue d’abord

Richard Martel rappelle qu’en début de mandat, les dirigeants des six clubs lui avaient pourtant dit qu’ils seraient tous de retour s’il y avait expansion. «Il devra y avoir des discussions à l’interne, et les propriétaires devront se parler au cours des prochaines semaines. Les trois dossiers vont bien, mais présentement, je suis obligé de retarder tout ça parce que je n’ai pas de réponses précises (concernant le nombre d’équipes et le repêchage).

«Les propriétaires devront discuter ensemble et s’entendre parce que les mandats qui m’ont été donnés au début de saison ont été réalisés, et la ligue est très bien positionnée pour accueillir l’expansion», soutient Martel en entrevue téléphonique.

Le commissaire Martel est convaincu que les propriétaires devront apprendre à faire passer les intérêts de la ligue avant les leurs. «Dans le futur, les propriétaires devront penser ligue, au lieu de penser à leurs succès individuels. Ils devront se parler et se respecter davantage entre eux, s’ils veulent la continuité de cette ligue de façon solide et durable. Comme au hockey, il faut que les propriétaires lèvent leur jeu d’un cran», image-t-il.

Richard Martel est aussi d’avis que les propriétaires devraient cesser de critiquer ouvertement et publiquement la ligue. «Ils ont choisi d’être avec cette ligue. Ils devraient être fiers, car il n’y a plus beaucoup de ligues de hockey où l’on peut acquérir une concession à des coûts raisonnables. Dans la LHJMQ, c’est rendu des prix de fou, et la Ligue américaine n’est pas accessible. Pour le calibre de jeu qu’on offre, on devrait être fiers de pouvoir posséder une concession», a-t-il plaidé.